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Horreur / Gore

  Horreur / Gore

30 jours de nuit : Jours sombres



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


30 Days of night : Dark Days Sony 2010 Ben Ketai, avec Kiele Sanchez, Rhys Coiro, Diora Baird, Mia Kirshner…



. Après
avoir survécu aux vampires en Alaska, Stella Oleson tente de promouvoir un
livre visant à avertir le monde du danger — sans grands résultats… elle attire
néanmoins l’attention de chasseurs de vampires aidés par un mort-vivant rangé
du côté des humains. Leur cible : Lilith, responsable du massacre de
Barrow…

.
Décidément, Sony est capable de faire une suite à tout et n’importe quoi pour
alimenter les bacs… Réalisé par le responsable de la série TV, cet opus semble
penser qu’il suffisait de prendre une tonalité « noire » et « déprimante »,
comme le souligne le docu. L’ennui, c’est qu’en changeant de décor pour se
déplacer à L.A., l’ensemble perd sa seule originalité et à part le peu d’efficacité
de ses chasseurs dépressifs (il n’est jamais dit si les balles dont ils lardent
les vampires ont une quelconque utilité), qui ne cessent de se faire avoir
comme des bleus, l’ensemble se distingue peu des meutes de vampires teigneux
qui hantent les bacs des vidéo-clubs. Qu’on y ajoute une réalisation sommaire
et une photo dans ces horribles tons brunâtres qu’affectionne ce style fauché…
et voilà une suite inutile de plus uniquement faite pour gonfler le compte en
banque de ses créateurs. On peut éviter…




ABC of Death



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


The ABCs of Death Films distribution 2012 Kaare Andrews, Angela Bettis, Hélène Cattet & Bruno Forzani, Ernesto Diaz Espinoza, Jason Eisener, Adrian Garcia Bogliano, Xavier gens, Jorge Michel Grau, Lee Dardcastle, Noboru Iguchi, Thomas Cappelen Malling, Anders Morgenthalter, Yoshihiro Nishimura, Banjong Pisanthanakun, Simon Rumley, Marcel Sarmiento, Jon Schnepp, Srdjan Spasojevic, Timo Tjahjanto, Andrew Traucki, Nacho Vilagondo, Jake West, Ti West, Ben Wheatley, Adam Wingard & Yudai Yamaguchi



24 réaliusateurs du monde entier reçoivent une
lettre de l’alphabet et doivent en faire un court métrage de 4 mn…

Un projet assez intéressant, même s’il fait un peu
« Les maîtres de l’horreur » du pauvre… Résultat, on y trouve des
thématiques très diverses (se recoupant parfois : deux ont traité
d’eux-mêmes réalisateurs en quête d’une idée !) et des esthétiques qui ne
le sont pas moins, certains courts faisant riches et d’autres abominablement
fauchés, avec quelques passages animés (dont un « T pout toilettes »
qui a fait le bonheur d’internet) ; horreur, réalisme, même
science-fiction pour un titre se mélangent avec un rythme qui finit par
assomer, d’autant que certains titres se fichent ouvertement du monde (celui du
surestimé Ti West, ou un délire pétomane). Au final, ce panorama où même les
langues s’interpénètrent, s’il récèle de beaux passages, s’avère trop
hétéroclite, et les brusques changement de ton finissent par desservir le
résultat final. Bref, une excellente idée qui fait un peu pschitt. Peut-être à
regarder court par court pour discerner le bon grain de l’ivraie ?




Affamés



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Hunger Emylia 2009 Steven Hentges, avec Lori Heuring, Linden Ashby, Joe Egender, Lea Kohl…



. Cinq inconnus se retrouvent enfermés dans une
caverne avec juste un bidon d’eau et un scalpel. Le but : tenir trente
jours, décomptés par une horloge murale, après quoi leur mystérieux ravisseur
les libèrera. Que vont-ils faire lorsque la faim sera trop grande ?

. Loin d’une exploitation de la vague
post-« Saw », genre le morne « Breathing room », cette
variation sur le thème du cannibalisme et du huis-clos semble avoir de hautes
ambitions et s’avère plus un film d’horreur psychologique qu’un torture-porn.
Certes, on se doute que les personnages finiront par régresser, mais au moins,
le tout est mené de façon relativement crédible et les défauts sont ceux
qu’impliquent le décor quasi-unique, sans oublier l’omniprésence inquiétante du
démiurge muet ayant ses propres motivations Pari tenu ? Pas tout à fait:
d’abord, la caverne fait très carton-pâte, ensuite, quelques détails nuisent au
réalisme (comment les hommes peuvent-ils se raser ?), sans oublier la
résistance quasi-surnaturelle de l’héroïne, et la fin tombe dans le convenu —
mais pas l’obligatoire retournement à deux balles, heureusement — avec un
quasi-happy-end peu crédible. De plus, l’acteur choisi pour interpréter le
ravisseur anonyme, qui semble sorti d’une « clinique de la Forêt
noire » quelconque, ne soit guère inquiétant…  Certes, le film n’est pas renversant dans le thème
« L’homme est un loup pour l’homme » (enfin, à moins d’être reste au
club Dorothée), mais au moins, cette série B est faite avec une bonne volonté
évidente. A découvrir, même si ce n’est pas vraiment un film « fun »
pour soirée entre potes.




American Mary



Canada  
Note : 2/5


Elephant 2012 Jen & Sylvia Soska, avec Katharine Isabelle, Antonio Cupo, Tristan Risk, Paula Lindberg, David Lovgren, Twan Holliday…



Mary Mason est une étudiante en chirurgie douée mais
fauchée… Le patron d’un night-club lui demande de recoudre un de ses hommes
blessé. Mais suite à un événement rtraumatique, elle se plonge dans l’univers
des modifications corporelles extrêmes…

Deuxième long métrage de deux sœurs jumelles
( !), qui font d’ailleurs une apparition, ce film se distingue déjà par
une qualité perçue dans les valeurs de production, surtout pour un film
indépendant auto-financé. L’ensemble tient surtout grâce à Katharine Isabelle
(Oui, celle de « Ginger Snaps »), omniprésente à l’écran, à
l’interprétation toute en nuance : sa descente dans cet univers parallèle
prend des côtés de rêve éveillé à la Lynch et le regard posé sur ces
« freaks » volontaires n’est jamais moralisateur ou condescendant et
engendre même une certaine fascination. Mais limité à quelques décors, le tout
tourne un peu en rond à force de scènes inutiles ou pas forcément logique (sa
relation avec Cupo n’est pas très claire) dans son dernier tiers jusqu’à une
conclusion qui semble tirée d’un chapeau. Mérite néanmoins un coup d’œil.




American Nightmare



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


The Purge Universal 2013 James DeMonaco, avec Ethan Hawke, Lena Headey, Max Burkholder, Adelaide Kane, Edwyn Hodge, Rhys Wakefield…



2022. Tous les ans a lieu la « Purge » où,
pendant 12h, tous les crimes sont autorisés sans la moindre sanction afin de
libérer les citoyens des tensions. Les Sandin espèrent passer la nuit tranquillement
derrière les murs blindés de leur villa de luxe, mais tout dérape lorsque le
fils de la maison laisse entrer un inconnu…
Un point de départ plutôt aguichant pour ce mix
d’anticipation, de suspense et de survival… mais qui, au final, déçoit par une
exécution trop sage. Le début est bien trop long et il est difficile d’avoir
une empathie pour cette famille normale jusqu’à la caricature, ado rebelle
compris. En fait, on comprend vite que tout est mécanique dans le récit, les
personnages étant réduits à leur fonction scénaristique : le SDF noir
(merci les gros sabots…), le leader inquiétant dont on ignore les motivations
en-dehors de la haine de classe (il se présente, lui et son groupe, comme
« Les nantis », donc solidaires des Sandin), et un développement
absurde sur le copain de l’ado-rebelle-de-service est oublié après avoir été
exposé. Après une présentation bâclée très « Assaut » des
antagonistes, la fin finit par verser au survival de base avec assez peu
d’imagination dans les affrontements, le même effet étant répété plusieurs
fois, jusqu’à un clin d’œil final bien venu, mais un peu tardif. Et puis
surtout, le film échoue à dévoiler son potentiel satirique, se contentant de
l’accessoire sans approfondir. Certes, il ne faut pas toucher aux flingues des
américains (mais dans notre Occident supérieur, civilisé et tout et tout,
combien adoreraient profiter d’un tel système ?), mais la dénonciation est
molle —il est démontré dès le départ que sommes toutes, le système fonctionne…
— au point qu’on se demande ce que veut dire le film. Qu’il faut laisser faire
le système et ne pas venir en aide aux inconnus ? Que tuer des SDF n’est
pas grave, mais une bonne petite famille riche, c’est mal ? Qu’en dernier
recours, il faut toujours avoir un bon flingue à portée de la main ? Que
l’homme est un loup pour l’homme, émulant le nihilisme du « torture
porn » ? Pourtant, bien des passages avaient un potentiel de comédie
noire (les systèmes de sécurité faisant la fortune de la famille peut-être pas
si fiables que prévu) jamais exploités. Bref, juste un film de studio de plus,
plutôt bien réalisé, mais frileux sur son point de départ et promettant plus
qu’il ne tient. Etant donné que le film a cartonné, rapportant 60 millions pour
un budget de 3 millions au point d’engendrer l’inévitable suite, peut-être le
réal a-t-il eu raison de rester en surface ? Sale affaire




Atrocious



Mexique   Espagne  
Note : 0/5


Wild Side 2010 Fernando Barreda Luna, avec Cristian Valencia, Clara Moraleda, Chus Pereiro…



Trois frères et sœurs partent enquêter sur une
légende urbaine de la région de Sitges, le fantôme d’une fillette censé guider
les égarés, dans une grande maison dotée d’un labyrinthe végétal. Plus tard,
ils sont retrouvés morts. La police a décortiqué ce qu’ils ont filmé…

Par principe, on n’a pas envie de démolir un premier
long métrage d’un jeune réalisateur, mais là… D’abord, le « film
retrouvé » commence à vieillir, et si le point de départ rappelle un
certain « Blair Witch », il est bien difficile de remplir une durée
même courte (le film tient en 1 heure, si on enlève les génériques)… Résultat,
le début ressemble au film de vacances de personnes avec qui on n’a nullement
envie de passer tout ce temps, faisant des choses sans intérêt avant une
loooooongue course nocturne dans les bois donnant envie de passer en avance
rapide. Là, le film se tire une balle dans le pied en rajoutant des
« images d’archives » venant de chez Ikéa (puisqu’elles ne servent
qu’à meubler, ne rajoutant rien à l’intrigue) avant l’indispensable
« twist » final. L’ennui, c’est que celui-ci apporte un élément tiré
d’un chapeau, peu compréhensible et 
qui laisse plus de questions que de réponses, donnant l’impression qu’on
se fiche du spectateur. Ni suspense, ni gore, un titre prétentieux sans aucune
justification, un scénario inexistant : à ranger à côté de purges comme
« Apollo 18 ». C’est dire…




Blood Island



Corée du Sud  
Note : 3/5


115mn Kim Bok-nam salinsageonui jeonmal/Bedevilled Distrib Films 2010 Jang Cheol-Sou, avec Yeong-hie Seo, Ji Sung-won, Min-ho Hwang…



.
Après avoir été témoin d’une agression et avoir refusé de dénoncer les
coupables, Hae-Won se réfugie chez une amie d’enfance, Bok-Nam, qui vit sur une
île reculée. Or celle-ci est sujette aux sévices de son mari et de tous les
habitants de l’île… Lorsqu’elle voit que son violeur de mari lorgne sa fille
naturelle, Bok-Nam va tenter de fuir, ce qui déclenchera le drame…

.
On a assez souligné le fait que le réalisateur a travaillé avec Kim Ki-Duk,
notamment sur le (surestimé) « L’île », qui semble être l’inspiration
directe de ce film : même décor d’île de pêche, même protagoniste
indéchiffrable, personnage de prostituée assez similaire… Heureusement sans la
complaisance dans le sordide de « L’île », bien que l’image finale en
vienne tout droit. En fait, la première partie relevant du drame peut sembler
bien longuette malgré des qualités de production époustouflantes : on en
vient à se demander si on a bien mis le bon DVD dans le lecteur… On ne peut
reprocher une mise en place psychologique du décor et des personnages, mais
l’os, c’est que pour un drame réaliste, les personnages sont aussi chargés que
les tarés peuplant les sous-« Délivrance » à deux balles, ce qui tent
à diluer la critique sociale dans des excès mélodramatiques : les hommes
sont des brutes et des violeurs 24 heures sur 24 sans aucun autre trait de
caractère, plus l’inévitable débile mental, les femmes sont toutes complices au
nom de la tradition et Hae-Won rejoint le clan de la lâcheté. Par contre, paradoxalement,
la relation passée entre les deux femmes est malheureusement assez vite
expédiée via quelques flash-backs alors que le passé constituait le nœud d’un
« Slice », par exemple. D’un autre côté, lorsque le film vire au
slasher, la violence n’en est que plus réaliste, mais on revient au schéma de
vengeance bien installé depuis « La dernière maison sur la gauche ».
Quant au final, thématiquement pas très loin d’un « Haute Tension »,
il se clôt d’une façon un rien moralisatrice sans céder à la tentation du twist
galvaudé. N’empêche que pour un premier film, la maîtrise technique
impressionne, tout comme une interprétation viscérale, qui cachent les défauts
de scénario. Mais au final, la critique sociale est trop caricaturale pour être
efficace et l’aspect horreur, quoique prenant, intervient un peu tard et ramène
au tout-venant du genre. Bien sûr, on est cent coudées au-dessus de la drouille
de vidéo-club basique, mais l’électrochoc prévu n’est pas là. En tout cas, pour
un premier long métrage, on peut imaginer pire : maintenant que Cheol-Sou
a commis le meurtre du père, on attendra avec impatience son prochain film…




Carnage en haute mer



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Troglodyte/Sea Beast Zylo 2008 Paul Ziller, avec Corin Nemec, Miriam McDonald, Daniel Wisler, Camille Sullivan …



.
La mort d’un marin durant une tempête n’est qu’un début : une communauté
de pêcheurs est attaquée par un monstre amphibie et sa progéniture…

.
La daube du sci-fi channel de plus ? Si celle-ci en a bien toutes les
caractéristiques, avec un scénario fait par ordinateur, un monstre en CGI
pourri (et un bateau en CGI encore plus immonde lors du prologue),
l’obligatoire explosion finale et des situations éculées, cet effort est signé
Paul Ziller, qui au moins, sait faire avancer le peu d’intrigue qu’il y a et
rend quelques scènes moyennement prenantes. Pour une fois, on s’est cassé le
tronc pour obtenir une créature intéréssante qui, pour une fois, n’est pas
périphérique au récit : langue préhensile, crachant un venin toxique
paralysant ses proies, avec une capacité à se rendre invisible, à la Predator,
rajoutée pour faire joli ; et convoquer sa progéniture permet de varier les
scènes d’agression. L’ennui, c’est que son origine n’est même pas
évoquée ! Principaux défaut, le tout se traîne un peu vers la fin
prévisible et, si l’interprétation est correcte pour une prod’ Sci-fi, Miriam
McDonald semble plus chercher à constamment mettre en valeur son meilleur
profil que jouer… Selon sa bonne habitude, Zylo s’est contenté de reprendre un
transfert TV, baptisé « Carnage en haute mer » (alors que les
agressions sont majoritairement à terre…), en vf et sans supplément, ce qui
rend l’achat inutile et la location dispensable…




