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Polar

  Polar

A l’aveugle



France  
Note : 1/5


Europacorp 2012 Hervé Palud, avec Jacques Gamblin, Francis Huster, Raphaëlle Agogué, Arnaud Cosson, Nicolas Pignon…



Le commandant de police Lassale est mis sur un meurtre en
apparence parfait qui sera suivi d’autres assassinats ingénieux. La piste
semble mener à Narvik, un accordeur de piano aveugle. Lassale devient vite
convaincu de sa culpabilité…

Rien de plus douloureux qu’un film qu’on voudrait aimer,
mais dont on a du mal à définir précisément ce qui sonne faux. La profession de
foi de Palud, revenu de son désastreux exil ricain, de faire un vrai film noir
populaire comme à la grande époque est louable, et on voit parfois passer l’ombre
de Delon et Melville, d’autant qu’il s’en tire plus qu’honorablement des scène
d’action lisibles, sans affèteries à la mode. Visuellement, le film est un
régal, avec des contrastes et des scènes visuellement risquées évoquant parfois
la meilleures BD. Mais, encore une fois, le scénario… D’abord, on nage dans le
cliché, avec cet inspecteur hanté par un drame (y en a-t-il d’autres ?)
affublé d’un chien envahissant et d’une adjointe amoureuse (Excellente
Raphaelle Agogué qui trascende presque une écriture poussive). Huster n’est pas
en reste, égrénant des clichés sur les aveugles à travers des dialogues trop
ampoulés pour réussir à être naturels, même avec des acteurs de ce calibre.
Quant au scénario, il introduit de bonnes idées, mais si maladroitement qu’il
réussit à être à la fois bourrin et inutilement complexe, comme si des scènes
entières étaient passées à la trappe. Reste un produit bancal, empêtré dans ses
bonnes intentions, parsemé de séquences convaincantes mais qui n’arrive pas à
emballer. Dommage…




Antigang



France  
Note : 1/5


M6 2015 Benjamin Rocher, avec Jean Reno, Alban Lenoir, Caterina Murino, Oumar Diaw…



L’équipe du super-flic Serge Buren est sur les dents après
le casse d’une bijouterie, œuvre de pros qui n’est certainement qu’un début.
Mais pourquoi avoir exécuté une cliente ? Celle-ci était-elle vraiment
innocente ?

Remake d’un film anglais n’ayant guère fait de vagues
adaptant une série téloche immémoriale inconnue chez nous. Est-ce pour cela
qu’on a l’impression de regarder un épisode de série TV ? Un grand
manitou, des méchants génériques et une de ces équipes-Benetton dont un seul
personnage est un tant soit peu développé (mais est moins à la coule que le
voudrait le scénar), sans oublier le super-chef hostile, tout y est pour
évoquer les bandes des années 80, oubliant que toutes, même à l’époque,
n’étaient pas forcément le nec plus ultra. On aurait pu en attendre un film
clichéux mais agréable genre « Les insoumis », auquel on pense plus
d’une fois, mais l’ensemble ne cesse de souffler le chaud et le froid, passant
de dialogues consternants et de personnages souvent beaufs (mais
réalistes ?) empêchant les acteurs, y compris Lenoir traité comme l’espoir
qu’il est (alors que Reno assure le minimum syndical), de briller comme ils le
pourraient. Et inutile de dire que le réalisme est malmené… Si l’ennui n’est
pas de mise, on se rattrape sur quelques scènes réussies, notamment un casse
final extrêmement pêchu et tirant le meilleur parti de son décor connu, entre
autres la bibliothèque François Miterrand, prouvant que Rocher — co-réalisateur
du jouissif « La Horde » — peut nous suprendre. Si seulement tout le
film avait été du même acabit…




Bad Lieutenant, escale à la Nouvelle Orléans



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


122mn Bad Lieutnant : Port of Call - New Orleans Metropolitan 2009 Werner Herzog, avec Nicolas Cage, Eva Mendes, Val Kilmer, Xzibit, Fairuza Balk, Brad Dourif, Tom Bower, Jennifer Coolidge…



. Terence McDonagh est nommé lieutenant de police, malgré
son addiction à la drogue et au jeu et sa relation avec une call-girl… Dans une
Nouvelle Orléans post-Katrina sinistrée, il se retrouve à enquêter sur le
meurtre de cinq immigrants Sénégalais…

. Certainement un des projets les plus démentiels de toute
la folie de remakes et suites… qui a la bonne idée d’évacuer toute référence au
premier opus (et surtout sa thématique religieuse lourdingue), la prooduction
n’ayant rajouté la référence que pour des raisons de marketing. Herzog semble
totalement assumer le côté foutraque du film truffé d’un humour noir subtil et
gère son casting de has-been (enfin, en termes « bankable »
Hollywoodien, pas de talent) avec maestria tout en montrant bel et bien une
plongée dans la folie tout à fait crédible, aidé par une très belle direction
artistique. Cage est ici surprenant, montrant de la modération là où il
pourrait partir en vrille… et parfois l’inverse, et un aspect surréaliste
imprègne le film, loin du voyeurisme du film de Ferrara (il est notable que
malgré sa descente aux enfers personnelle, McDonagh s’avère efficace dans son
métier, ce qui justifie une dernière scène ironique !) Une réussite inattendue
donc, qui prouve qu’à presque 70 ans, Herzog peut encore surprendre !
Ferrara, lui, a souhaité une mort violente à tous ceux impliqués dans ce
projet. La classe…




Blindés



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Armored Sony 2009 Nimrod Antal, avec Matt Dillon, Colombus Short, Lawrence Fishburne, Jean Reno, Skeet Ulrich, Milo Ventimiglia, Fred Ward…



. Vétéran du Golfe, Ty Hackett rejoint une compagnie de
convoyeurs de fonds ; mais il nage dans les dettes et doit élever son
petit frère, que l’assistance sociale menace de lui retirer. Or les autres
hommes de son groupe ont un plan pour voler un butin de 42 millions en
prétextant un braquage. Tout ne se passera pas comme prévu…