Choose



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


TF1 2010 Marcus Graves, avec Katheryn Winnick, Kevin Pollack, Nicholas Tucci, Bruce Dern…



Un tueur sévit, exigeant de
ses victimes de « choisir » entre deux sortts funestes. Or Fiona
Wagner, fille du shérif chargé de l’enquête, reçoit des messages du tueur. Elle
comprend que tout ceci a un rapport avec la mort de sa mère, suicidée deux ans
plus tôt…

C’est toujours mauvais signe
lorsqu’un réalisateur tente de retirer son nom de son propre film… Or après une
scène d’ouverture façon « Choix de Sophie » (le tueur oblige une fille
à choisir entre son père et sa mère), à la réalisation plutôt classieuse,
l’ensemble s’enlise dans une décalque de « Saw » et
« Scream » (pour l’aspect enquête) et perd progressivement de son
intérêt, la faute à un scénario à la fois direct et allant dans tous les sens,
et pire, incapable de donner une présence à son méchant guère terrifiant. Et
bien sûr, il y a toujours le vieil homme (Bruce Dern !!!!) présent pour
développer l’exposition nécessaire afin de faire rebondir le film à mi-chemin
(ce que son expérience sur le choix était censé prouver, mystère). Le tout continue
de progresser mécaniquement, avec des éléments importants traités par-dessus la
jambe, jusqu’à un finale qui semble particulièrement expédié. Le tout est moins
joyeusement absurde qu’un « The Collector », mais moins distrayant.
Bof…




Cold Prey III, le commencement



Norvège  
Note : 1/5


Fritt Vilt III StudioCanal 2010 Mikkel Brænne Sandemose, avec Ida Marie Bakkerud, Pal Stokka, Kim S. Falk-Jorgensen, Julie Rusti…



.
En 1976, en Norvège, à Jotunheimen… Brutalisé par son beau-père, le jeune Barth
est laissé pour mort en pleine montagne. Il revient pour assassiner ses deux
parents, puis est recueilli par un voisin compatissant. Douze ans plus tard, un
policier local reste obsédé par l’affaire. Et six vacanciers vont faire la
connaissance de Barth, désormais adulte…

. Vu
la résurrection du tueur dans l’épisode 2, on pouvait penser que son sort à la
fin de cet opus n’était pas un écueil… Mais les scénaristes, comme bien d’autres
avant eux, ont préféré prendre le chemin de la « préquel », décrivant
ce qui s’est passé avant les événements du premier. Ce qui signifie qu’on se
contente de reprendre des éléments déjà exposés dans les précédents (et dont,
sommes toute, on se fout un peu) tout en noyant tout suspense sur le sort
réservé au tueur déjà bien increvable… Du coup, en balançant dans l’affaire la traditionnelle
bande de djeunz qui se comportent comme le font tout protagonistes de films d’horreur,
ce qui limite le nombre de victimes potentielles, en multipliant les scènes
pompées à « Massacre à la tronçonneuse », « Halloween » ou « Délivrance »
et à peu près tout ce qui s’est fait, l’ensemble ne réussit à n’être qu’un
slasher rural ultra-mécanique juste un peu plus soigné que la moyenne : le
réalisateur sait jouer de l’atmosphère de ces montagnes magnifiques et instaure
un poil de suspense dans certaines scènes jusqu’à un clin d’œil final
inattendu. C’est tout de même léger…




Comedown



Royaume-Uni  
Note : 0/5


Wild Side 2012 Menhaj Huda, avec Jacob Anderson, Adam Deacon, Sophie Stuckey, Jessica Barden…



Six amis de la cité s’infiltrent dans une immense tour promise à la démolition.
Ils ignorent que quelqu’un d’autre les y attend…

On finirait par déplorer le retour du cinéma d’horreur britannique s’il
continue à pomper les ressorts les plus éculés… En gros, on a droit à une bande
ce « racailles » sorties tout droit de « Attack the Block »
dans un décor à « La Horde » (relativement mal exploité, on a
rarement une notion de pourrissement urbain alourdissant potentiellement
l’atmosphère). Comme souvent, la première demi-heure visant à « présenter
les personnages » enfile les clichés comme des perles et, au bout d’une
intro languissante,  lorsqu’arrive
le tueur générique à capuche dont on se demande comment il a pu installer tous
ses pièges en sachant que ses victimes attribuées allaient gentiment venir
s’engluer dedans (puisque son identité est évidente dès les dix premières
minutes !), on plonge dans un énième sous-« Saw », image fanée à
l’appui. Et le tout se clôt sur un clin d’œil final déjà éculé il y a vingt ans.
Bref, du déjà vu, déjà lu, déjà bu…




Dark Souls



France   Norvège  
Note : 3/5


Morke Sjeler Le chat qui fume 2010 César Ducasse & Mathieu Peteul, avec Morten Rudà, Kyrre Augen Sydness, Ida Elise Broch, Johanna Gustavsson…



Morten Ravn, un paisible professeur de musique, s’étonne de recevoir un coup de
fil de la police lui annonçant que sa fille Johanna est morte, victime du
tristement célèbre tueur à la perceuse : Or Johanna ne vient-elle pas de
rentrer à la maison ? Mais Johanna, donnée pour morte, connaît une étrange
métamorphose. Pendant que les victimes du tueur se multiplient, Morten prend
soin de sa fille tout en cherchant la vérité, ce qui l’amène à une mystérieuse
usine…

Le film d’horreur tourné avec plus d’idées que de moyens est une constante
depuis « Massacre à la tronçonneuse »… Ce micro-budget
franco-norvégien ne révolutionnera pas le genre, mais offre au moins une
proposition différente de la drouille habituelle. La scène d’ouverture donne à
penser à un slasher pur et dur, la suite intrigue à force de rebondissements
inattendus pour tourner au drame. Acteur chevronné, Morten Rudà fait croire à
ce père attaché à sa fille, et certains plans (la visite du parc) instaurent
une certaine poésie. C’est avant que l’argument fantastique reprenne ses droits
suite à une tirade d’exposition plus passionnante qu’elle ne devrait l’être
suivie d’une grande scène d’action très direct-vidéo années 80 (On pense au
sympatiquissime nanar « Contamination » de Luigi Cozzi dans
l’ambiance) pour en finir à une apocalypse zombiesque, une scène faisant directement
hommage à « L’au-delà » de Fulci, avec quelques côtés
lovecraftiens ! On en sort en se demandant si on a vu un petit film avec
plus d’idées que de moyens ou le film amateur de surdoués dont on se demande ce
qu’ils pourraient faire avec un vrai budget (le tournage s’étala sur trois
ans !) Porté à bout de bras par les festivals, le film finit en DVD avec
une pléthore d’extras aux estimables éditions associatives du Chat qui fume,
tout aussi passionnés que les créateurs du film, dont on ne peut que louer le
travail de recherche ! A noter que le tout a parfois été édité sous
le titre surréaliste de « Driller Killer zombies » (!!!!!)




Death Bell



Corée du Sud  
Note : 3/5


Gosa S.P.H.E. 2008 Chang (Hong-Seung Yoon), avec Lee Beom Soo, Yoon Jeun-Hee…



.
Dans un lycée très huppé de Séoul… A l’heure de la distribution des prix, les
élèves vont devoir passer un examen particulier : s’ils ne résolvent pas
les énigmes, l’un d’entre eux mourra… Un jeu de massacre qui pourrait bien
avoir un rapport avec la mort d’une élève quelques mois plus tôt…

.
Les mauvaises langues diront que le succès coréen de ce slasher exotique vient
du fait qu’il fut le seul film d’horreur local de l’an 2009 ! Pas de
doutes, avec un point de départ aussi accrocheur et un meurtrier
(surnaturel ?) invisible, il est facile de captiver le spectateur, et un
bon rythme fait le reste. L’ennui, c’est que le réalisateur a du mal à tenir
son intrigue, si bien qu’au final, certaines scènes sont incompréhensible, comme
les tentatives d’instaurer une dimension fantastique qui ne mène nulle part. La
résolution, simple et logique, laisse tout de même pas mal de points en suspens
jusqu’à une image finale douce-amère : pourquoi avoir imaginé cette série
de pièges puisque le but du jeu était la vengeance et que même résoudre
l’énigme ne sauve pas la victime (au moins, les « Saw » étaient sans
ambiguïté sur ce point) ; et on se demande bien pourquoi tout ce beau
monde ne pense même pas à s’enfuir du lycée, tout simplement ! Peut-être
le réalisateur aurait-il gagné à se concentrer sur l’aspect slasher
traditionnel au lieu d’alambiquer sa narration ? De plus, la réalisation assez
plate nuit un peu au suspense. Pas une découverte donc, mais à condition de
mettre son cerveau en veilleuse, le film remplit son but qui est de distraire
pendant 90mn. C’est déjà beaucoup…




Détour mortel 3



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Wrong Turn 3 : Left for Dead Fox 2009 Declan O’Brien, avec Tom Frederic, Janet Montgomery, Tamer Hassan, Gill Kollrin…



.
Notre mutant cannibale préféré a survécu au premier film… et continue de se payer
sur la bête, c’est-à-dire ceux qui s’aventurent dans sa forêt. Cette fois, il s’en
oprend à un convoi de prisonniers dont il fait capoter le bus qui les transfère
vers une autre prison. Vite rejoints par une survivante des précédentes
exactions de « trois-doigts », les repris de justice vont devoir
survivre…

.
Eternelle question pour les suites en tout genre : comment trouver un
nouveau contingent de victimes ? Réalisé par un transfuge du sci-fi
channel, ce nouvel avatar laissait présager le pire… et fait illusion, du moins
pendant un temps. Le réalisateur dit s’être inspiré du film d’action, ce qui se
sent : « trois-doigt » n’est que périphérique à cet opus où les
condamnés, dont un policier infiltré pour des raisons fumeuses, semblent plutôt
enclin à s’entretuer, notamment lorsqu’une cache d’argent découverte par hasard
( !) multiplie les enjeux… et le fait que « trois-doigts » soit le
dernier rescapé fait que seuls des dons de télétransportation qui le font
toujours apparaître au bon endroit au bon moment dans une forêt immense et la
stupidité de ses adversaires lui évitent un sort funeste ! (plus le fait
qu’un redneck maigrichon et blessé puisse affronter de dangereux criminels,
mais on a l’habitude…) L’ensemble s’effondre malheureusement dans un troisième
acte qui multiplie les rebondissements absurdes, étirant une crédibilité déjà
bien malmenée, même selon les critères du genre. Le pire, c’est que
contrairement au 2 ou le réalisateur acceptait avec jubilation son statut de
film de genre et optait pour l’excès à tout crin, l’ensemble pue la routine,
des explosions sanglantes en CGI à une direction artistique à la ramasse (on n’aura
jamais vu de forêt sombre aussi lumineuse…) avec une avalanche de faux
raccords. Bref, il s’agit siurtout d’en finir et de ramasser la monnaie… En
attendant un quatrième opus. L’ennui, c’est qu’entre-temps, les survival à deux
balles se sont multipliés à l’envi, tirant le genre vers le bas… Pour public
peu exigeant.




Détour mortel 6 : Last Resort



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Wrong turn VI : Last resort Fox 2014 Valeri Milev, avec Anthony Ilot, Sadie Katz, Chris Jarvis, Aqueela Zoll…



Danny, un ancien trader de WAll Street, hérite contre toute attente du
sanatorium de Hobb Springs. Il ignore que les bois avoisinants sont hantés par
nos dégénérés habituels et que le poids de la famille est lourd…

Est-ce la nullité crasse et cynique du 5 qui rend indulgent ? Même si on
se perd dans la chronologie (« trois doigts » étant mort dans le 3),
cet opus réalisé par le metteur en scène de « Code red » cherche à
faire quelque chose de différent en développant l’aspect
« incestueux » de la série… Tout en offrant son quota de sang et de
nudités. L’interprétation est un poil au-dessus du lot, certains acteurs
semblant bien s’amuser. Cela dit, les maquillages des tueurs sont aussi
caoutchouteux que dans le 5 (et leur interprétation aussi outrancière) et si
quelques mises à mort sont assez teigneuses, il devient de plus en plus
difficile d’innover. Le résultat a divisé les fans… Comme quelqu’un a trouvé
intelligent d’utiliser à moment donné une authentique photo de personne
disparue sans s’occuper des droits, Fox dut retirer pendant un temps le titre
de la distribution. Il faut croire que le problème est résolu… Pour ceux que ça
amuse, le DVD offre en supplément un test comparatif compatbilisant le nombre
de victimes de chaque opus avec la scène correspondante.




Discopath



Canada  
Note : 2/5


Discopathe UFO 2013 Renaud Gauthier, avec Jérémie Earp-Lavergne, Sandrine Bisson, Ivan Freud, Ingris Falaise…



1976. Viré de son emploi dans un snack miteux de New York, Duane Lewis tombe sur
une ancienne amie qui veut lui faire découvrir ce phénomène qu’est le disco… Or
la musique a tendance a faire disjoncter le jeune homme qui la tue dans la
boîte où elle l’a emmené. Le lendemain, il part à Montréal… 3 ans plus tard,
sous un autre nom, il travaille dans une école religieuse où il se fait passer
pour sourd afin de ne pas être en contact avec la musique. Mais celle-ci va
revenir le hanter…

Au moins, ce film n’est pas juste un concept bâti autour du nom : en tant
qu’hommage aux pelloches de la fin 70/début 80, il réussit son coup, allant jusqu’à
prendre la texture de l’époque, prise de son aléatoire comprise. Le premier
meurtre est un morceau de bravoure qui tient autant d’Argento que de De Palma
et laisse présager du meilleur… Mais il devient vite évident que l’ensemble
prend également les défauts de ses modèles : interprétation inégale
(notamment de Earp-Lavergne en mode psychopathe grimaçant), nombreuses scènes
de remplissage consacrées à l’enquête policière … Quant au finale abrupte, il
déçoit par rapport aux promesses précédentes. On ne peut nier la sincérité de
l’ensemble, mais on en finit par se dire que la copie servile du passé,
tellement à la mode de nos jours, vire à l’impasse. Qui fait aujourd’hui les
films auxquels on se référera dans trente ans ?