. Un film de casse à l’ancienne dans le milieu rarement
utilisé des convoyeurs (à l’exception de l’intéressant film de Nicolas Boukhrief)
très prometteur… dans sa première demi-heure : un polar réussi tient
principalement à ses personnages, et là, ceux-ci sont plutôt crédible avec une
bonne alchimie entre des acteurs assez burinés pour être crédibles, plus une
réalisation classique mais bien sentie. Mais tout se gâte lors du casse
proprement dit gâché par le classique grain de sable : le film commence à
virer à un énième avatar de « Reservoir Dogs » et si l’interprétation
reste bonne, les invraisemblances s’empilent jusqu’à une grande scène finale
capillotractée ; de plus, le travail effectué sur les personnages retombe
vite tant les événements contredisent la façon dont ils ont été établis. Et
puis le personnage de Ty est à la fois bien naïf et montré imperturbablement
comme un héros positif paré d’une morale supérieure, oubliant sa part de
responsabilité dans l’affaire : du coup, le happy-end fera soupirer même
les plus blasés… Décevant alors qu’Antal avait bien fait monter la sauce. Il y
avait là les prémices d’une solide série B à l’ancienne faite avec une bonne
volonté évidente, mais comme toujours, le scénario…




Braqueurs



France  
Note : 3/5


M6 2015 Julien Leclerq, avec Sami Bouajila, Guillaume Gouix, Youssef Hadji, Redouane Behache, Kahina Carina…



Yanis Zeri dirige une équipe de
braqueurs sévissant dans la région parisienne. Après avoir récupéré une
cargaison de passeports vierges, vient le grain de sable dans
l’engrenage : Amine, le jeune frère de Yanis et nouveau membre du gang,
commet l’erreur de vendre un des pistolets ayant servi au braquage — et
l’acheteur est arrêté ! Ses employeurs, des dealers de Sevran, demandent
réparation : pour éponger sa dette, Yanis et ses hommes devront braquer un
go-fast de concurrents. Mais ils se doutent bien que les dealers n’en resteront
pas là…



On attend toujours que Leclerq,
réalisateur accompli, donne un film à la hauteur des promesses déjà présentes
dans « Chrysalis »… mais une fois de plus, ce film présente le même
défaut que « Gibraltar », son précédent : un scénario pas à la
hauteur qui se contente d’être un polar-baston de série B et pourrait être
l’adaptation d’un roman de série des années 70/80 comme la collection
« Sérial Police » en usinait au kilo. La différence étant que le peu
qu’il fait, il le fait très bien : une fois passés un certain nombre de
cliché, Leclerq ménage une tension omniprésente ponctuée de scènes d’action
telles que le réalisateur sait en usiner. L’interprétation, elle, souffle le
chaud et le froid, certains seconds rôles n’étant pas tout à fait à la hauteur.
Et à 81mn, le film semble paradoxalement presque trop rapide, passant parfois
un peu trop vite d’une scène à l’autre de façon abrupte. Pour une fois qu’on
tient un vrai polar de série B sévèrement burné et généreux assumant
parfaitement son propos, loin de la médiocrité d’un « Anti-gang », on
ne va pas bouder son plaisir, mais on a une fois de plus l’impression que le
réalisateur est bridé par ses sujets. Sale affaire…




Colt 45



France   Belgique  
Note : 1/5


Warner 2014 Fabrice Du Welz avec Ymanol Perset, Gérard Lanvin, Joey Starr, Alice Taglioni, Simon Abkarian, Antoine Basler, Jo Prestia…



 Vincent Milès est un armurier et tireur d’élite qui n’a
pas l’intention de monter sur le terrain, mais travaille à un prototype de
balle surpuissante. Il tombe sur le sulfureux Milan Cardena qui tente de lui
extorquer sa découverte via une machination… Mais les balles servent par la
suite à un casse meurtrier, et le Commandant Christian Chavez, sous prétexte
d’expertise, l’entraîne dans l’affaire. Mais une guerre des polices couve
lorsque le Commandant Luc Denard, ennemi juré de Chavez, s’invite dans
l’histoire…

Un film très attendu de par son réalisateur,
doté d’un casting de rêve, d’un gros budget et d’un scénar ambitieux… Mais
au final, les rumeurs d’un tournage étiré sur deux ans suite à des désaccords,
puis le départ du réalisateur, obligeant le producteur Thomas Langmann à faire
terminer le tout par le réal-maison Frédéric Forestier, sorti à la sauvette
après avoir été ouvertement désavoué par le réalisateur ET le scénariste
débutant pour faire un bide sanglant ! Eternel conflit entre le business
et un réalisateur refusant de jouer les « yes-man » ? Comme
quoi, il n’y a pas qu’à Hollywood… 
Le résultat est une ébauche de film intéressant, certes sous influence
de l’esthétique Olivier Maréchal (mais il n’en a pas le monopole…), dont on
sent pointer les thématiques : conflit moral, obsession mortifière (celle
de Chavez voulant absolument faire tomber Denard), passage à l’âge adulte… Mais
tout ceci dans un scénario confus où les enjeux sont mal expliquées et les
scènes de liant sans trop de relief, si bien que les personnages semblent
beaucoup trop nombreux pour leur définition, d’autant que chacun semble se
contenter de faire ce qu’on attend de lui, quitte à ne jamais s’effacer devant
les personnages (on sent pourtant que le débutant Perset donne tout ce qu’il
peut, mais est trahi par le matériau de base). Le tout se terminant sur un
carnage semblant sorti d’un « Taken ». Pour une fois, on se prend à
rêver d’un remake fait correctement… On se consolera en attendant
« Alleluia », dernier film du réalisateur.




Confession of murder



Corée du Sud  
Note : 3/5


119mn Nae-ga-sal-in-beom-i-da FranceTV 2012 Jeong Byeong-gil, avec Jeong Jae-yeong, Park Shi-hoo, Choi Won-yeong…



Un jour, l’inspecteur Choi s’est vu confronter à un tueur
de jeunes femmes, affrontement qui l’a laissé défiguré… Or lorsque les crimes
atteignent leur date de prescription, Lee Du-sok s’accuse des meurtres pour
promouvoir son autobiographie qui devient un best-seller. Le jeune homme
charismatique devient le chéri des médias, mais les parents des victimes
entendent bien se venger…

Malgré son titre, il ne s’agit pas d’une suite au séminal
« Memories of murder »… Même si on y retrouve les mêmes qualités
d’immersion : dès la poursuite qui ouvre le film, on est happé par l’image
et la virtuosité du réalisateur. Shi-hoo Park campe un coupable charismatique et
doucettement odieux (bien que peut-être un peu jeune pour le rôle) et Jeong lui
donne un parfait contrepoint. Il faut bien ça pour compenser un scénario aux
artifices un peu forcés qui ne recule devant aucun excès (certaine rencontre
entre une flèche et un serpent donne le ton), collant à mi-chemin une grande
scène de poursuite hollywoodienne aussi coûteuse qu’inutile jusqu’à un
retournement de situation final certes annoncé par certaines scènes précédentes
pour le spectateur attentif, selon le principe de « Usual Suspect »,
mais tout de même bien capillotracté… Quant au portrait des grands méchants
médias, il est un peu facile. De plus, la conclusion n’en finit pas de finir et
le tout est trop long. Cela dit, vu la maîtrise générale (difficile de croire que
c’est juste le deuxième film du réalisateur !), on a envie de suspendre
son incrédulité, même si on a parfois l’impression que le tout est conçu pour
justifier un énième remake hollywoodien…




Easy money



Suède  
Note : 1/5


124mn Snabba Cash MK2 2010 Daniel Espinosa, avec Joel Kinnaman, Matias Padin, Dragomir Mrsic, Lisa Henni…



. Johan « JW » Westlund est un étudiant en
économie travaillant comme chauffeur de taxi pour gagner sa vie — mais aussi
faire croire au milieu de la haute société de Stockholm, qu’il fréquente via sa
nouvelle amie, qu’il est l’un des leurs… Son patron l’envoie chercher Jorge, un
dealer évadé, mais JW doit le sauver des mains d’un tueur. Jorge décide de
l’impliquer sur son prochain coup, une importante livraison de drogue…

. Difficile de juger ce film sans penser au roman de Jens
Lapidus, « L’argent facile » (Bien sûr, le distributeur a balancé le
titre anglais pour faire genre…), premier de sa trilogie « Stockholm
noir ». Ce roman était à la fois un portrait saisissant du crime organisé
de Stockholm et une condamnation de l’obsession du fric fou, lorsqu’il devient
une fin en soi et non un moyen. Malheureusement, le scénario s’est concentré
sur l’accessoire… Recentrant l’histoire sur le personnage de JW tout en
oubliant la motivation qui l’humanisait — la quête de sa sœur disparue, ici à
peine évoquée — le récit pert de sa force, faute de traitement sur les
personnages, et au final, s’enfonce dans un moralisme un peu facile. L’ensemble
est résolument glacial, donnant l’impression de voir s’agiter des silhouettes
indéfinies au fil de situations aléatoires sans qu’on ressente quoi que ce soit
pour leur sort (quitte à employer des artifices grossiers, comme la fille que
le caïd traîne derrière lui), le tout dans une ambiance grise un rien uniforme
ou les acteurs, tous excellents, font de leur mieux (Tant Kinnaman que Mrsic
sont impressionnants). Un décalage entre une réalisation de drame et une trame
de polar qui marcherait malgré de nombreux trous de scénario si la réalisation,
sans doute inspirée par les fameux « Pusher », multiplie les tics
maniériste avec une caméra sans cesse en mouvement et même des flous intempestifs ;
l’ennui, c’est que Nicoilas Winding Refn avait su transcender son manque de
moyens par un travail sur les personnages ici absent, d’autant que l’ensemble a
des valeurs de production de série A. 
Quelques scènes sont intéressantes (la rencontre entre JW et le
banquier), mais l’ensemble est trop long, trop disjoint et trop opportuniste
pour convaincre. Mieux vaut relire les romans…




Enfant 44



Etats-Unis d'Amérique   Royaume-Uni   Roumanie   Russie   Ex Tchécoslovaquie  
Note : 0/5


132mn Child 44 M6 2015 Daniel Espinosa, avec Tom Hardy, Noomi Rapace, Joel Kinnaman, Gary Oldman…



1953. Dans la Russie stalinienne, l’officier du MGB Leo
Demidov enquête sur une série de meurtres d’enfants alors que la ligne du parti
est que le crime n’existe pas — tout en tentant de résoudre ses problèmes avec
son épouse Raissa…

Tiré d’un best-seller, ce film rappelle la grande époque
de la propagande occidentale, lorsqu’il fallait convaincre les bons petits que
l’URSS était le MAL et les réconforter dans leur statut de citoyens du monde
libre™ forcément supérieurs. Non seulement cette propagande d’un autre âge
semble être la raison d’être du film, passant avant une intrigue très confuse,
mais elle est martelée avec la subtilité d’une frappe chrurgicale de B52 et
imprègne jusqu’à cette esthétique de grisaille toujours assimilée à l’Europe
nazie ou rouge (les vilains nazis ou communistes avaient confisqué le
soleil ?) et ou tout le monde parle anglais avec un horrible accent (en
vo). Inutile de dire que pour qui a un minimum de connaissance de l’époque (le
fait que les événements se déroulent juste après la mort réelle de Staline ne
gêne personne), le tout ne tient pas une seconde, à par peut-être l’ambiance
paranoïaque typique de l’URSS. Loin de l’enquête policière molle, on suit une
pléthore de personnages pas très intéressants tant ils sont unidimensionnels
sans le moindre véritable arc narratif à quoi se raccrocher, et en plus, le
tout se prend très au sérieux. Bref, on s’ennuie ferme jusqu’à une conclusion
virant à la guimauve, et en plus, avec cette désagréable impression d’être pris
pour des débiles à qui il faut expliquer avec arrogance que URSS = VILAIN, ce
qui est encore plus ridicule des années après la bataille. Résultat : un
échec critique et un flop retentissant au box-office. Dommage pour les bons
acteurs impliqués dans ce fiasco, dont un Vincent Cassel gâché…




Firestorm



Hong-Kong   Chine  
Note : 1/5


118mn Fung Bou HKVidéo 2013 Alan Yuen, avec Andy Lau, Lam Ka Tung, Jun Hu, Ray Lui…