Extinction



Espagne   Hongrie   Etats-Unis d'Amérique   France  
Note : 1/5


112mn Condor 2015 Miguel Angel Vivas, avec Matthew Fox, Jeffrey Donovan, Quinn McColgan…



Neuf ans plus tôt, une infection transformant les humains en monstres assoifés
de sang a ravagé la planète… Trois survivants, Jack, Patrick et la jeune Lu,
vivent dans une enclave au milieu des neiges. Or Jack et Patrick, autrefois
amis, sont désormais ennemis jurés… Ils se demandent s’ils ne sont pas les
derniers humains. Mais loin d’avoir disparu comme ils le croient, les monstres
sont de retour sous une forme adaptée aux conditions…

Adapté d’un best-seller en Espagne, ce film défie les catégories. Est-ce même
seulement une histoire de zombies ? Plutôt d’infectés, comme le montre un
prologue copiant « 28 jours plus tard », l’apparence finale des
mutants, elle, étant plutôt décalquée sur « The descent » (et rien ne
justifie qu’ils soient aveugles, puisqu’ils vivent au grand air !). La
suite est un huis-clos post-apocalyptique ponctué de visions de cités mortes
évoquant un jeu vidéo. L’ennui, c’est que si on prend le temps de poser les
personnages, il ne se passe pas grand-chose avant un final précipité
introduisant un personnage-clé à la dernière demi-heure. Du coup, ce sont les
nombreuses failles du scénario qui ressortent et une réalisation atmosphérique
mais qui vire à la caméra-Parkinson lors des scènes d’action, ce qui ressemble
plutôt à un aveu d’impuissance. Et que dire du happy-end dégoulinant ! Au
moins, on essaie de faire autre chose qu’un jeu vidéo filmé où on poutre du
zombie avec une cadence de métronome, mais le résultat reste discutable et, du
coup, fut majoritairement diffusé directement en DVD. Dommage…




Fear Island, l’île meurtrière



Canada  
Note : 0/5


Fear Island/Deep Cove FranceTV 2009 Michael Storey, avec Aaron Ashmore, Haylie Duff, Lucy Hale, Kyle Schmid…



. Comme chaque année, cinq amis se rendent sur une île
déserte, mais celle-ci est constellée d’étranges messages… Puis, lorsque le
maître de maison est assassiné, ils comprennent qu’ils ne sont pas seuls… Mais
toute l’histoire est racontée par la seule survivante. Dit-elle la
vérité ?

. Le pire dans ce téléfilm aux valeurs de production
classieuse, c’est son souci de ne jamais, à aucun instant, s’éloigner d’une
structure déjà bien usée, comme si l’aspect flash-back un rien étiré suffisait.
Faute de véritables scènes sanglantes, on est plus proche d’un
« Souviens-toi, l’été dernier », mais on se désintéresse vite de
personnages de carton-pâte qui semblent à peine concernés par ce qui leur
arrive, plus des développements inutiles sur le bagage psychologique des
policiers qui n’ont aucune incidence sur l’action. Et bien sûr, il faut un
twist final avec caméra tournoyante… même s’il insulte l’intelligence du spectateur
en étant à la fois inutile et peu crédible. Même un spectateur indulgent risque
de zapper devant ce slasher sans angoisse doublé d’un whodunit mal fichu…




February



Etats-Unis d'Amérique   Canada  
Note : 2/5


February/The Blackcoat’s daughter TF1 2015 Oz Perkins, avec Emma Roberts, Kiernan Shipka, Lucy Boynton, James Remar…



Abandonnée de tous dans un
pensionnat sinistre, Kat n’a qu’une amie, sa condisciple Rose, mais la conduite
de Kat devient de plus en plus erratique. De son côté, Joan erre sur les
routes. Deux destins qui vont se rencontrer…



Un film dont on s’étonne
qu’il ne se passe pas au Japon tant la réalisateur imite les cadrages froids,
les couloirs déprimants et les couleurs fades du cinéma de J-horreur, utilisant
même un déroulement non-linéaire cher à Takashi Shimizu, le réalisateur
de « Ju-on ». De nos jours, tout film qui ne se base pas sur des
effets tonitruants mérite d’être remarqué, mais le réal ne facilite guère la
tâche : plus austère qu’un discours d’Angela Merkel, le début est affligé
d’un rythme lymphatique qui peut rebuter, si bien qu’on a du mal à déterminer
qui est qui et suivre ces conversations languides. Par contre, pour peu qu’on
s’accroche, le tout finit par prendre vie : il y a bel et bien une
histoire, même si elle peine à émerger, et au moins, le twist est éventé
volontairement par un passage furtif au moment où le spectateur attentif commençait
à s’en douter, même s’il relève d’un artifice un peu grossier. Il fallait tout
de même oser trouver une variation inattendue sur le thème de la possession
démoniaque (sans trop déflorer, la victime est consentante), et si les clichés,
contortions corporelles et exorcisme de rigueur, sont là, on ne fait que passer
dessus, comme pour montrer que la vérité est ailleurs. Le tout jusqu’à une
scène finale qui est sujette à interprétation, puisque tant l’angle surnaturel
que l’idée de la folie sont parfaitement défendables. C’est surtout Kiernan
Shipka qui impressionne par un jeu simple mais légèrement gauchi pour montrer
la démence progressive de son personnage, sans grands cris ni gesticulations.
Du coup, une fois arrivé au bout, pour peu que le charme ait opéré, on a envie
de repasser le film pour noter tous les indices qui avaient pu échapper lors de ce
premier tiers si peu engageant. On peut féliciter le réalisateur d’avoir offert une
proposition différente, mais il aurait pu la rendre plus accessible. Du coup,
le résultat plaira ou rebutera, mais mérite qu’on tente l’aventure…




Freddy, les griffes de la nuit



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


A Nightmare on Elm Street Warner 2010 Samuel Bayer, avec Jackie Earle Haley, Rooney Mara, Kyle Galner, Thomas Dekker…



. Cinq adolescents découvrent qu’ils font le même rêve
d’un grand brûlé nommé Freddy…

. Alors là : non. A la limite, la déclaration
d’intention — revenir à un Freddy sérieux sans le côté clownesque des suites basées
sur des effets spéciaux à répétition — était séduisant et notre Rorsach à tous
fait du bon travail en jouant un prédateur rusé et rapide, mais le résultat
puie la daubasse faisandée dès les premiers plans. Dépourvu du joyeux délire de
« Freddy Vs Jason », l’ensemble s’avère particulièrement répétitif,
l’usage de « micro-siestes » (qui existent effectivement, j’ai
vérifié, mais laissent des séquelles autrement plus importantes sur le cerveau)
fait que Freddy peut surgir à tout moment, enlevant tout intérêt au point de
départ, et les exécutions se déroulent toutes de la même façon avec les éternelles explosions sanglantes en CGI moches. Quant au
scénario, on se contente de piquer des scènes à droite et à gauche dans le
canon dans l’espoir que personne n’y verra rien — quitte à ce que Freddy
n’apparaisse qu’au seul bénéfice du spectateur. Pire, en faisant de Freddy un
pédophile (ce n’est pas spoiler, on s’en doute vite), on écarte la notion de
culpabilité collective présente dans l’original (et si Freddy se vengeait d’une
injustice ?) au profit d’une mentalité revancharde nauséabonde. Qu’on y
ajoute un final aussi peu crédible, mais moins percutant que l’original et une
réalisation qui a vingt ans de retard par le clipeux de service et on obtient le
prototype du remake inutile conçu pour ramasser la mise en première semaine. On
ne peut même pas dire qu’il bafoue un personnage icônique, puisque cette
« réinvention » en véritable figure maléfique est le seul point
positif, mais il aurait fallu mettre un film autour… Et ce machin a rapporté,
justifiant une suite ! Elle sera peut-être meilleure ?




Frozen



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


Metropolitan 2010 Adam Green, avec Emma Bell, Shawn Ashmore, Kevin Zegers, Kane Hodder…



.
Trois amis se retrouvent par accident coincés sur un télésiège…

.
Le sous-genre « l’homme contre la nature » est beaucoup utilisé ces
temps-ci depuis le succès du soporifique « Open Waters »…
Heureusement, ce film se situe plutôt du côté de « Black Water », en
ce que ses limitations sont celles du parti-pris de départ lui-même. Quiconque
reprocherait à ce film de montrer juste trois guignols sur un télésiège s’est
trompé de titre au vidéo-club ou n’a pas lu la jaquette ! Il serait bien
sûr criminel de trop en dévoiler, mais après un début qui laisse présager le
pire, le film fait de son mieux pour développer un vrai suspense sur ce qui
attend nos protagonistes, aidé par une très belle photographie faisant toucher
du doigt le froid de la montagne plus quelques plans d’ensemble d’une grande
beauté. Le fait que le tout fut tourné en situation, sans CGI ou studio (en
gros, les acteurs étaient réellement en montagne sur un télésiège !) doit
y jouer, et l’ensemble survit à son postulat en devenant de plus en plus
prenant. Bien sûr, comme dans tout film de ce genre, on est tenté de crier aux
acteurs LA façon de s’en sortir, mais ici, la crédibilité n’est pas trop
malmenée. Curieusement, comme tout film instaurant une empathie avec le
spectateur, celui-ci eut mérité d’être vu en salles, avec la dynamique de
groupe nécessaire… En tout cas, une réussite mineure qui prouve qu’Adam Green, l’auteur
de deux bourrins, immatures et jouissifs « Hatchet », peut encore
surprendre, armé de son incoercible amour du genre. A suivre… Guettez l’apparition
de Kane Hodder, notre Jason Vorhees à tous !




Giallo



Italie   Espagne   Royaume-Uni   Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


AAA 2009 Dario Argento, avec Adrien Brody, Emmanuelle Seigner, Elsa Pataky…



.
A Turin, un chauffeur de taxi enlève des mannequins pour les
torturer… Linda, la sœur d’une disparue se tourne vers l’inspecteur Enzo
Avolfi, au passé trouble. Or il est déjà sur la piste d’un assassin surnommé
« jaune »… Peuvent-ils le retrouver avant qu’il ne tue la prochaine
sur la liste ?

.
Dur d’être un fan du Maestro et de le voir s’enfoncer irrémédiablement… Qui
plus est avec un projet nommé « Giallo », au moment même où on
redécouvre ce sous-genre et ou, pour une fois, il bénéficie d’un budget correct !
Pas de tueur grandiloquant ganté de noir, celui-ci est plus répugnant qu’autre
chose, presque comique, pas très malin (enlever des filles dans son taxi, bien
vu !) et seule la nullité de l’inspecteur de service (qui, avant l’arrivée
de la sœur, semblait principalement enquêter en regardant des photos des victimes)
et l’absence de témoins le sauvent tandis que l’enquête et le
« profilage » ressemblent à ce qu’aurait pu concocter un gamin après
un marathon de « Les experts ». On pourrait donc blâmer les jeunes
scénaristes peu expérimentés, mais Argento lui-même ne brille guère avec une
image qui semble tournée en caméra DivX comme le direct-DVD de base, des
travellings évoquant Bruno Mattei émulant Argento, des scènes entières où il
semble s’auto-parodier et une photo à la ramasse. Argento s’est vanté de ne jamais
diriger ses acteurs, mais là, voire Brody et Seigner en roue libre, anônnant
des dialogues débiles avec l’air de chercher désespérément un semblant de
motivation devient vite douloureux. Même le fait que Brody joue lui-même
l’assassin sous un pseudo transparent et un maquillage peu convaincant ne sert
rigoureusement à rien ! S’agit-il effectivement, comme l’ont prétendu
certains, d’un constat sur la descente aux enfers progressive du genre, ou
d’une parodie qui au final ne s’assume pas ? On est en droit d’en douter,
puisque Argento a désavoué le résultat et refusé d’en faire la publicité. Il ne
reste qu’un naveton qui n’est même pas digne d’un nanar, signant après le
mouligasse « The Card Player » une étape supplémentaire de la
dégringolade d’un génie dans les tréfonds du bis. Le pire est que les fans ne
peuvent s’empêcher d’attendre le prochain avec l’espoir que cette fois… Un
projet un peu fou vise à faire réaliser un remake de « Profondo
Rosso » par Romero, mais comme celui-ci a bafoué son propre héritage avec
« Survival of the Dead »…




Green Room



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


M6 2015 Jeremy Saulnier, avec Anton Yelchin, Imogen Potts, Patrick Steward, Alia Shawkat, Joe Cole, Callum Turner, Mark Webber…



Un groupe de punk rock en déconfiture est obligé d’accepter
de jouer dans un repaire de skins nazis. Or ils se retrouvent témoins
involontaires d’un meurtre. L’étau peut se refermer…



Après beaucoup de hype, ce film a eu droit à une
distribution en salles (quoique météorique) chez nous. Et au final, on se
demande d’où vient tout ce bruit : non pas que le film soit raté, mais il
s’agit d’un survival très classique, quoique bien mené, avec une réalisation
classieuse et de belles valeurs de production. Peut-être à cause de la
brutalité de certaines scènes qui ont surpris en ces temps de films d’horreur
exsangues ? Ou à cause du portrait réaliste d’un combo de musiciens sans
gloire allant de galère en galère ? Par contre, l’ensemble n’est pas
toujours très clair (la scène où le groupe se rebiffe après la découverte du
meurtre) et il faut être attentif pour ne pas rater certaines articulations
importantes de l’intrigue, même s’il reste des points obscurs. Bref, le
résultat rappelle « Hostel » : supérieur à une bonne parttie de
la drouille qui encombre le genre, mais pas de quoi hurler au génie pour
autant. Le dernier film de Yelchin, mort des suites d’un accident domestique
idiot (à 27 ans…)




Hidden



Norvège  
Note : 2/5


Skjult StudioCanal 2009 Pal Øie, avec Kristoffer Joner, Cecilie A. Mosli, Bjarte Hjelmeland…



.
Kai Koss revient dans son village natal pour la mort de sa mère détestée, qui
lui laisse sa maison — là où elle l’a séquestré et persécuté pendant son
enfance… Mais une présence mystérieuse semble hanter les alentours. Et quel
rapport avec Peter, cet enfant décédé en se jetant d’une cascade des années
auparavant ? Or Kai a provoqué involontairement la mort de ses parents en
cherchant à se libérer. Peter est-il vraiment mort ? Et quel est cet assassin
qui frappe régulièrement autour de Kai ?