L’inspecteur Lui est sur la trace de braqueurs
ultra-violents. Pour cela, il fait appel à Tou Sing Bong, récemment sorti de
prison, pour infiltrer le gang…

.l faut croire que Hong Kong cède au virus du
« c’était mieux avant », puisque ce film fut présenté comme un retour
aux grands actioners bourrins des années 90 (mais avec un gros budget, Andy Lau
oblige) Sauf que John Woo, influence évidente du tout, savait transcender des
scénarios souvent moyens… Là, une exposition particulièrement maladroite fait
qu’on a bien du mal à démêler qui et qui, et comme l’ensemble manque de
flamboyance, les morceaux de bravoure (dont un combat gratuit entre ciel et terre
évoquant Jackie Chan) font mécaniques là où certains rebondissements
potentiellement intéressants sont mal mis en relief. Le tout se clôture sur LA
grande scène finale à base de balles, de sang à la louche et d’explosions où
tout un quartier de Hong Kong est détruit sans plus de raisons que ce qui l’a
précédé. Lau joue son rôle sous-écrit de flic règlo finissant par violer les
règles pour avoir son homme bla-bla-bla et Lam Ka Tung, jusque-là cantonné aux
petits rôles, serait LA révélation du film avec un peu plus de soin apporté au
personnage. Quant au typhon balayant Hong Kong qu’on ne cesse de nous
promettre, il brille par son absence. Bof…




Hors de contrôle



Etats-Unis d'Amérique   Royaume-Uni  
Note : 2/5


Edge of Darkness Metropolitan 2010 Martin Campbell, avec Mel Gibson, Ray Winstone, Danny Huston, Bojana Novakovic, David Aaron Baker, Jay O. Sanders…



. Lorsque Emma, la fille du policier Thomas Craven, est
abattue sous ses yeux sur son perron, tout le monde en conclut que Craven était
visé. Mais Craven découvre qu’Emma, qui travaillait pour une organisation
nommée Northmoor, avait été empoisonnée. Quel lien avec la mort de trois
écologistes retrouvés noyés ? Que cache Northmoor ? Et si Emma était
bien la cible ?

. Ce polar on ne peut plus générique, tiré d’une série anglaise
des années 80 (comme « Jeux de pouvoir ») du même réalisateur, a subi
une campagne de presse le faisant plus ou moins passer pour une énième histoire
de revanche ultra-violente alors qu’il s’agit plutôt d’un polar politique plus
ou moins atmosphérique. La tonalité générale est en fait plutôt désabusée et
mélancolique, comme il sied à tout film noir : Gibson s’en tire bien en
personnage au bord de la folie et pourtant parfaitement capable, et ses
échanges avec Ray Winstone en mystérieux agent sont un régal. Du coup, les
quelques scènes « spectaculaires » font un peu arbitraires dans ce
film au rythme lent, dépourvu de musique afin de renforcer sa froideur, mais
qui souffre de trop reposer sur des clichés, notamment vers la fin, jusqu’à une
dernière image saint Sulpicienne. Un honnête polar de série donc qui n’a pas
vraiment mobilisé les foules, surtout avec ce titre Français pour le moins barbare.
Après des années de silence — c’est son premier grand rôle depuis
« Signes » — et des frasques douloureuses pour presses pipole, Gibson
jouait plus ou moins son retour et sa rédemption sur ce film…




Killshot



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


M6 2008 John Madden, avec Mickey Rourke, Joseph Gordon-Lewitt, Thomas Jane, Diane Lane, Rosario Dawson…



. Trahi après un dernier contrat avec la mafia de Toronto,
le tueur à gage indien Armand « Blackbird » Degas tombe sur Richie, un
braqueur à la petite semaine. Il le suit sur une arnaque minable visant à faire
chanter un agent immobilier, mais c’est Wayne, un ex-Marines cherchant un
emploi dans l’agence où travaille son épouse, qui fait capoter leur
plan. Le FBI s’intéresse à leur témoignage, les plaçant dans un programme de
protection. Or Blackbird a pour règle de ne pas laisser de témoins…



. Le réalisateur de « Shakespeare in Love »
adaptant Elmore Leonard, un des piliers de la Série Noire ! En fait un
projet maudit, qui passa d’un réalisateur à un autre, puis fut oublié par les
Weinstein et distribué à la sauvette… Dommage, car s’il n’y a rien de vraiment
original, cette série B est plutôt une bonne surprise, dominée bien sûr par
l’extraordinaire présence de Rourke et son visage cabossé. L’ennui, c’est que
si le récit est plutôt prenant et bien rythmé, le scénario souffre d’une
quantité d’invraisemblances flagrantes : d’abord, il est difficile de
croire que Richie, interprété avec énergie par Gordon-Lewitt, ait pu avoir une
carrière criminelle tant il semble imprudent ; ensuite, certaines scènes
ne sont pas suivies, comme une fusillade dans une station service (parce qu’il
en faut une…) aussitôt oubliée, ou le meurtre d’un indien non justifié ;
et il est difficile de croire que le FBI puisse agir de façon aussi
amateuriste… Dommage, car ce polar aux tons hivernaux ne manquait pas d’un
certain charme. La route est connue, mais peut se suivre avec plaisir…




La marque des anges – Miserere



France   Belgique  
Note : 1/5


Pathé ! 2013 Sylvain White, avec Gérard Depardieu, Joey Starr, Rüdiger Volker, Héléna Noguerra, Marthe Keller…



La découverte d’un trafic
d’enfants met l’inspecteur Frank Salek sur la trace de la Colonie, une secte
dont il fut captif dans son enfance. Il croise la route du flic à la retraite
Lionel Kasdan, qui s’intéresse au meurtre d’un écclésiastique, peut-être tué
par un des enfants dont il avait la garde…
Décidément, Grangé est bien mal servi par le cinéma…
Là, on est plus proche d’un « Les rivières pourpres 2 » que de
l’ennuyeux « Concile de Pierre » : on n’arrive pas à croire un
seul instant à une intrigue pourtant basée sur une réalité (La colonidad a
vraiment existé et on cite maladroitement les sites « noirs » de
torture d’une firme au nom assez clair de Blackstream)à la fois ultra-bourrine
et confuse tant des éléments importants sont à peine évoqués, des flashes-back
mal fagotés venant encore embrouiller le tout et une interprétation pour téléfilm
rappelant à chaque instant qu’on a affaire à des comédiens lisant leur texte
(avec des répliques parfois d’une indigence crasse) et non des personnages
crédibles. Lorsque notre exilé fiscal préféré n’a qu’à passer un couloir pour
tomber sur des méchants au moment où, tiens donc, ils exposent leur plan, la
crédibilité en prend un coup fatal. Les producteurs ont du croire qu’il
suffisait de faire appel à un américain, (avec dans son pedigree
« Souviens-toi l’été dernier 3 » et « The Losers », beau
CV), mais la réal reste ancrée dans les années 90 avec des ralentis foireux et
des effets datés. Dans le monde de ce film, tout allemand est forcément nazi,
des flics de province des ploucs et il suffit à Starr d’insulter tout le monde
pour obtenir ce qu’il veut. L’ensemble aurait plus eu sa place sur le petit
écran, et fut d’ailleurs un bide. Prochainement sur TF1, si Depardiou redevient
bankable 




Le juge



France  
Note : 1/5


180mn TF1 2005 Vincenzo Marano, avec Francis Huster, Vincent Perez, Natacha Amal, Robert Hossein, Christian Mazzuchini…



. Marseille. Un juge d’instruction cherche depuis toujours à
faire tomber Roger Marino, un caïd local. L’extradition de Claude Finat, détenu
aux Etats-Unis, peut lui donner l’occasion qu’il cherche : Finat en sait
beaucoup. Mais après une impressionnante rafle, la vie du juge est
menacée : on lui adjoint comme garde du corps Marc steiner, une vieille
connaissance…

. Du téléfilm de routine, scénarisé par le vétéran Philippe Setbon, sans beaucoup d’éclairs. Pas de
doutes, il se passe des choses, mais rien qu’on n’ait déjà vu ailleurs et,
selon la manie des téléfilms TF1, chaque personnage central semble s’ingénier à
marteler la moindre réplique alors que pourtant, les second rôles sont plus
vivants (Christian Mazzuchini est assez hallucinant !). La suggestion
d’une liaison entre Judith, la femme de juge, et Steiner ne mène nulle part et
la « surprise » finale est bien éventée. Au moins, la réalisation
évite tous les effets à la mode, mais s’avère assez plate jusqu’à une scène
finale tonitruante. Bref, du tout venant, sans rien qui insulte l’intelligence
du spectateur comparé à des « Mystère », mais sans grand-chose pour
justifier une vision, si ce n’est quelques gueules de seconds couteaux. C’est
léger…




Les anges de Boston



Etats-Unis d'Amérique   Canada  
Note : 4/5


108mn The Boondock Saints Sony 1999 Troy Duffy, avec Willem Dafoe, Sean Patrick Flannery, Norman Reedus, Billy Connoly, David Della Rocco…



. Lorsque des gangsters Russes veulent faire fermer leur bar
Irlandais préféré le jour de la Saint Patrick, les frangins Conner et Murphy
MacManus les mettent dehors. Furieux, les truands tentent de les exécuter, mais
les frères laissent deux cadavres derrière eux dans une ruelle. L’inspecteur
homosexuel flamboyant Paul Smecker, chargé de l’enquête, voit ses coupables se
rendre dans son commissariat… mais ils sont blanchis pour légitime défense. Les
frères décident alors de nettoyer la ville…

. L’histoire de ce film est quasiment aussi intéressante que
le film : Troy Duffy était un simple barman et musicien de rock tentant de
faire lire son script lorsque Harvey Weinstein, de Miramax, non seulement
l’acheta, mais lui fit un contrat de réalisateur… jusqu’à ce que Duffy
lui-même, pour des raisons d’ego, manque de faire capoter le deal après avoir
rebaptisé son groupe de rock, The Brood, « The Boondock Saints ».
Comble de malchance, le massacre de Columbine eut lieu peu avant la sortie du
film, effrayant Miramax qui ne lui donna qu’une distribution anecdotique avant
de le passer directement en vidéo. (Le docu « Overnight » est le
récit de la déchéance de Duffy) Néanmoins, il eut assez de succès pour finir
comme un film-culte mineur, justifiant une suite dix ans après ! Et c’est
certain que pour une première réalisation, quoi qu’on puisse penser de son
auteur, le résultat est impressionnant : certes, Duffy doit beaucoup à
Tarantino, voire Guy Ritchie pour l’humour et les répliques (évoquant parfois
Audiard !) et John Woo pour les cadrages… mais réussit à donner une nouvelle
fraîcheur à ses influences ! C’est sans compter un casting en apesanteur
(acteur de théâtre à la formation classique, David Della Rocco est si drôle
dans sa prestation hallucinée avec au moins une scène d’anthologie qu’il est
incroyable qu’il n’ait pas fait carrière), un rythme effrené et une utilisation
de flashes-back qui s’arrête juste au moment où elle risquait de devenir trop
systématique. Il y a à l’œuvre un souci vertigineux de trouver LE détail qui
fait mouche afin de tirer chaque scène vers le haut. Quant aux deux frères, ils
sont à la fois des bras cassés dotés d’une chance insolente et des personnages
aux fortes valeurs morales, même si, à part citer les écritures, rien ne
justifie vraiment leur croisade meurtrière. Toute cette violence (32 morts à
l’arrivée, plus un chat) filmée avec détachement pourrait finir par déranger
s’il n’était pas évident que tout ceci n’est pas à prendre trop au sérieux.
Tant mieux, car sommes toutes, la morale n’est pas loin des Bronsonneries des
années 80 : éliminer la racaille, c’est bien, avec en plus la caution plus
ou moins consciente du policier chargé de l’enquête. Malgré ces quelques
scories, cette réussite donne l’ampleur du gâchis : ce film aurait dû être
le « Reservoir Dogs » ou le « Bound » de son auteur…
Dommage.