.
Un import norvégien qui commence très fort : les valeurs de production
sont éblouissante, Pal Øie nous plongeant dans cette atmosphère de forêt
opressante et de maison décrépite par un jeu saisissant avec le scope et des
couleurs travaillées. Kristoffer Joner, lui, est tout à fait convaincant en
jeune homme traumatisé par les abus subis (on pense parfois au
« Spider » de Cronenberg). Hélas, on déchante un brin lorsque
l’ensemble fait un détour vers le « slasher », avec des personnages
qui apparaissent et disparaissent sans rime ni raison et des développements
gratuits. Le spectateur risque alors le décrochage tant le rythme est lent,
avec des scènes-choc qui semblent rajoutées à intervalle régulier, et tout
semble arbitraire (le motif fétichiste des poupées, jamais vraiment expliqué)
jusqu’à une fin qui tente de brouiller les pistes pour cacher son caractère
prévisible. Dommage, en tant que pur réalisateur, Øie offre une œuvre
éblouissante, mais une fois de plus, il aurait fallu un scénario à la hauteur…




Hoboken Hollow



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


S.P.H.E. 2005 Glen Stephens, avec Jason Connery, C. Thomas Howell, Mark Holton, Randy Spelling, Dennis Hopper, Michael Madsen…



.
Un vétéran de l’Irak voyageant en auto-stop se retrouve prisonnier de Hoboken
Hollow, un ranch Texan où les journaliers sont gardés dans des conditions
proche de l’esclavage — et torturés…

.
On avait bien besoin d’encore un film de plus sur une famille de rednecks
dégénérés… Au moins, les « faits réels » sur lequel il est basé existent
bien, l’histoire du « ranch aux esclaves » ayant défrayé la chronique
dans les années 80. Au moins, contrairement à l’immonde « Monster »,
il ne s’agit pas de glorifier des criminels, mais le métrage ne donne pas
l’ombre d’une explication à leur comportement et les victimes n’ont pas plus de
consistance. Résultat, le film tout entier reste désespérément plat, incapable
d’engendrer tension ni sentiment, quel qu’il soit, donnant l’impression d’être
aussi froid et déshumanisé dans son exploitation d’un fait divers que ses
bourreaux. L’ensemble se contente de passer d’une scène à une autre (on se
demande ce que Madsen, arborant la fausse moustache la plus évidente qu’on ait
vu au cinéma, vient faire là, son rôle pouvant sans problème être amputé) jusqu’à
se terminer sans rime ni raison ni plus de justifications qu’il n’a commencé.
Cette année-là, C. Thomas Howell s’en tint à sa moyenne en  tournant huit (!) films sans compter
les épisodes de séries TV…




Horsehead



France  
Note : 3/5


Rimini éditions 2014 Romain Basset, avec Lily-Fleur Pointeaux, Catriona McColl, Murray Head, Philippe Nahon…



Depuis son enfance, Jessica souffre de cauchemars
où apparaît une créature à tête de cheval. Ce mal l’a poussé à s’intéresser aux
phénomènes des rêves lucides. Suite à la mort de sa grand-mère, elle retourne
dans la maison de sa mère, toujours aussi distante. Elle profite d’un accès de
fièvre pour tenter de résoudre par le rêve les non-dits de sa famille…



Encore un film de genre français qui n’a connu
qu’une distribution météorique en salles, sans doute pour qu’on puisse continuer
à chouiner sur l’absence de ces mêmes films de genre français ? Et bien
sûr, c’est à l’exportation qu’il se fit une réputation, malgré des critiques
plutôt favorables. Influencé autant par Argento que le Neil Jordan de « La
compagnie des loups », ce premier long fait avec plus d’amour que de
moyens aurait pu tomber dans le n’importe quoi du mélange rêve/ réalité, si
Basset, bien aidé par une photographie somptueuse et une bande originale oppressante,
ne livrait des images tout simplement magnifiques sur fonds psychanalitique. On
se rapprocherait du cinéma de Cattet/Forzani (en moins hermétique tout de même)  si les influences n’étaient pas
parfaitement digérées. Du coup, on a affaire à un animal rare de nos jours :
une vraie proposition de cinéma de genre, qui peut emballer autant que rebuter
(il ne faut pas s’attendre à un film de monstre traditionnel), mais qui a le
mérite d’exister. Si certains éléments sont assez facile à déduire, on eût
peut-être préféré que le récit soit plus tranché sur certains points, mais ce
trip visuel et psychanalitique mérite de trouver son public. A noter que
lorsque la maison de prod s’appelle Starfix Productions, du nom de la
légendaire revue qui changea la face de la cinéphilie, on sait qu’il ne faut
pas s’attendre à du tout-venant… On attend avec impatience de voir leurs
prochains projets.




Hostel chapitre III



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Hostel : Part III Sony 2011 Scott Spiegel, avec Kip Pardue, Brian Hallisay, John Hensley, Sarah Habel, Thomas Kretschmann…



 Un groupe d’amis venus à Las Vegas pour l’enterrement de vie de garçon d’un des
leurs va se frotter à Elite…

Comme quoi on ne va pas abandonner les franchises qui marchent, quitte à les
reléguer au direct-DVD… Au moins, le réalisateur d’ « Intruder »
aux commandes laissait un peu d’espoir, et la scène d’ouverture assez finaude
est allèchante. Mais les choix deviennent vite pénibles : le fait de mêler
plusieurs personnages tous semblables aux alliances complexes fait qu’on s’y
perd vite. Elite est devenue une sorte de secte aux membres identifiés par un
tatouage ( !) et cette fois, des richards ne torturent plus eux-mêmes,
mais assistent aux opérations en pariant sur on ne sait trop quoi (comme dans
le films de tournois clandestins !), ce qui diminue l’impact du bouzin. Et puis
tant qu’à faire, faute de scènes de torture convaincantes, on eût aimé en
savoir un peu plus sur cette Elite Hunting qui semble omnisciente au point
d’étirer la crédibilité. Après un retournement inattendu, le finale emphatique
s’enfonce dans la banalité. Bref, des idées mal exploitées et un changement de
direction on mécontenté la majorité des fans. Si, au moins, on en profitait
pour mettre fin à cette excroissance bizarre pour une époque cynique que fut le
« torture porn »…




Hysteria



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


112mn Eliza Graves/Stonehearst Asylum Metropolitan 2014 Brad Anderson, avec Jim Sturgess, Kate Beckinsale, Ben Kingsley, David Thewlis, Brendan Gleeson, Ben Kingsley, Michael Caine, Jason Flemyng…



Le jeune psychiatre Edward Newgate arrive au sanatorium Stonehearst tenu par le
docteur Silas Lamb, aux méthodes bien particulières. Il s’éprend vite d’Eliza
Graves, une des patientes qui s’est révoltée contre un mari violent. Mais les
sous-sols de l’asile cachent bien des secrets…

Brad Anderson avait bien des choses à se faire pardonner après l’immonde — mais
lucratif — « The Call »… Et là, il bénéficie d’un casting impressionnant.
Si le nom d’Edgar Allen Poe met la puce à l’oreille à quiconque connaît son
« système du dr Goudron et du professeur Plume » maintes fois adapté,
on ne cherche pas à étirer la révélation, plus ou moins sous-entendue dès le
départ. L’ennui, c’est qu’après avoir invoqué les anciens métrages signés
Corman (on aurait facilement vu le regretté Vincent Price dans le rôle de Ben
Kingsley !) le film semble incapable de décider ce qu’il veut être :
trop policé, avec cette esthétique figée dès qu’on parle de l’Angleterre passée
(similaire à « From Hell » et tant d’autres), il s’avère beaucoup trop
sage pour un film d’horreur, l’aspect mélodramatique semble forcé et, au bout
d’un moment, le tout tourne en rond et multiplie les invraisemblances. Même la
critique sociale et l’anarchisme suggéré par Poe, s’ils sont évoqués au passage
dans des dialogues parfois savoureux, quoique réservés au personnage de
Kingsley, ne sont jamais poussés, comme si les créateurs y avaient bien
réfléchi avant que les studios n’y mettent le holà (un film qui pense ? Ça
va pas, non ?) Le tout n’est pas à jeter, mais au final, reste beaucoup
trop sage, faisant surtout ressortir une écriture déficiente — mais aussi
l’excellence de l’interprétation, Thewlis en particulier (définitivement tombé
dans la drouille de studio, loin de « Naked ») semblant bien s’amuser
à jouer les méchants d’opérette et l’alchimie entre Caine/Kingsley,
extraordinaire depuis le méconnu « Elémentaire mon cher… Lock
Holmes », faisant regretter qu’ils n’aient pas plus de scènes ensemble.
L’expérience n’a pas tout à fait réussi… Du coup, après une distribution à la
sauvette aux SA, le bouzin finit directement en DVD chez nous.




Insane



Australie  
Note : 3/5


Storm Warning Pathé 2007 Jamie Blanks, avec Robert Taylor, Nadia Farès, David Lyons, Matthew Wilkinson, John Brumpton…



.
Un couple perdu sur une île d’Australie se trouve à la merci d’une famille de
dégénérés…

.
Curieusement, cette série B tournée avant « Long Week-End » (et
également scénarisé par le vétéran Everett De Roche) arrive plus tard chez
nous. Encore un « survival » de plus où des pseudo-civilisés
affrontent des dégénérés ? Oui, mais celui-ci, malgré un début un peu
lent, semble connaître assez bien le genre pour répondre aux attentes du
spectateur. Il n’y a là rien de bien original, mais la première partie où la torture
morale des personnages est bien plus pénible que le grand-guignol des
« Saw » établit une certaine crédibilité à l’ensemble et renvoie à la
métaphore fondatrice du genre où, en situation extrême, les
« civilisés » rivalisent de sauvagerie avec les « dégénérés ».
Lorsque la violence explose après une longue préparation, c’est avec des scènes
cruelles et inventives qui devraient ravir l’amateur du genre, même si elles
sont rares, huis-clos à peu de personnages oblige ! De plus, il n’y a pas
de véritables trous dans la narration, les actions des personnages sont
crédibles, l’interprétation solide, les exactions passées du trio de dingues
sont plus sugérées que montrées (on évite la scène obligée du cimetière de
voiture…) et on évite les affèteries à la mode. Bref, une forme d’épure du
genre au ton âpre et brutale, loin des bluettes précédentes du réalisateur, du
pur cinéma d’exploitation qui répond aux attentes du spectateur… Mais, à part
l’inventivité des scènes sanglantes, n’apporte pas grand-chose de plus. Cela
dit, vu ce qu’on ose sortir en DVD de nos jours, c’est déjà beaucoup…




Intruders



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Shut in/Intruders Metropolitan 2015 Adam Schindler, avec Leticia Jimenez, Rory Culkin, Jack Kesy…



Charlotte souffre d’agorahobie… si bien que quand des malfaiteurs
s’introduisent chez elle, profitant des funérailles de son frère mort d’un
cancer, elle ne peut leur échapper. Mais Charlotte cache d’autres secrets…

Un frileur qui commence plutôt bien en prenant le temps de poser son
personnage. On se doute que celle-ci réussira à retourner la situation, ce qui
est fait de façon astucieuse. Mais à partir de là, le film tourne en longueur
avec des rebondissements de plus en plus capillotractés et le schématisme des
personnages finit par devenir envahissant, le tout jusqu’à une dernière image
peu crédible. Bref, on reste dans le tout-venant. Dommage…




Le bal de l’horreur (1980)



Canada  
Note : 0/5


Prom Night Avco Embassy/Grant 1980 Paul Lynch, avec Jamie Lee Curtis, Leslie Nielsen, Robert Silverman…



.
Quatre gamins causent la mort accidentelle d’une petite fille. Des années plus
tard, au bal de la promotion, un inconnu masqué entreprend de la venger. Et l’homme
accusé du crime s’est échappé de son asile…

.
Voilà une bonne question de “ trivial pursuit ” : dans quel film
Leslie Nielsen et Jamie Lee Curtis partagent-ils l’affiche ? C’est le seul
intérêt de ce “ slasher ” laid et poussiéreux pompé sur « Halloween »
et le précurseur « Black Christmas », rempli de personnages
interchangeables et entrecoupé d’interminables séquences disco bien datées. Quand
au tueur, il ne daigne apparaître que dans la dernière demi-heure pour comettre
des meurtres rares et très soft — et s’avère d’ailleurs particulièrement
inepte. Dire que ce truc est sorti en salles et reste réputé
outre-atlantique ! Peut-être parce qu’il s’agissait du premier d’une
longue lignée et que ses figures imposées étaient encore plus ou moins neuves ?
Curieusement, malgré la sortie du remake, personne n’a pensé à rééditer ce DVD
et l’édition Grant (vf uniquement) reste rare. Il faudra attendre un passage sur le câble ou se tourner vers l'édition Anchor Bay en région 1…Sa première suite sera distribuée sous le nom "Hello Marylou"




Le bal de l’horreur (2008)



Etats-Unis d'Amérique   Canada  
Note : 0/5


Prom Night Sony 2008 Nelson McCormick, avec Brittany Snow, Scott Porter, Jonathon Schaech…



.
Trois ans plus tôt, un professeur de son lycée faisant une fixation sur une
élève, Donna, a tué sa famille… Aujourd’hui, Donna est prête à célébrer le bal
de la promotion avec ses amis. Mais le tueur s’est échappé et entend bien finir
le travail…

.
On croyait avoir touché le fond avec certains remakes, mais là, on continue de
creuser… Pourtant, le film original étant loin d’être un chef d’œuvre (les
vieux de la vieille tremblent encore au souvenir d’interminables séquences
disco), il y avait moyen de remonter le niveau en se contentant, comme c’est le
cas, d’utiliser juste le titre… C’est raté. D’abord, pas la moindre ambiguité
sur l’identité du tueur, d’autant que Schaech est aussi terrifiant que Paris
Hilton. Ensuite, le tout se passe dans un univers eugénique où tout le monde
est jeune, beau et apparemment aisé où il suffit d’une casquette pour que personne
ne reconnaisse un ex-prof ayant fait la une des journaux locaux, où on met
trois jours pour prévenir la police de son évasion, et où les policiers au
comportement aberrant battent des records d’ineptitude face à un tueur qui ne
s’en sort que par des pirouettes de ce qui sert de scénario (Comment sait-il
aussitôt qu’un personnage l’a — enfin — reconnu , comment s’échappe-t-il d’un
hôtel bouclé par la police ? Etc…) Pire encore, afin d’atteindre
l’interdiction aux moins de treize ans, les meurtres sont shuntés et les scènes
d’angoisse incroyablement répétitives, réduites à repomper certaines scènes de
« Halloween » (plus de trente ans après, cela fait un brin
réchauffé…) Bref, de la drouille pour vidéoclub… Qui, avec un budget limité (18
millions de dollars) a doublé sa mise, malgré un bouche-à-oreille
désastreux ! A désespérer du genre…




Le beau-père



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


The Stepfather Sony 2009 Nelson McCormick, avec Dylan Walsh, Sela Ward, Penn Badgley, Amber Hearth…



.
Michael Harding rentre de l’armée pour constater que sa mère divorcée s’est
trouvé un nouvel homme qui a emménagé chez elle. Or celui-ci ressemble fort à
un tueur en série massacreur de familles entières…

.
Il y a des chances qu’aujourd’hui, l’original ne soit plus que « ce vieux
truc avec le mec de Lost », mais que dire du remake ? Le film du
réalisateur de l’immonde « Black Christmas » fait illusion durant la
première scène assez glaçante, mais c’est bien tout. La suite se déroule dans
un monde d’idiots où personne ne remet en cause quoi que ce soit (même la manie
qu’a un étranger d’installer des placards fermés à clé, son absence de papiers
et le fait qu’une émission ait présenté le portrait-robot d’un tueur en série
qui, o surprise, lui ressemble — mais on ne va tout de même pas prévenir la
police pour si peu !) et où le nombre de placements publicitaires (vous
avez bien vu mon iPhone, hein ? Allez, encore une fois…) accentue le côté
MTV du bouzin. Faute de suspense, on accumule ces faux chocs soulignés par une
musique tonitruante qui sont l’aveu d’impuissance des réalisateurs (jusqu’au
classique chat à ressort !), Amber Heard en bikini pendant l’essentiel du
métrage pour racoler les ados boutonneux 
et le seul aspect surnaturel est la capacité du personnage à apparaître
derrière les protagonistes de façon physiquement impossible. Et le tout se clôt
sur une nuit d’orage ( !) jusqu’à une absence de conclusion qui, horreur,
pourrait donner une suite ! Qu’on y ajoute des trous de logique digne des
grandes Jorasses (beau-papa tentant de tuer sa famille alors que deux des
enfants sont absents…) et une violence très tout public, et on obtient un
naveton qui a au moins l’avantage de synthétiser en un seul film tout ce qui ne
va pas dans le genre horrifique pour peu qu’on le confie à des tâcherons
méprisant le public. On comprend que Terry O’Quinn ait refiusé d’y apparaître…




Les créatures de l’ouest



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


The Burrowers Metropolitan 2008 J.T. Petty, avec Clancy Brown, David Busse, William Mapother…



.
1879. Dans des terres sauvages du Dakota, une famille de fermiers est décimée
et porte d’étranges plaies. D’autres familles de colons ont disparu, et le peu
d’autorité qu’il y a soupçonne les Sioux. Mais ils découvriront que la réalité
est bien plus sinistre…

.
On aurait plutôt tendance à surévaluer un film qui ne multiplie pas les effets
flash, la musique tonitruante et les images fracassantes, y préférant
l’atmosphère et une progression dans l’angoisse liée avant tout aux
personnages… Sauf qu’ici, les uns comme les autres sont aux abonnés absents. Le
prologue donne espoir et les valeurs de production sont celles d’un film de
cinéma, mais on se retrouve bien vite limité à des personnages archétypaux (le
cuistot noir de service, le cavalier raciste) qui se contentent de chevaucher
indéfiniment dans des personnages certes magnifiques avec parfois un brin de
dialogue et un rebondissement arbitraire de ci de là. Quand aux agressions des
créatures (au moins, on garde le secret sur leurs apparences) elles arrivent de
façon trop arbitraire pour séduire — et toujours de la même façon ! Le
finale, lui, introduit un peu d’angoisse, mais malgré une ou deux idées, c’est
un peu tard. Avec le soin évident apporté à décrire les, hem, mœurs des
créatures, on se doute que le réalisateur-scénariste cherche à créer une
mythologie (traduire : une franchise lucrative — ce film est d’ailleurs
dérivé d’une mini-série télévisée et a donné un court-métrage prolongeant
ladite mythologie), comme le prouve la fin ouverte, mais ses créatures
n’apparaissent que comme des avatars des troglodytes de « The
Descent » (et pourquoi le soleil les détruit-il comme le vampire
moyen ?) Le mélange western et horreur peut donner de bons résultats,
comme « Dead Birds », mais là, l’un et l’autre aspect sont assez
ratés… Dommage, l’intention était là.