Les anges de Boston 2 : La Toussaint



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


The Boondock Saints 2 : All Saint’s Day Sony 2009 Troy Duffy, avec Sean Patrick Flannery, Norman Reedus, Billy Connely, Clifton Collins Jr, Julie Benz…



. Les frères MacManus se sont réfugiés en Irlande dans la
ferme de leur père. Mais lorsqu’un prêtre est assassiné de façon à leur faire
porter le chapeaux, les anges reprennent du service. Or peut-être est-ce le but
du jeu ?

. Une suite dix ans après l’original qui n’aura rien pour
surprendre ceux qui ont découvert le premier film lors de sa sortie simultanée
en DVD : tout le monde reprend son rôle avec une telle facilité qu’on
dirait que les deux opus ont été tournés dos à dos. Si les frères sont toujours
aussi peu peu développés au-delà de leur propension à tirer dans le tas et
faire des sales blagues, bien que leur relation fraternelle soit crédible (ils
râlent et se querellent, mais se comprennent sans un mot et sont d’une loyauté
farouche), c’est le personnage d’Il Duce qui a droit à un développement
expliquant son historique. L’intrigue est ici assez complexe, voire peut-être
un peu trop, avec l’apparition de Collins Jr en personnage semi comique que
seule son énergie fait passer, jusqu’à une révélation finale bien vue. Sinon,
on retrouve le même mélange d’ultraviolence tempérée par l’humour que dans le
premier, même si l’effet de surprise ne joue plus (sans oublier le fait qu’avec
le recul, le premier avait dix ans d’avance !) ; et on regrettera
l’absence de David Della Rocco, uniquement présent lors de flashes-back et
d’une séquence de rêve. La conclusion surprenante est ouverte sur une
suite : pourquoi pas ?




Les Ardennes



Belgique  
Note : 3/5


D’Ardennen TF1 2016 Robin Pront, avec Kevin Janssens, Jeroen Perceval, Veerle Baetens, Jan Bijvoet, Viviane de Muynck…



Les deux frères et complices Dave
et Kenny ratent un coup fopireux et Kenny finit en prison. Quatre ans plus
tard, il est libéré sur parole, ce qui n’arrange guère Dave : il s’est mis
en ménage avec Sylvie, l’ex de Kenny, enceinte de lui. Comment lui
annoncer ? Surtout que Dave et Sylvie ne mènent plus la même vie. Le
tempérament explosif de Kenny va mener au drame…



Il y a longtemps que le cinéma
belge ne fait plus rire que les beaufs tant il témoigne d’une belle vitalité et
rencontre même parfois un grand succès, comme les films de Lucas Belvaux. Ce
film noir se déroule en deux parties distinctes : d’abord un drame
familial feutré où les enjeux sont posés, notamment par le biais de l’impossibilité
de communiquer (et on ne saura jamais ce qui a envoyé Kenny en prison, laissant
une part de mystère). Le tout est assez austère et pas fondamentalement neuf
(on pense à « Indian Runner » dans un autre registre revu par les
frères Dardenne), mais porté par une interprétation habitée, surtout pas de
quasi-inconnus chez nous. Après le drame inévitable, le tout vire au noir rural
à la « Fargo », auquel on pense plusieurs fois, dans un décor de
décharge qu’on aimerait presque voir davantage exploité. Tout ceci
excessivement maîtrisé, donnant une impression de fatum pesant sur les
personnages. Et si dans un film noir, on sait peu ou prou comment les choses
vont finir, c’est le chemin pour y arriver qui importe, passant par une
révélation inattendue et particulièrement cruelle. Pour peu qu’on accepte une
ambiance déprimante magnifiée par une photographie superbe (mais on est dans un
film noir, pas dans « Ocean’s Eleven »…), ce premier long-métrage,
qu’on espère le prélude à une longue carrière, impressionne. On comprend que le
tout ait dominé le festival du film d’Oostende avec 7 victoires et 3
nominations (mâtin !)…




Lies and crimes



Canada  
Note : 1/5


Antartic 2007 Mario Azzopardi, avec Estella Warren, James McGowan, Tamara Hope, Richard Fitzpatrick, Art Hindle…



. Eddie est un policier de la ville, son épouse Sally une
prof de maths… qui voit sa vie s’écrouler lorsqu’un intrus tue Eddie sous ses
yeux. Afin d’oublier, elle se réfugie dans une vieille ferme… et adopte le
chien d’un jeune drogué brutal, s’attirant ses foudres. Mais Eddie est soupçonné
de corruption, et le village est sous la coupe de trafiquants de drogue…

. Un téléfilm de plus, mais celui-ci est au moins réalisé de
façon compétente par un vétéran de la série TV (« Highlander », « Kung
Fu », « Stargate »…) Pour un thème pareil, la violence est limitée,
mais quelques développements inattendus maintiennent l’attention jusqu’à une « révélation
finale » qu’on voit venir à cent coudées. Le principal problème est
certainement l’ex-championne de natation Estella Warren, dont on se demande
comment elle a pu obtenir un rôle principal, ne serait-ce qu’un téléfilm… Cela
ne vaut pas une location, d’autant qu’il n’y a qu’une vo, mais s’il n’y a rien
d’autre à la TV…




L’attaque du métro 123



Etats-Unis d'Amérique   Royaume-Uni  
Note : 3/5


The Taking of Pelham 123 Sony 2009 Tony Scott, avec Denzel Washington, John Travolta, Luis Guzman, John Turturro…



. Lorsque l’agent du métro New Yorkais Walter Garber
décroche son téléphone, il ne se doute pas qu’il va entendre la voix de Ryder,
un criminel dont la bande a pris en otage une rame de métro. Durant les
négociations pour obtenir 10 millions de rançon de la ville, Ryder exige
d’avoir Garber comme seul interlocuteur. Mais il semble en savoir long sur lui…