L’étrange cas Deborah Logan



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


The Taking of Deborah Logan Metropolitan 2014 Adam Robitel, avec Jill Larson, Anne Ramsay, Michele Ang, Brett Gentile…



Sarah Logan accepte de laisser une équipe filmer
sa mère Deborah, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Mais d’étranges phénomènes
se multiplient autour de la charmante vieille dame. Des phénomènes qui
pourraient être liés à la disparition des années plus tôt d’un médecin local
accusé du meurtre de quatre fillettes…



Un documenteur de plus, mais cette fois, il y a un
bon film qui tente d’émerger de ce résultat mitigé. Déjà, la présence de deux
actrices respectées donne à penser qu’elles auraient pu faire mieux que ce que
le matériau leur offre, même si Jill Larson est certainement LE point positif
du film. Ensuite, la partie consacrée à l’Alzheimer est effrayante à souhait,
jouant sur des peurs universelles, et le mystère bien maintenu. En fait, le
tout aurait mieux fonctionné sans un angle surnaturel peu convaincant : on
a recours à des effets éculés — y compris sonores, ce qui n’a guère sa place
dans un documenteur — malgré une ou deux scènes assez angoissantes. Le finale
interminable et emphatique jette par dessus les maisons le peu de logique
interne restant au scénario jusqu’à un gag final peu convaincant. Dommage…




L’étrange couleur des larmes de ton corps



France   Belgique   Luxembourg  
Note : 3/5


Shellac Sud 2013 Hélène Cattet & Bruno Forzani, avec Klaus Tange, Ursula Bedena, Hans de Munter…



Dan Kristensen rentre de voyage pour découvrir que son épouse, Edwige, a
disparu. Menant l’enquête, il découvre que les disparitions mystérieuses se
multiplient dans son immeuble…

Il est amusant de voir que le giallo, genre italien par excellence, a récemment
essaimé en Allemagne, avec Andreas Marshall, et en Belgique avec le couple
Cattet/Forlani. Là où l’allemand « Masks » avait un scénario
intelligent et surprenant trahi partiellement par son manque de moyens, le duo
postule l’inverse : leur cinéma se veut luxuriant, sensoriel, hypnotique.
Inutile de dire que s’il y a une histoire qui se cache sous ce foisonnement, il
faudra bien des visions pour la déterrer… Mais le récit proprement dit, qui
commence pourtant comme un polar traditionnel, se noie sous un déluge
d’imagerie grotesque, un véritable rêve de fièvre psychanalitique magnifiée par
une photographie somptueuse et une bande-son faisant partie de l’expérience.
Les personnages se dédoublent (le fantastique est subtil, mais réel), meurent
plusieurs fois dans une maison digne de l’académie de danse de
« Suspiria », triomphe de l’Art Nouveau ouvertement vivante et qui
semble toujours se reconfigurer dès que personne ne la regarde. Mais lesdits
personnages ne sont que des vecteurs, voire des constructions
abstraites débloquant des images : s’il a l’air plus conventionnel
que le quasi-muet « Amer », ce nouvel effort est encore plus
déroutant, car le sujet ne semble pas être l’intrigue mais le giallo lui-même,
prenant la forme tant d’un essai visuel sur le genre qu’un film du genre. Un parti-pris audacieux qui, l’art n’étant pas
fait pour être consensuel, ne peut que poartager les spectateurs, d’autant que
les réalisateurs n’hésitent pas à en faire trop au risque de frôler la
saturation. Pour peu qu’on rentre dans ce trip halluciné, c’est un film qu’on
reverra plusieurs fois pour en défaire l’écheveau. Mais il n’y a peurt-être
rien à comprendre ? On se demande quels peuvent être les fous furieux qui
permettent à un film aussi atypique d’exister jusqu’à ce qu’on voie le nom de
François Cognard producteur. Cognard qui passa par la case Starfix, revue témoin
actant et acteur d’une nouvelle façon de concevoir la cinéphilie, postulant que
le cinéma populaire pouvait avoir du sens et qu’on pouvait aimer ce qu’on
appelait encore l’ « art et essai » ET le film de genre. La
boucle est bouclée…




Mirrors 2



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Fox 2010 Victor Garcia, avec Nick Stahl, Emmanuelle Vaugier, Jennifer Sipes, William Katt…



.
Après avoir perdu sa fiancée dans un accident de voiture, Max sombre dans la
dépression… Son père l’embauche comme gardien au nouvel immeuble Mayflower
après un étrange accident survenu à l’ancien vigile. Mais quelque chose hante
les miroirs…

.
Le pire avec ce direct-DVD, c’est qu’il n’a rien de vraiment mauvais… Mais rien
de bon non plus, tant le scénariste de « la voix des morts 2 » et le
réalisateur d’origine Catalane d’une suite inédite au « Manoir de
l’horreur » (!) semblent s’être contenté d’offrir au producteur exactement
ce qu’il a demandé… Et rien de plus. Du coup, le côté sanglant des exécutions
et une scène de nudité gratuite semblent être un moyen de relever la soupe…
L’histoire suite quasi servilement le thème de la vengeance surnaturelle, se
calquant sur le modèle Coréen (lui-même pas d’une originalité flagrante) et se
clôt exactement de la façon prévue. Bref, de la routine absolue, du cinoche
fast-food pour un réal…Qui s’attellera ensuite à un énième épisode de la série
« Hellraiser » ! La routine, disais-je… A noter que le 4e
de couverture dévoile l’explication finale de l’intrigue ! Certes, elle
est prévisible, mais tout de même…




Mockingbird



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Universal 2014 Bryan Bertino, avec Baral Hardley, Spencer List, Alexandra Lyden…



1995. Trois personnes différentes reçoivent des caméras VHS avec pour ordre de
continuer de filmer quoi qu’il arrive. Il s’agirait d’un jeu avec une forte
récompense à la clé, mais les exigences des organisateurs qui semblent tout
savoir de leurs proies deviennent de plus en plus sinistres…

ENCORE un « film retrouvé », cette forme de vie parasitique aspirant
la vie du cinoche de genre… Le point de départ a été plusieurs fois exploité
(repompant le roman de Richard Laymon « Le jeu » ?), mais
pourrait susciter un minimum d’intérêt si les personnages ne se comportaient
pas de façon absurde, même pour des protagonistes de film d’horreur… Le tout
s’écroule à la conclusion précipitée, avec un retournement piqué sur un autre
film (mais dire lequel serait déflorer, même si cette fin était tout aussi
décevante dans le modèle !) qui rend tout ce qui a précédé encore plus
capillotracté et soulève plus de questions que de réponses. A éviter !




Monster Wolf



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Seven7 2010 Todor Chapkanov, avec Leonor Varela, Jason London, Robert Picardo, Griff Furst…



.
Une compagnie pétrolière faisant des forages en Louisiane réveille un esprit
indien qui prend la forme d’un loup gigantesque…

. Voyons
un peu : Le shérif de service ? Sa fille devenue une grosse tête
(mais qui apprend que le bonheur est dans le pré et, on imagine, de pondre des
gniards plutôt que de vouloir avoir, berk, une carrière !) Le meuchant
industriel ? Les chasseurs appelés à la rescousse pour tuer le monstre
(mais qui, pour l’importance qu’ils ont, pourraient être excisés du
film) ? L’explosion d’hélicoptère ? Une créature en CGI ? Le
Générateur de Scripts Aléatoires™ du sci-fi Channel a encore frappé, y
rajoutant un vieil indien à l’air peu concerné (mais offrant le seul sourire de
ces longues 90mn) et une pirouette finale à pleurer. Quant au happy-end de
rigueur, il contredit une des règles établies en cours de route ! C’est
dire le niveau d’écriture de ce machin indigeste peuplé de personnages agissant
en dépit du bon sens le plus élémentaire. A fuir, à moins d’être un des rares
accros aux « creature feature » à deux balles du sci-fi
channel !




Musaranas



Espagne   France  
Note : 2/5


Koba films 2014 Juanfer Andrès & Esteban Roel, avec Macarena Gomez, Nadia de Santiago, Hugo Silva, Luis Tosar…



Madrid, dans les années 50. Agoraphobique et accro à la morphine, la couturière
Montse dépend de sa jeune sœur qu’elle terrorise et reste visitée par le
fantôme de leur père. Leur vie monotone va changer lorsqu’un inconnu blessé par
une chute dans l’escalier est recueilli par Montse…

Beaucoup ont comparé ce premier film à « Misery » alors que
l’ambiance générale de huis clos étouffant évoque des œuvres plus lointaines
telles que « Qu’est-il arrivé à Baby Jane » (mais on ne va pas
demander aux kritiks d’avoir de la culture…). Les réalisateurs prennent le
temps d’installer leur atmosphère, mais sommes toutes, ce qui se présente de
plus en plus comme un mélodrame horrifique en dit trop ou pas assez sur ses
personnages jusqu’à un dernier tiers où Gomez se transforme en tueuse implacable
de « slasher », basculement qui peut déstabiliser, d’autant que bien
des révélations, comme le rôle du père (Un Luis Tosar toujours aussi
inquiétant) sont assez courues. L’interprétation paroxystique de Macarena Gomez
contraste avec celle, plus en retenue, de Nadia de Santiago. A boire et à
manger donc, mais on reste curieux de voir comment évolueront les réalisateurs…




Night of the Demons (2009)



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


eone 2009 Adam Gierasch, avec Edward Furlong, Shannon Elizabeth, Monica Keena, Tiffany Sheepish…



.
Lorsqu’une soirée d’Halloween se déroulant dans une maison de la Nouvelle
Orléans au lourd passé est interrompue par la police, plusieurs personnes se
retrouvent coincées à l’intérieur. Mais une présence démoniaque tente de les
posséder un par un…

.
Le film de Kevin S. Tenney n’étant pas vraiment un chef d’œuvre, l’idée d’un
remake au budget décent n’était pas si désagréable, surtout avec le réalisateur
du honorable « Autopsy » aux manettes : un
« Autopsy » lui-même profitant de la vague post-« Hostel »…
Et on retrouve là tout ce qui rendait ce dernier film plutôt agréable pour un
direct-DVD. Le « Night of the demons » original était déjà dérivatif
en diable, mais Gierach passe au niveau suivant en assumant parfaitement la
vulgarité de sa thématique : tout y est, du sang à l’hectolitre, de
l’érotisme vulgos, des maquillages à l’ancienne particulièrement réussis, un
prologue allèchant et un mot de la fin amusant. Et oui, la scène du rouge à lèvres
est bien là, mais rallongée d’une façon collant bien au propos (ou son absence,
diront les mauvaises langues). Pas de doutes, Gierasch sait ce que demande le
public et, au moins, on en a pour son argent… Même si, de par son ton,
l’ensemble est plus distrayant qu’effrayant et semble plutôt conçu pour servir
de mise en bouche lors d’une soiée bière, potes et DVD. Ce qui n’a rien de
déshonorant. Rien d’exceptionnel, juste de la série B certes dérivative, mais
assumant fièrement son côté pop-corn. Ce qui justifie une location…




Paris by night of the living dead



France  
Note : 3/5


12min Bach films 2009 Grégory Morin, avec David Saracino, Karina Testa…



.
Alors que Paris est envahi par les zombies, deux jeunes mariés tentent de
survivre…

.
Un court par un réalisateur spécialiste du genre, qui a remporté un franc
succès en festival. Le principe est simple : un thème et une idée bien
exploitée = un court (ou une nouvelle) réussi. Si les zombis sont fatigués de
nos jours, ce film se concentre sur son décor suramplifié à travers une
course-poursuite très cartoon où les monuments de la capitale jouent un rôle
essentiel ; et à 12mn générique compris, le résultat n’étire pas une seule
seconde son postulat, aidé par un montage au cordeau. Comme cette démonstration
de virtuosité fait un peu bande-annonce, on se prend à rêver que Bach films
prenne la relève de Bee Movie et autres petits producteurs et monte des projets
de film de genre… quoique, bien qu’on soit friand de « nouvelle vague
française » partout, sauf en France, ils seraient sans doute assassinés
par la critique et achevés par les distributeurs. Sale histoire. Votre
serviteur fait partie des (très) nombreux zombies, mais il faut le savoir. Avec
en prime un making of intéressant mais un peu redondant, un bref docu sur le
passage du film à Gérardmer et en prime une de ces redécouvertes dont Bach
Films a le secret, le très curieux « Nightmare in Wax » de Bud
Townsend (1969), remake psychédélique avec Cameron Mitchell de « L’homme
au masque de cire » qui, déjà, brocardait l’industrie du cinéma.




Piranhas 3-D



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Wild Side 2010 Alexandre Aja, avec Elisabeth Shue, Steven R. McQueen, Jerry O’Connell, Jessica Szohr, Ving Rhames, Christopher lloyd, Richard Dreyfuss…



.
Autour du lac Victoria, tout le monde se prépare pour la grande fête du
printemps pendant que Jake, fils de la shérif locale, se fait embaucher comme
guide par un producteur de porno. Mais des piranhas préhistoriques échappés
d’un lac souterrain vont troubler la fête…

.
Un de ces éternels hommages passéistes que certains ont comparé à
« Expendables »… Comparaison non gratuite, puisque ce film se
contente également d’utiliser les arguments du genre tendance crétinerie avec
l’obligatoire 3D pour faire joli. Au programme, nichons, sang, nichons, sang…
Si ce programme vous allèche, allez-y sans problème, vous ne serez pas déçu, même
si on se passe aisément des petites lunettes. Pas de doutes, il s’agit
certainement d’un des films les plus sanglants tournés depuis longtemps sans la
complaisance sadique d’un « Saw 7 » (puisqu’on est là pour s’amuser,
l’ensemble donnant souvent dans la parodie volontairement régressive — et
d’ailleurs, est-ce volontairement qu’une scène évoque un des meilleurs gags de
« L’âge de glace 2 » ?) et avec le plus de nudités féminines.
S’y ajoute un mauvais goût fièrement affiché, comme si Aja avait pris les
demandes des producteurs et décidé de mettre tous les cadrans dans le rouge. En
même temps, il n’y a pas grand-chose de plus : le « spring
break » et ses étalages de chairs façon fantasme eugénistes est assez
vulgaire en soi pour qu’il n’y ait pas besoin d’en rajouter (comme le savent
les familiers de MTV), les personnages sont si interchangeables qu’on ne fait
plus attention à qui est qui (et certains disparaissent subitement du récit),
et le scénario n’est jamais que ceux des films de monstres retraitables à
l’infini du Sci-fi Channel, plus un « gag » final qui ne trompera
personne. Bref, à force d’excès (une scène impliquant un membre tranché, qui
plaira peut-être au « Scary Movie » fan-club, est étirée jusqu’à
l’indigestion), l’ensemble peut finir par devenir écœurant et les prouesses des
effets spéciaux — sauf les piranhas qui ne font jamais oublier qu’ils sont des
CGI, ce qui fait à nouveau très sci-fi Channel — s’y perdent un peu. Quant aux
éternels clins d’œil obligatoires aux années 80, ils ressemblent  une caution un peu artificielle… Le
tout donne un machin un peu bancal, un étalage de chairs un rien clinquant qui
finit par indifférer, qu’on peut considérer comme une purge ou un plaisir
coupable, au choix. Certes, il y a là plus de cinéma que dans la moyenne des
remakes exsangues dans tous les sens du terme actuels, mais quant on voit
comment Aja s’était totalement approprié « La colline a des yeux »…
Pourtant, le docu montre le soin apporté à sa fabrication, ne serait-ce que
dans le choix des extras. Une suite est déjà en chantier…




Projet 666



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Exeter Seven7 2015 Marcus Nispel, avec Stephen Lang, Kevin Chapman, Brittany Curran…



Des ados faisant la fête dans un ancien asile d’aliénés réveillent l’esprit de
« Devon », un enfant maléfique qui possède l’un d’entre eux…

Difficile de croire qu’il s’agit du premier projet « original » de
Marcus Nispel tant il repompe a tout va ce qui l’a précédé, à commencer par
« Evil dead »… quitte à balancer tous les clichés qui dénaturent le
genre actuellement malgré de bonnes valeurs de production. Les personnages
n’ont aucune consistance et changent de personnalité en un clin d’œil, le tout
ne s’embarasse guère de logique (les protagonistes se retrouvent
« enfermés » dans une maison qu’un souffle semble pouvoir faire
s’écrouler ?), nos héros improvisent un exorcisme en suivant un article de
Wikipedia (!), et un retournement final contredit totalement ce qui a précédé.
A moins de vouloir profiter de quelques rares scènes sanglantes, on peut
éviter…




Rec 4 : Apocalypse



Espagne  
Note : 1/5


Rec 4 : Apocalipsis Wild Side 2014 Jaume Balaguero, avec Manula Velasco, Paco Manzanedo, Héctor Colomé, Mariano Venancio…



Angela Vidal a été exfiltré de l’immeuble du massacre et se retrouve
prisonnière d’un bateau où des scientifiques tentent de trouver un remède.
Est-elle vraiment la souche du virus ?

Après un 3 décrié, Balaguero voulait revenir aux racines du premier opus avec
la bonne idée de faire revenir Angela — sans le côté documenteur, ce
qu’annonçait déjà le 3. Mais le parti-pris de faire un film d’horreur
« sérieux » implique-t-il le fait de se prendre si au sérieux ?
Ses scientifiques énonçant des platitudes avec un air compassé pour bien nous
faire comprendre que la situation est grave ne convainc guère malgré les
efforts du casting. Car après un assez long développement évoquant « Le
jour des morts vivants » censé nous montrer les enjeux et les personnages
(encore que, vu le nombre d’infectés du finale, on se demande comment ce tanker
peut contenir des centaines d’hommes que l’on n’avait jamais vus précédemment…)
tout en omettant joyeusement le fascinant jeu sur la possession démoniaque
essentiel aux deux premiers opus, Balaguero semble oublier sa culture
cinéphilique du genre pour donner un énième film de couloir à la
« Alien(s) » — le film de Cameron a droit à plusieurs clins d’œil —
mêlé de « 28 jours plus tard » (Tiens, un singe infecté !),
voire de « Resident Evil » lui-même dérivatif en diable. Le tout
devient extrêment convenu, affichant ses influences sans jamais les
transcender, avec des zombies apparaissant à intervalle régulier pour la dose
d’hémoglobine syndicale, filmé par une caméra constamment mobile moins
insupportable que chez certains tâcherons, mais qui ne s’imposait pas, sans
oublier une révélation introduisant une belle cascade d’illogisme et
contredisant une scène clé (Mais en dire plus serait déflorer…). Et après
l’explosion finale (vous ne vous en seriez jamais douté, hein ?), alors
que les compères avaient promis, juré, craché, que la franchise s’arrêtait là,
un clin d’œil qu’on croyait réservé aux téléfilms nullards du Syfy Channel
laisse ouvert à une éventuelle reprise. Résultat, ce film très quelconque, qui
donne l’impression que Balaguero faisait sa démo pour finir Yes-man à
Hollywood, n’a convaincu ni les fans de la première heure, ni les occasionnels.
Dommage…




Resident Evil : Afterlife



Allemagne   Canada  
Note : 0/5


Metropolitan 2010 Paul W. Anderson, avec Milla Jovovich, Ali Larter, Kim Coates, Shawn Roberts…



.
Alice attaque les locaux d’Umbrella à Tokyo, puis part pour Arcadia, en Alaska,
une utopie préservée de l’épidémie… mais elle n’y trouve que Claire Redfield,
amnésique. Elles se rendent à Los Angeles ou une poignée de survivants s’est
réfugiée dans une ancienne prison assiégée. Leur seul espoir : l’Arcadia,
un cargo garé dans le port…

.
Ce n’est pas le retour de Paul Anderson qui va sauver la série… Oui, mais il y
a la 3D ! Le nouveau schmürtz qui pousse les spectateurs à ouvrir leur
porte-monnaie et oublier des détails tels que le scénario et la
narration ! Là, les personnages se contentent de sauter d’une situation à
l’autre sans la moindre impression de danger ou de tension, sachant qu’un Deus
Ex Machina les sauvera : des créatures nouvelles apparaissent et
disparaissent (dont un géant qui semble plutôt venir de « Silent
Hill ») sans explication, après l’ennuyeuse scène du début où des
personnages sans intérêt se bastonnent inutilement (sans jamais recharger…)
dans un déluge de ralentis gratuits, nonobstant le fait qu’on puisse aller de
l’Alaska à Los Angeles dans un petit avion au réservoir inépuisable, l’action
s’arrête en plein pour un vague remake de « L’armée des morts » (des
personnages enfermés dans un espace clos avec des myriades de zombies dehors…
ça ne rappelle rien ?) jusqu’à un finale foireux. Et que dire des
personnages : comme l’action se passe à Los Angeles, les personnages sont
un acteur et un producteur et le noir de service est joueur de basket ! De
plus, le fait qu’Alice ait « perdu ses pouvoirs » entre les
mains d’un méchant calqué sur M. Smith de Matrix n’a aucune incidence,
puisqu’elle se sort intacte d’un crash d’hélicoptère dévastateur et caracole
comme si de rien n’était. De plus, la fibre horrifique du jeu s’est totalement
effacée devant une sorte de SF-baston apocalyptique avec quelques visions
saisissantes d’une ville dévastée… mais qu’on a déjà vu ailleurs. Comme tout le
reste. Comme on disait quand j’étais à la communale : c’est pas beau de
copier…




Road of the dead, Wyrmwood



Australie  
Note : 3/5


Wyrmwood : Road of the Dead KMBO 2014 Kiah Roache-Turner, avec Jay Gallagher, Bianca Bradey, Leon Burchill, Berynn Schwerdt…



Lorsqu’un météorite prévu dans l’apocalypse provoque une invasion de zombie,
Barry est obligé de tuer sa famille infectée… Il se lance à la recherche de sa
sœur Brooke, qui a été enlevée par des militaires soumettant les zombies à des
expériences dont elle fera les frais…

Maintenant que n’importe quel têtard ayant reçu une caméra divX pour Noël se
mêle de tourner son film de zombie, cet import fait plutôt figure de bonne
surprise. Rien de neuf sur la mythologie zombiesque, ici « rapides »,
mais on sent le travail né de la passion plus que de l’exploitation cynique. Si
la réalisation est purement « petit budget » malgré quelques jolis
plans, l’interprétation est plus qu’à la hauteur et surtout, le film témoigne
d’une vraie énergie qui fait qu’il est impossible de s’ennuyer, même si les
références à « Mad Max » tiennent plus de l’origine du tout que d’une
influence directe (la plupart des récits de zombie étant des travelogues).
Quelques idées bien frappadingues — le souffle des zombies servant de
carburant… — et des touches d’humour réussies pimentent le tout jusqu’à une fin
ouverte où Brooke métamorphosée finit par commander mentalement aux
zombies ! Et inutile de dire que le sang coule à flots… On en vient
presque à attendre la suite déjà tourné. Pour une fois, même le making-of en
forme de journal est intéressant et très drôle tout en donnant une idée de ce
qu’est un tournage semi-amateur. Par contre, le résultat a nettement partagé
les spectateurs. A vous de voir…




Saw 7 : Chapitre final



Canada   Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Saw 3D Metropolitan 2010 Kevin Greutert, avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Cary Elwes, Betsy Russell, Sean Patrick Flannery…



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Pendant que l’héritage du tueur au puzzle se poursuit, les survivants des
pièges entament une thérapie de groupe pendant qu’un autre fait fortune en
racontant ses mémoires. Mais Hoffmann continue son œuvre…

.
Ce scénario combinant tant bien que mal les deux épisodes prévus pour conclure
la série (décision prise après les maigres résultats de l’épilogue précédent,
ce qui n’a rien à voir avec une quelconque option artistique) souffre du
syndrôle « Lost » : après avoir empilé des rebondissements de
plus en plus absurdes au cours des opus précédents, il ne reste plus qu’à en
rajouter une louche dans l’espoir que personne ne s’aperçoive que rien n’est
vraiment résolu. A ce stade, il est vrai qu’à moins d’avoir épluché chaque film
avec un stylo et un crayon en main, plus personne ne sait qui est qui et qui
tue qui, ce qui fait que des personnages-clé peuvent disparaître ou
réapparaître sans crier gare… Alors bien sûr, les pièges sont là et ce film est
peut-être un des plus sanglants jamais tourné, mais leur raison d’être s’est
perdue en chemin : il n’est plus question de morale (on tue innocents et
coupables de la même façon) et leurs victimes n’ont plus aucun moyen d’y
échapper, ce qui contredit le point de départ de la série. Le tout filmé avec
un sadisme évident histoire de flatter les bas instincts du spectateur avec la
3D, dernier schmürtz en date censé obliger le spectateur à ouvrir
Pavlovesquement son porte-monnaie… Lorsque l’ensemble se conclut sur une queue
de poisson, il ne reste guère le goût amer du nihilisme et de l’exploitation la
plus vile. Et bien sûr, Lionsgate se réserve le droit de continuer au cas où
l’appel du billet vert soit trop fort ! Reste à savoir dans combien d’années
ils « relanceront la franchise » par un remake du premier…




Sea Beast



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Troglodyte/Sea Beast Zylo 2008 Paul Ziller, avec Corin Nemec, Miriam McDonald, Daniel Wisler, Camille Sullivan…



.
La mort d’un marin durant une tempête n’est qu’un début : une communauté
de pêcheurs est attaquée par un monstre amphibie et sa progéniture…

.
La daube du sci-fi channel de plus ? Si celle-ci a bien toutes les
caractéristiques, avec un scénario fait par ordinateur, un monstre en CGI
pourri (et un bateau en CGI encore plus immonde lors du prologue),
l’obligatoire explosion finale et des situations éculées, celui-ci est signé
Paul Ziller, qui au moins, sait faire avancer le peu d’intrigue qu’il y a et
rend quelques scènes moyennement prenantes. Au moins, on s’est cassé le tronc
pour obtenir une créature intéréssante qui, pour une fois, n’est pas
périphérique au récit : langue préhensile, crachant un venin toxique
paralysant ses proies, avec une capacité à se rendre invisible, à la Predator,
rajoutée pour faire joli ; et convoquer sa progéniture permet de varier
les scènes d’agression. L’ennui, c’est que son origine n’est même pas
évoquée ! Principaux défaut, le tout se traîne un peu vers la fin
prévisible et, si l’interprétation est correcte pour une prod’ Sci-fi, Miriam
McDonald semble plus chercher à constamment mettre en valeur son meilleur
profil que jouer… Selon sa bonne habitude, Zylo s’est contenté de reprendre un
transfert TV, baptisé « Carnage en haute mer » (alors que les
agressions sont majoritairement à terre…), en vf et sans supplément, ce qui
rend l’achat inutile et la location dispensable…




Septième lune



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Seventh Moon Opening 2008 Eduardo Sanchez, avec Amy Smart, Tim Chiou, Dennis Chan…



.
Melissa et Yul sont en voyage de noces en Chine lors de la Fête des Morts. Au
cours d’une nuit où les démons sont libérés, ils découvriront vite que les
légendes sont tenaces…

.
Après l’intéressant « Altered », le retour de Sanchez au film
d’horreur pouvait allécher, et le début fait illusion en donnant un poil plus
de corps aux personnages que d’habitude. L’ennui, c’est que le choix d’une
caméra portée et, donc, constamment en mouvement — même dans des plans fixes —
avec des cadrages serrés fait un peu vieillot tant les films d’horreur fauchés
en ont abusé depuis… « Le projet Blair Witch » (ou au moins, ce choix
était justifié). Ensuite, l’histoire — dont il vaut mieux en révéler le moins
possible — est d’une simplicité confondante et se résume en deux phrases :
du coup, faute de personnages, le suspense patine un peu et on a vite une
impression de déjà vu, voire de redite, et ce n’est pas une séquence de rêve
maladroite qui relèvera le niveau. Quand aux créatures, la jaquette vend la
mèche : elles n’ont rien de vraiment terrifiant et plus d’un passage
semble pompé sur « The Descent » (et les « démons » ne
semblant pas avoir plus de capacités de survie que les créatures de Neil
Marshall, passant constamment sous le nez des protagonistes sans les voir ni
les sentir !) La mythologie potentiellement intéressante de ces mêmes créatures
n’est d’ailleurs pas vraiment expliquée, pas plus que le retournement qui ouvre
le troisième acte. Reste une ou deux scènes angoissantes, mais l’ensemble sent
trop le déjà vu…




Shuttle



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Pathé ! 2008 Edward Anderson, avec Tony Curran, Peyton List, Cameron Goodman, Cullen Douglas…



. Jules
et Mel rentrent de vacances, mais se retrouvent coincées à l’aéroport… leur seul
secours, prendre navette en compagnie d’autres naufragés. Mais il apparaît vite
que son conducteur a de sinistres intentions…

.
Curieux film, qui compense une intrigue au cheminement psychologique plus
soigné que la moyenne… mais affligé d’énormes invraisemblances visant à
justifier ledit cheminement de façon artificielle lorsque les éléments
finissent par s’assembler. Il faut bien du talent à l’interprétation, résolument
supérieure à la moyenne, pour empêcher le métrage de sombrer : les « courses »
que le mystérieux conducteur fait effectuer à ses protagonistes semblent là
pour rallonger le métrage (et un développement relatif à une caissière prévenue
par langage des signes nest oublié en cours de route, bien qu'elle ait appelé la police), le twist à mi-chemin est
prévisible et l’ensemble est bien trop long, s’effondrant vers une dernière
partie où le méchant devient aussi increvable qu’un Jason. La conclusion est d’une
certaine logique perverse, mais ne laisse rien d’autre que le goût amer du
nihilisme. Résultat, s’il n’est pas mauvais (On est loin d’un immondice
genre « Five cross the eyes »), ce film n’est pas vraiment recommandable,
n’étant ni vraiment malsain ni distrayant, et gâche ses quelques bonnes idées
en retombant dans les clichés du genre. Dommage… « Un classique instantané »,
qu’ils disent.