. Tiens ? Le Tony Scott de 2009, après « Déjà vu »
(2006) est plutôt un bon cru. Est-ce la patte du scénariste Brian Helgeland,
dont l’influence fut énorme sur le tournage ? Alors bien sûr, on retrouve
quelques tics, comme cette caméra tournoyante autour de Washington en plein
dialogue, façon téléfilm ; et même si Scott devait tourner un remake de
« Bambi », il trouverait bien le moyen d’y caser un de ces accidents
de voiture aussi improbable que spectaculaire… De même, on est loin du réalisme
de la version de 1974, où les otages étaient un assemblage pittoresques de
« vrais gens » : ici, ils ne sont jamais que des enjeux voués à
crier au bon moment, et le rajout d’une liaison internet (parce qu’il en faut
une, n’est-ce pas ?) sent l’artifice de scénario ; quant à
Washington, on est loin du personnage hâbleur interprété par Walter Matthau, conformément
à tous ses rôles récents, il est juste le Brave Type™ censé servir de
contrepoint à un Travolta qui semble bien s’amuser à jouer les méchants.
Néanmoins, si on accepte un film qui se passe dans une version purement
Hollywoodienne du monde réel, il se passe suffisamment de choses pour maintenir
l’attention et le twist final correspond bien à notre époque cynique. Par
contre, on peut avoir quelques doutes sur la morale de l’ensemble qui semble
être que la fin justifie les moyens et que l’important n’est pas le crime, mais
de ne pas se faire prendre. Vous avez dit cynique ? Mais si l’ensemble est
consensuel en diable, il est également distrayant. Rien de mémorable, juste 104
minutes de solide divertissement sans éclairs de génie, ou du bon travail d’OS.
Par contre, ce gros fromage à 100 millions de dollars le bout n’a pas déplacé
les foules… A en juger le docu joint au dévédé, le tournage et sa préparation
méritent un livre ou un film !




L’empreinte de la mort



Allemagne   Etats-Unis d'Amérique   France   Afrique du Sud  
Note : 3/5


Wake of Death Studio Canal+ 2004 Philippe Martinez, avec Jean-Claude van Damme, Simon Yam, Philip Tan, Valérie Tian…



.
Depuis des années, Ben Archer est directeur et videur de club à Marseilles,
puis à Los Angeles. Las, il décide de décrocher pour passer plus de temps avec
sa famille. C’est alors que son épouse Cynthia ramène la jeune Kim, une Chinoise récupérée dans un bateau bourré de clandestins. Elle ignore qu’elle
est témoin du meurtre de sa mère par l’homme des triades Sun Quan, qui est
peut-être son père… Et qu’un agent de police véreux la dénonce ! Lorsque
Sun Quan tue la femme de Ben pour retrouver Kim, celui-ci se lancera dans une
croisade meurtrière…

. Un
Van Damme en polar ? Oui, car l’ensemble est plus noir que noir. Il faut
s’y faire, Van Damme a vieilli et changé, peut-être libéré de l’empreinte de la
poudre blanche. Après avoir joué un méchant surprenant dans
« Replicant » et titillé « Midnight express » (Et
l’ultérieur « Danny the Dog ») dans « In Hell » de Ringo
Lam, premier réalisateur de ce projet, et avant « JCVD »,il offre une
performance inédite et plus qu’honorable. Son personnage est certainement
l’exécuteur le plus froid depuis l’inspecteur Harry, et semble ne retirer
aucune joie de ses exactions dont on ne voit généralement (et
heureusement !) que le résultat. L’écœurement et la lassitude dominent,
donant une ambiance crade et déprimée, grâce à une excellente photo crue et
fanée évoquant plutôt le polar urbain genre « Narc ». De plus, les
nombreux plans rapprochés semblent souligner jusqu’à la moindre ride d’un Van
Damme vieillissant — et de ses acolytes. Tout n’est pas parfait : la
réalisation mélange des clichés du cinéma de Hong Kong avec d’autres références
tout en hésitant entre un côté « artistique » et le tout venant,
Simon Yam est sous-utilisé et le scénario reste encombré de clichés du genre.
N’empêche, il s’agit d’une tentative louable de sortir du tout-venant ou se
complaisent les rescapés de l’âge d’or du testostérone-opéra que sont Dolph
Lundgren et Steven Seagal, par exemple, imparfaite mais qui a le mérite
d’exister. C’est à voir, mais peut-être pas pour le public habituel de Van
Damme, justement. Or ce public fera-t-il un effort, surtout que la
bande-annonce n’innove guère…Curieusement, c’est le dernier Van Damme sorti en
salles depuis « Replicant ».




L’immortel



France  
Note : 3/5


112mn EuropaCorp 2010 Richard Berry, avec Jean Reno, Kad Merad, Marina Foïs, Jean-Pierre Daroussin, Gabriella Wright, Moussa Maaskri, Richard Berry, Joey Starr…



. Charly Mattei est un parrain de Marseille retiré des
voitures… mais un jour, dans un parking, il est criblé de balles. Or malgré 22
impacts sur tout son corps, il survit contre toute attente ! L’heure de la
vengeance a sonné…

. A priori un thème bateau et déjà vu, vaguement inspiré
d’un fait divers… Mais que Berry, comme le « vengeance » de Johnny
To, réussit à transcender. D’abord, cette plongée Marseillaise dépayse,
ensuite, l’essentiel plus que l’intrigue est la profusion de petits détails
minutieux disséminés dans le récit et surtout, le soin apporté aux personnages :
ces truands ne sont pas que des silhouettes a éliminer, mais chacun a sa propre
personnalité. Le tout servi par des acteurs souvent utilisés à contre-courant
et un Reno qui fait presque oublier les navets où il s’est commis ces derniers
temps. Difficile de faire du nouveau sur le thème des mafias, mais Berry
réussit à montrer un monde où le « code de l’honneur » fantasmé
n’existe pas et où chaque relation porte en elle une part de danger. Quant aux
scènes d’action, si elles n’échappent pas une ou deux fois à la tentation du
montage hystérique, elles sont bien senties dans un film extrêmement bien rythmé.
Vu le soin général, on s’étonnera de certains trous de scénarios, clichés ou
scènes inutile (celle avec notre Joey Starr national, qiui disparaît du film à
peine y est-il rentré). N’empêche, voilà un solide polar noir qui méritait
largement une vision en salles.