Sinister 2



Etats-Unis d'Amérique   Royaume-Uni  
Note : 0/5


Wild Side 2015 Ciaran Foy, avec James Ransone, Shannyn Sossanon, Robert Sloan, Dartanian Sloan…



Fuyant un mari abusif, Courtney Collins s’installe avec ses deux fils jumeaux
dans une nouvelle maison située à côté d’une église où fut commis un massacre.
L’adjoint ayant survécu au premier film est sur la trace du démon Bughuul,
tentant de mettre fin au cycle des meurtres. Et les deux jumeaux commencent à
parler à des enfants fantômes voulant leur montrer certains films…

Ethan Hawkes portait le premier film sur ses épaules, montrant bien l’isolement
et l’aliénation de son personnage, La réalisation de Scott Derrickson savait
renforcer cette thématique par des cadrages soignés et une bonne dose
d’atmosphère (mais en abusant des sursauts faciles) et l’intrigue en forme
d’enquête policière révélait peu à peu la dimension surnaturelle des meurtres
en montrant très peu son croque-mitaine. On serait bien en peine de trouver
toutes ces qualités dans cet opus reponpant les « enfants du Maïs »
de Stephen King et sa peu inspirée adaptation cinématographique de Fritz
Kiersch (et ses suites)… Pas un seul des personnages n’est assez fort pour
porter le film, l’histoire de mari abusif semble plaquée pour donner un enjeu
arbitraire, Bughuul n’est qu’un spectre générique apparaissant dès qu’il faut
pimenter l’affaire — quitte à repomper au plan près des scènes du premier opus
— le gimmick des films est sans surprise… Et que dire d’un personnage inséré au
pied de biche dans le métrage pour débiter une exposition pas forcément
utile ? On n’aurait affaire qu’à un hou-fais-moi-peur générique en diable
si le tout ne s’effondrait pas après un twist facile, prélude à une fin
grotesque sans grandes surprises. Bien que ce machin bon marché (10 millions de
dollars) ait bien rapporté, un 3, originellement annoncé pour 2017, semble être
passé aux oubliettes.




Stage Fright



Canada  
Note : 1/5


M6 2014 Jérôme Sable, avec Allie MacDonald, Douglas Smith, Minnie Driver, Meat Loaf…



Il y a dix ans, Cassandra a vu sa cantatrice de mère assassinée par un inconnu…
Aujourd’hui, son père dirige un camp de vacances pour apprentis acteurs et
chanteurs. Mais un tueur détestant la chansonnette va troubler la production…

Il fallait bien qu’un jour, quelqu’un eut l’idée d’un slasher sous forme de
comédie musicale… Pour son premier long, le français Sable s’en tire
honorablement, lea production faisant plus riche qu’elle de doit l’être.
L’ennui, c’est que le tout, hormis son gimmick, semble résigné à n’être qu’un
slasher de plus égrénant les clichés et les citations gratuites (celle à
« Carrie » ressemble à un désir tardif de prouver ses crédits geek et
tombe comme un cheveu dans la soupe). Le tout avait un certain potentiel de
comédie qui reste en surface : l’idée d’un tueur heavy metal avec la voix
de castrat d’un groupe à deux balles des années 80 n’est quasiment pas
exploitée et il ne frappe guère que dans le dernier tiers du métrage. Du coup,
on remarque surtout que Sable scénariste a dû se repasser « Bloody
Bird » (reprenant même son titre américain — mais le film serait un remake
non officiel) et « Terreur à l’opéra »… En beaucoup, beaucoup plus
sage. Dommage…




Storage 24



Royaume-Uni  
Note : 0/5


BAC 2012 Johannes Roberts, avec Noel Clarke, Davie Fairbanks, Colin O’Donoghue…



Un avion tombe sur Londres et libère son contenu, qui s’empresse de se cacher
dans une unité de rangement souterraine. Un petit groupe s’y retrouve pris au
piège, et le massacre peut commencer…

On ne peut que se réjouir du grand retour du cinéma horrifique britannique…
mais regretter que ses productions sortent rarement du tout-venant. La présence
de Noel Clarke, sympathique acteur déjà vu dans le croquignolet
« Doghouse », donnait un peu d’espoir, mais on a l’impression que
Noel Clarke scénariste et producteur a vampé Noel Clarke acteur dans sa volonté
de se donner le beau rôle. Or dans le rôle de l’amoureux éconduit, il tombe
vite dans des enjeux de sitcom là où un poil d’humour à la « Shaun of the
dead » aurait allégé la sauce. Mais non, et on se retrouve avec ENCORE un
film de couloirs basique, ponctué de travellings hasardeux et de caméra
hystérique, un sous-« Alien » qui semble ignorer vingt ans de cinéma
tant il use des effets les plus éculés. Le monstre lui-même ressemble aux
zillions dee bébêtes génériques qui l’ont précédé et semble tuer parce que
c’est ce que fait tout extraterrestre lâché dans un espace clos est censé
faire. De plus, sa fin est particulièrement nullarde jusqu’à un gag final qu’on
voit venir depuis l’espace (c’est le cas de le dire !) Incroyable mais
vrai, cet effort laborieux semblant conçu pour aider les insomniaques à trouver
le sommeil en fin de soirée du syfy channel a réussi à se dégoter une
distribution en salles dans certains pays !




Sweet home



Espagne   Pologne  
Note : 2/5


WildSide 2015 Rafa Martinez, avec Ingrid Garcia Jonsson, Bruno Sevilla, Oriol Tarrida Homedes…



En Espagne, lorsqu’il s’agit d’expulser des
personnes âgées pour rénover les appartements pour les vendre à prix d’or, les
évictions ne sont pas toujours éthiques… C’est ce que va découvrir l'agente immobilière Alicia
lorsqu’elle invite son fiancé Simon dans un immeuble presque abandonné pour
fêter son anniversaire. Mais ils découvrent vite que des tueurs se sont
infiltrés dans le bâtiment pour tuer son ultime locataire…



Un premier film qui, dès le carton d’origine,
s’ancre dans une certaine réalité sociale, à la façon du Honk Kongais
« Dream Home » pas si éloigné. Mais là, on est plutôt dans
l’hommage : dans le making-of, le réalisateur dit avoir fait un mélange de
tout ce qu’il aimait. Peut-être est-ce pour cela que ce huis-clos est prévisible
en diable ? Il plane sur le tout l’influence nette de Fincher et même
d’Argento. Même l’apparition d’un « liquidateur » muet évoque celui
de « Nikita », et une scène est directement copiée sur le Besson !
A défaut d’originalité, l’efficacité est-elle là ? En partie : comme
les personnages sont à peine esquissés, l’empathie a du mal à se faire,
d’autant que le personnage de Simon est falot en diable, et les sautes pas
toujours justifiées de l’Espagnol à l’Anglais deviennent vite irritantes. De
plus, le tout se base tout de même sur des hasards et des comportements de
personnages de cinéma (pour des gens devant se cacher, les protagonistes sont
bien bruyants…) Mais Jonsson est convaincante, l’ambiance de cette vieille
demeure tout en ombres est bien décrite, quelques plans sont saisissants et si
le suspense est sporadique, le finale offre de bons moments. A boire et à
manger donc, mais c’est un début plutôt prometteur pour le réalisateur. Tarrida
Homedes, le monstrueux nettoyeur, est surtout un spécialiste en effets
spéciaux !




SXtape



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


eOne 2013 Bernard Rose, avec Caitlyn Foley, Chris Coy, Julie Marcus…



Apprenti cinéaste, Ian veut faire un film sur Jill, sa petite amie et peintre.
Mais lorsqu’ils s’introduisent dans un hôpital désaffecté dans le but d’y faire
une expo, ils découvrent vite qu’ils ne sont pas seuls…

Le réalisateur de « Candyman » est tombé bien bas… Ce « film
retrouvé » s’ingénie à reprendre les pires travers du genre. Si Caitlin
Foley est pétillante à souhait, son personnage est creux et dès que le film
bascule dans l’angoisse (dire si elle est de nature surnaturelle ou non serait
déflorer, bien que le tout ne soit pas très clair sur ce point), son personnage
devient de plus en plus erratique, quand aux autres (rares) intervenants, ils
sont de la chair à slasher… Dès l’intro, on sait qui va s’en sortir, histoire
de tuer le peu de suspense possible, certaines scènes s’inspirent directement
de « Rec », le décor d’hôpital désert sent le déjà-vu tant il fut
utilisé (« Death Tunnel »), des effets visuels et sonores
contredisent l’aspect « film retrouvé », on balance des idées éparses
sans jamais les mener à leur terme, et les dernières minutes donnent dans le grand
n’importe quoi comme si les créateurs de ce machin avaient réalisé qu’ils
avaient raté toutes les possibilités du sujet. Quand à l’érotisme promis, il se
limite à une scène de nu. Vu le budget réduit (600 000 dollars), on imagine
qu’il y aura toujours assez de gogos attirés par les références à
« Candyman » et « Paranormal Activity » pour rendre ce
machin rentable… lui et les zillions d’autres qui encombrent les étals !




Sœurs de sang



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Sorority Row M6 2009 Stewart Hendler, avec Briana Evigan, Rumer Willis, Leah Pipe, Jamie Chung, Margo Harschman, Matt O’Leary, Carrie Fisher…



.
Durant une fête estudiantine, les membres de Theta-Pi, une sororité de campus,
tentent de jouer un mauvais tour à un « frat boy », Garrett… jeu qui
tourne mal et provoque la mort d’une d’entre elles, Megan. Tous jurent de
garder le secret. Un an plus tard, Garrett a fini en hopital psychiatrique et
les sœurs préparent la fête de fin d’année… lorsque débarque la sœur de
Megan ! Qui pis est, les coupables commencent à recevoir des textos de Megan.
Est-elle de retour ou quelqu’un cherche-t-il à la venger ?

.
Ce remake de « House on Sorority Row », un slasher intéressant des
années 80, se contente du titre, puisque l’intrigue est différente… et
s’inspire plutôt de  « Souviens-toi l’été dernier » !
L’ensemble empreinte crânement tous les clichés du slasher, comme le proclament
les scénaristes dans les interviews bonus : secret, tueur masqué avec une
arme pittoresque customisée (que je vous laisse découvrir…), fausses pistes…
quant à la révélation, elle est à la fois évidente et d’une absurdité
flagrante. La différence par rapport à la drouille à vidéo-club de base, c’est
que le film se pose en satire sociale sur ces phénomènes estudiantins qui nous
paraissent bien abscons de l’autre côté de l’Atlantique : dans ce monde où
seule Carrie Fisher en prof teigneuse représente un monde adulte un rien positif, les
ados présentés sont des oisifs friqués, quasi-uniformément égoïstes, vains,
calculateurs (L’une d’entre elle cherchant à épouser un fils de sénateur dûment
remise en place par papa…), ivrognes, obsédés sexuels et cyniques en diable (à
part le personnage d’oie blanche de Rumer Willis… fille de Bruce Willis et Demi
Moore !). Bref, un vrai bonheur de misanthrope ! Du coup, cela en
fait un film qu’il est facile de haïr, pour peu qu’on rechigne à passer une
heure et demie avec des personnages si peu recommandables. Mais malgré un ou
deux passages croustillants, la satire sociale s’efface vite devant les figures
imposées du genre. Par contre, si la réalisation fait très MTV, l’ensemble
bouge plutôt vite, propose quelques idées (du bon usage d’une soirée-mousse
dans le slasher…) et s’avère presque sympathique dans son obstination à offrir
à l’amateur ce qu’il veut, y compris du sang, de l’humour et un érotisme
régressif en diable (on est loin de l’horreur exsangue actuelle, genre
« Black Christmas »…) L’amateur du genre peut y jeter un œil, de
préférence avec des potes et quelques bières ; les autres peuvent passer
leur chemin. Malgré son budget limité, le film s’est planté, d’où sa sortie en
direct-vidéo chez nous. Comme quoi on ne gagne pas à tous les coups…




Territoires



Canada   France  
Note : 4/5


Territories M6 2010 Olivier Abbou, avec Cristina Rosato, Michael Mando, Roc La Fortune, Stephen Shellen, Michael Mando, Nicole Leroux…



Cinq amis de retour d’un mariage sont arrêtés en pleine nuit par deux douaniers
agressifs… Mais l’affaire tourne mal, et ils se retrouvent encagés et soumis à
deux matons qui veulent voir en eux des terroristes…

Un torture-porn de plus ? Malgré un pitch assez semblables aux
innombrables sous-« Hostel », ce premier film s’avère une bonne
surprise. Plutôt que du sang et de la tripaille, le premier tiers pose des
personnages qui ne donnent pas dans le cliché « djeunz » ; du
coup, on se place tout naturellement de leur côté face à une torture autant
psychologique que physique, d’autant que l’interprétation est largement à la
hauteur. Le deuxième tiers s’avère malin en utilisant la psychologie des
bourreaux, anciens tortionnaires de Guantanamo aliénés par un monde qu’ils ne
comprennent pas et qui ne font que reproduire les schémas acquis en victimisant
à leur tour… parce qu’ils ne savent rien faire d’autres ! Plus que des
hommages lourdingues, c’est la moelle de « Massacre à la
Tronçonneuse » et ses bouchers au chômage que touche le film. Le troisième
tiers échappe une fois de plus aux sentiers battus en introduisant un personnage
de privé déglingué enquêtant sur leur disparition (incroyable Stephen
Shellen) ; une rupture de ton audacieuse qui a aliéné quelques spectateurs
croyant être projetés dans un autre film, mais qui témoigne de la même
noirceur, quoique teinté de poésie, que le reste jusqu’à une fin glaçante et
sans concessions. Et dire que tout ceci est tiré d’un fait divers passé
inaperçu ! Reste un premier long qui se permet des sautes narratives
inattendues, mais au moins, a le courage de sortir des sentiers battus et
d’offrir une véritable métaphore politique (au sens large) typique du survival
et une vraie personnalité. Qu’il y soit parvenu ou pas est une question de
sensibilité. Inutile de dire que la sortie cinéma fut particulièrement sabotée,
au point qu’on se demande pourquoi les distributeurs ne sautent pas le pas du
direct-DVD… Pour faire monter les tarifs de diffusion télévisuelle ?




The Crazies



Etats-Unis d'Amérique   Emirats Arabes Unis  
Note : 2/5


M6 2010 Breck Eisner, avec Timothy Oliphant, Radha Mitchell, Joe Anderson…



.
La folie s’empare des habitants de la petite ville d’Ogden Marsh lorsqu’un
accident d’avion libère un virus expérimental…

.
On attendait pas grand-chose d’un remake par le grand poète qui nous as donné
l’immonde « Sahara »… même si, il faut l’admettre, le film de Romero
a pris un sacré coup de vieux. Le principal problème de « The
crazies » vient de son timing : c’est un film d’infectés, variante du
film de zombie (la principale différence étant que lesdits infectés ne sont pas
cannibales, sinon, ça ne saute pas aux yeux, quoi qu’en disent les créateurs),
fait de façon beaucoup plus compétente que d’autres, mais qui vient après la
bataille, alors que moulte tétards incompétents aient tiré le genre vers le
bas. Résultat, malgré le gimmick de rendre les militaires plus dangereux que
les infectés (hormis une scène qui semble exister uniquement pouréviter
l’accusation d’antimilitarisme, ce qui n’est guère idéologiquement fidèle à l’original)
on reste constamment en terrain connu et les quelques défauts du film —
notamment un peu trop de moments où nos protagonistes sont sauvés à la dernière
seconde — apparaissent d’autant plus évidents. Par contre, on profitera à fond
de ce qui manque aux têtards incompétents précités : une vraie direction
artistique qui, associée à des cadrages somptueux, donne une beauté fuligineuse
à certaines scènes, compensant un côté volontairement froid très années 70.
Quand aux quelques explosions de violence, elles sont d’une brutalité rare dans
une production commerciale. On regrettera juste une fin un peu trop prévisible
tentant de céder aux sirènes du happy-end. Résultat, un film plutôt réussi,
quoique un poil trop consensuel vu son modèle, dans un genre désormais fatigué.
S’il était sorti quelques années plus tôt, son impact eut été amplifié ;
ce qui ne l’a pas empêché d’être une réussite commerciale. Comme quoi, parfois,
la compétence paye…




The Dead



Royaume-Uni  
Note : 2/5


Aventi 2010 The Ford Brothers, avec Rob Freeman, Prince David Osela, David Dontoh…



L’Afrique de l’Ouest est envahie par les morts vivants… pour survivre, le
lieutenant Brian Murphy devra s’allier à un militaire local en quête de son
fils…

Un film qui a bénéficié d’un buzz favorable bien orchestré suite au passage en
festival, notamment en jouant de conditions de tournages pénibles pour s’attirer
la sympathie du chaland, et de bonnes critiques… Mais au final, seul son décor
témoigne d’une quelconque originalité : les zombies viennent tout droit de
Romero, titubant sans but — mais avec des verres de contact un peu, hem, trop —
et comptant uniquement sur leur nombre. Et quel nombre ! Ils sont
omniprésents et le film devient une fuite en avant où chaque arrêt devient une
gageure. La narration elle-même s’avère vite cahotique : après une
première agression reprenant le pire de la caméra-Parkinson, le scénario est
une épure picaresque se contentant d’accumuler des évènements, parfois
inutiles, sans véritables tension, le tout filmé en caméra divX assez évidente.
Par contre, le sang coule à flot et certaines scènes-choc sont effectivement
réussies. Mais… il faut composer avec une interprétation approximative où l’on
embauche un second couteau ricain comme aux grandes heures du bis italien
(parce qu’on ne va tout de même pas prendre un Africain comme protagoniste,
tout de même) environnés d’acteurs douloureusement non professionnels anônnant
leurs heureusement rares textes. Le tout se termine sur la métaphore nihiliste
habituelle au genre, qui exclut tout happy-end. C’est un peu mince, mais
maintenant que n’importe quel têtard doté d’une caméra tourne son film de
zombies…




The Green Inferno



Etats-Unis d'Amérique   Chili  
Note : 2/5


Wild Bunch 2013 Eli Roth, avec Lorenza Izzo, Ariel Levy, Daryl Sabara, Kirby Bliss Blanton…



Un groupe d’activistes partis sauver une tribu amazonienne de la déforestation
se retrouve captifs de cannibales après un accident d’avion…

Au moins, après les deux ans où cette production resta sans distributeur, le
marketing joua à fond, parlant de spectateurs s’évanouissant, d’expérience
extrême, etc. Se voulant un hommage aux films de cannibales italiens listés au
générique, le tout a l’avantage d’être tourné au Pérou avec de véritables
tribus locales (qui ignoraient ce qu’était un film, s’il faut en croire la
production) également remerciées au générique, ce qui colle mal avec
l’exacerbation du racisme inhérent au genre… En ces temps de « films retrouvés »
minables, on aurait aimé voir cette production en salles, tant les valeurs de
production indiquent qu’elle fut tournée pour ce médium ! Cela dit, on
peut également regretter le côté craspec du bis italien que nul n’a jamais su
émuler. Le film sera peut-être une expérience extrême pour le public actuel
habitué à l’horreur exsangue, mais les connaisseurs admettront que si le tout
donne aux amateurs ce qu’ils veulent, il ne dévie guère d’un schéma très
balisé. Pire, l’exagération de certaines scènes finit par tourner à la comédie
d’humour noir (l’idée de coller un paquet d’herbe dans un cadavre pour mettre
K.O. tout le village semble venir d’un abus de ladite
herbe-qui-fait-rire !), ce qui contraste avec la dureté de certaines
scènes. Roth retombe parfois dans son côté potache visant à draguer les
amateurs d’ « American Pie », mais la conclusion donne dans le
n’importe quoi avec le revirement non expliqué d’un personnage et un coda en
appellant à une improbable suite. Et puis, c’est bien de rendre hommage au
passé, mais qui filmera le « Cannibal Holocaust » d’aujourd’hui ?




The Jungle



Australie  
Note : 0/5


Wild side 2013 Andrew Traucki, avec Rupert Reind, Igusti Budianthika, Agoes Widjaya Soedjarwo…



L’écologiste Larry Black se rend dans la jungle d’indonésie dans l’espoir de
filmer une panthère de Java rare pour déclencher sa conservation. Mais quelque
chose d’autre rôde dans cette jungle…

L’Australie se met au documenteur… Celui-ci repompe évidemment le « Projet
Blair Witch », en ce que les fétiches découverts par les protagonistes
sont censés faire monter le suspense… Sauf que « Blair Witch »,
c’était il y a quinze ans et que les séances de tournage nocturne évoqueront
plutôt les émissions de téléréalité surnaturelle tard le soir sur Syfy. Inutile
de dire qu’on s’ennuie ferme jusqu’à l’inévitable conclusion aussi abrupte et
frustrante qu’arbitraire. Un sérieux prétendant à la palme du plus mauvais film
du genre avec… Beaucoup d’autres !




The Mirror



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


Oculus TF1 2013 Mike Flanagan, avec Karen Gillan, Brenton Thwaites, Katee Sackhoff, Rory Cochrane, Annalise Basso, Garret Ryan, Miguel Sandoval…



Il y a des années, les parents de Kaylie et Tim Russell sont devenus fous :
leur père a tué sa mère, obligeant Tim à l’abattre pour sauver sa vie et celle
de sa sœur. Des années plus tard, lorsque Tim sort de l’asile, Kaylie est là
pour l’attendre. Elle est persuadée que tout ce qui s’est passé tient de
l’influence maléfique d’un miroir qui, tout au long de son existence, a laissé
un sillage de meurtres et de morts étranges. Aujourd’hui, elle entend bien
prouver l’innocence de ses parents de façon scientifique…

Un petit budget qui tient moins d’un « Paranormal activity » que d’un
« Sinister » : tout comme le film de Scott Derickson, il réussit
à être plus distrayant qu’il ne devrait l’être malgré ses défauts. Loin d’un
cynique « Annabelle », on sent que les créateurs ont soigné leur
film, nettement sous influence des fantômes japonais (ces cadrages…), et la
préparation du personnage de Kaylie et sa préparation intensive à l’historique
du miroir intéresse — sans oublier l’éternelle ambivalence entre explication
rationnelle (la descente dans la folie des parents est glaçante) ou surnaturel,
même si on se doute que cette dernière explication sera favorisée. L’interprétation
est à la hauteur, mais si malgré son découpage en deux époques, le film se perd
vers son troisième tiers à force d’apparitions arbitraires dignes d’un
hou-fait-moi-peur facile jusqu’à une conclusion passablement décevante. Mérite
néanmoins une vision.




Wolf Creek 2



Australie  
Note : 2/5


Factoris 2013 Greg McLean, avec John Jarratt, Ryan Corr, Shannon Ashlyn…



 Mich Taylor, le chasseur psychopathe, hante toujours les alentours de Wolf
Creek. Deux touristes allemands vont en faire les frais…

Curieuse idée de faire un deuxième opus huit ans après l’original… En fait,
s’il n’est pas qu’un vulgaire remake du premier, le tout suit la règle des
suites : plus de sang, plus de victimes. En fait, on a l’impression que
McLean bâtit son film autour d’une succession de clins d’œil tout en ménageant
assez de surprises pour étonner : le prologue évoque une scène de
« Mad Max » (beaucoup de cadrages font penser à Georges Miller et son
sens des grands espaces), la poursuite mêle « Duel » et « Hitcher »,
voire « Razorback », pour tomber résolument dans « Massacre à la
tronçonneuse » lors du dernier tiers, avec une découverte macabre de
l’antre du tueur qui étire un peu la crédibilité (contrairement au premier opus)
jusqu’à un finale doux-amer assez étrange. Les valeurs de production de ce film
de cinéma sont là, Jarratt compose certainement un des tueurs les plus ignobles
depuis « Killer inside me » (impossible de lui trouver la moindre
qualité rédemptrice ni de ressentir la moindre empathie), la réalisation est
aérée, les scènes sanglantes assez extrêmes, mais le tout souffre d’un rythme
inégal, certains passages étant un peu trop étirés. Et ça sent tout de même le
déjà vu, mais pas forcément en mieux… En ce sens, ce film a tout à fait sa place
en DVD, à défaut de salles obscures.




Wolfman



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


114mn Universal 2010 Joe Johnston, avec Benicio Del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, Hugo Weaving, Art Malik…



.
L’acteur Shakespearien Lawrence Talbot rentre chez son père suite au meurtre de
son propre frère éloigné… Or celui-ci a été déchiqueté par une créature hantant
les bois. Les Gitans du coin sont-ils vraiment responsables, ou la réalité
est-elle plus incroyable encore ?

.
Un projet de remake du film de 1941 maudit, qui passa par plusieurs réalisateurs et, après
moult remontages, reprogrammages et tripatouillages divers, tituba vers les
salles alors que le public, sachant que le DVD contiendrait la version
définitive, ne se déplaça pas en masse. Ce qui reste de ce gros fromage est une
accumulation de scène qui semblent faites pour qu’il n’y ait aucun attachement
émotionnel du spectateur, tout étant tourné sur le même ton, avec une direction
artistique peu inspirée et un jeu d’acteurs passablement détaché, comme si les
vedettes elles-mêmes faisaient leur boulot en attendant de passer à autre chose
(seul Hugo Weaving tire son épingle du jeu), ce qui fait que l’aspect
romantique est particulièrement loup-é. Le résultat évoque un mix entre le
« Dracula » de Coppola et « Van Helsing » avec une
production ressemblant au XIXe de « Sherlock Holmes » (qui, lui,
avait au moins de bons numéros d’acteurs pour égayer un scénario aux abonnés
absents) plus un contexte Freudien bateau qui rappelle le « Hulk »
d’Ang Lee. Quelques retournements inattendus à mi-chemin, après une exposition
interminable, sont vite oubliés pour revenir au scénario basique que tout le
monde connaît plus ou moins. Du coup, le combat final est particulièrement peu
engageant… De même, les maquillages passent de « prises réelles »
signées Rick Baker, ce qui est une bonne chose… à des CGI très visible semblant
venir de « Underworld » (le loup courant dans les bois semble n’avoir
aucune masse…) ; et pourquoi une telle complaisance sanglante dans un film
a priori grand public ? Résultat, un film-patchwork dont on se demande si
on l’a vraiment vu…




Zombie War



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Zombie Wars/War of the living dead Elephant 2006 David A. Prior, avec Adam Stuart, Alissa Kœnig, Kristi Renee Pearce, Jim Marlow (Jim Hazelton), Jonathan Badeem…



. 50 ans après une invasion de zombies, ceux-ci ont développé
assez d’intelligence pour élever des humains destinés à leur servir de
nourriture. Un groupe de soldats tente de survivre… mais ils vont découvrir la
réalité de ces « élevages ».

. Durant le boom du direct-vidéo des années 90, David
A. Prior et son frère Ted, via leur compagnie AIP, ont inondé le marché de
films d’action ultra-militaristes ; après un hiatus de dix ans, les voilà
embarqués dans un film de zombies ultra-militariste. Il suffit de remplacer les morts-vivants par de méchants métèques (leurs productions étant souvent ouvertement
racistes ou au minimum d’une xénophobie sans faille) et on ne verra guère la
différence. Personne n’a vraiment pris la peine de développer l’univers en
question (L’idée de zombis intelligents, pourquoi pas, mais à moment donné, on affirme qu’ils dévorent jusqu’à six humains par jour… sauf qu’on se
demande d’où ils les sortent vu la taille de la « ferme » qui doit
contenir une douzaine de sujets en tout !), l’ensemble étale des dialogues
fastidieux ponctués de frime macho (on ne peut descendre un zombie sans sortir
une réplique à la Schwarzy qui a vingt ans de retard) entre deux massacres,
quelques petites idées sont gâchées et, même à 1h15, on s’ennuie ferme tant le
montage est mollasson. Et que dire de l’interprétation, en-dessous de tout même
pour un direct-vidéo (le pompon revenant à Jonathan Badeem en traître de
mélodrame qui garde le même rictus du début à la fin…) ! Le clin d’œil
bien éventé à « La nuit des morts vivants » n’est là que pour
justifier une tirade finale cocardière. Pour complétistes de zombieries…
ce film a d’ailleurs été très peu distribué, ce qui fait de l’édition Elephant
une rareté !