Public Enemies



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


134mn Universal 2009 Michael Mann, avec Johnny Depp, Christian Bale, James Russo, Marion Cotillard, Stephen Dorff, Marion Cotillard, Giovanni Ribisi…



. Pendant la grande dépression, John Dillinger et sa bande
écument les banques… Le directeur du FBI envoie un agent préparer une force
spéciale pour mettre fin à sa cavale…

. Mann semble décidé à ne plus jamais usiner autre chose que
des grosses pièces montées Hollywoodiennes en exploitant ses connaissances
techniques, mais là, on a la nette impression qu’il se fiche du monde… Dès le
départ, le spectateur est entraîné dans un ballet survolté mêlant les figures
imposées (mitraillettes, bagnoles, dialogues inintelligibles et personnages
réels) sans jamais donner quoi que ce soit à se raccrocher, d’où un ennui
inversement proportionnel à l’hystérie apparaissant à l’écran. Du coup,
certaines scènes en deviennent incompréhensibles, des personnages sont souvent
là pour le simple plaisir de citer leurs noms (Regardez ! Baby-Face
Nelson !), apparaissant et disparaissant de l’intrigue sans que cela ait la
moindre résonance, puisqu’on ignore qui ils sont et pourquoi ils sont là, tout
comme le casting qui semble fait uniquement pour aligner une série de noms,
tant leurs personnages sont creux (même Depp a l’air en roue libre, comme
coincé par le fait de devoir se calquer sur un personnage réel) et la musique
tonitruante. Et le film se termine après un certain nombre de scènes
arbitraires qu’on pourrait aussi bien remonter dans le désordre, plus un emprunt direct à "Heat" assez révélateur. Le pire, c’est
que faute d’un véritable point de vue narratif, on n’en saura guère plus sur
Dillinger et son époque, tant le personnage passe du statut de Robin des Bois
suave à celui de psychopathe sans qu’on puisse se faire la moindre idée, le
tout avec ce ton compassé (regardez ! C’est l’HISTOIRE !) qu’on
trouve généralement plus dans le néo-western. Face à tout ce bruit et cette
fureur indigeste, on repense à bien des séries B moins friquées, mais autrement
plus réussies (comme « Bonnie and Clyde », « Big Bad Mama »
de Corman ou l’injustement oublié « La dame en rouge » de Lewis
Teague). Certains ont une complaisance Pavlovienne pour Mann qu’ils continuent
contre vents et marée à considérer comme un auteur. Peut-être comptait-il
uniquement sur ladite complaisance pour faire illusion…




Rio Siege



Brésil  
Note : 0/5


Alemao Wild Side 2014 José Eduardo Belmonte, avec Antonio Fagundes, Xaua Raymond, Caio Blat…



2007. La police de Rio de Janeiro prépare une opération d’envergure
sur le Complexo do Alemao, une favela tenue par des trafiquants de drogue. Or
une liste contenant les noms de cinq policiers infiltrés tombe aux mains des narcotrafiquants.
Les hommes se réfugient dans une pizzeria tenue par l’un d’entre eux…

On verra rarement jaquette plus mensongère que celle de ce
film, promettant du grand spectacle. Or l’essentiel du métrage se déroule en
huis clos et vire au drame psychologique claustrophobe… Sauf que ces agents
sont si maladroits qu’on se demande comment ils ne sont pas tombés plus tôt !
En plus d’être coincés en compagnie de personnages sans intérêt, on nous
inflige une réalisation d’une laideur rare aux cadrages immondes ! Le
cinéma brésilien comporte assez de perles, on se demande pourquoi nous infliger
une telle purge…




Sans laisser de traces



France   Belgique  
Note : 2/5


France Télévisions 2010 Grégoire Vigneron, avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison, Julie Gayet, Léa Seydoux, Jean-Marie Winling…



. Etienne Meunier a tout pour lui : il a une épouse
charmante, va être nommé directeur de sa boîte… Mais lorsqu’il croise son ami
d’enfance Patrick Chambon, il lui confie son secret : sa réussite tient à
ce qu’il a volé la formule d’un autre. Ils décident d’aller le trouver afin
qu’Etienne apaise sa conscience, mais la rencontre vire au drame et Patrick tue
accidentellement le vieil homme. Révélateur de la mauvaise conscience
d’Etienne, Patrick va prendre de plus en plus de place… Et le vieil homme laisse
derrière lui une fille démunie…

. Ce premier film d’un scénariste coté n’est cettainement
pas vraiment mauvais… mais est loin de marquer les mémoires. Peut-être à cause
d’un scénario qui mêle deux thèmes — la crise d’un homme au faîte de sa gloire
dont les tentatives de faire le bien échouent lamentablement et une intrigue
policière Hitchcockienne — qui n’arrivent jamais vraiment à se mêler de façon
hamonieuse. Résultat, certains développements du scénario dépendent un peu trop
de la capacité de Patrick à faire l’inverse de ce que dicte le bon sens et un
développement sur la parano d’Etienne craignant qu’on lui souffle le poste qui
lui revient se dénoue de façon grotesque. Reste une conclusion ambiguë qui
semble embrasser une vision bien cynique de la réussite à tout prix. Dommage,
car quelques moments réussis donnent à penser que le film, loin d’être une
catastrophe du calibre de « Blanc comme neige », ; aurait pu
être tellement meilleur. Résultat, il disparut des écrans avant même qu’on remarque
sa présence…




Shinjuku Incident



Hong-Kong  
Note : 3/5


119mn San suk si gin Metropolitan Filmexport 2009 Derek Yee (Tung-Shing Yee), avec Jackie Chan, Naoto Tanaka, Daniel Wu, Jinglei Xu, Masaya Kato…



2009 Derek Yee (Tung-Shing Yee), avec Jackie Chan, Naoto
Tanaka, Daniel Wu, Jinglei Xu, Masaya Kato…

. Tietou « Tête en fer », un pauvre ouvrier de
Chine continentale, se languit de sa bien-aimée Xiu Xiu… Il tente de la
rejoindre au Japon et mène l’existence misérable des exilés clandestins. Mais
Xiu Xiu est désormais l’épouse d’un chef Yakuza, Toshinari Eguchi, à qui Tietou
sauve la vie ! Tietou est amené à former un nouveau gang avec ses amis
Chinois en quête d’un début de statut social. Mais l’inspecteur Kitano, à qui
Tietou a également sauvé la vie avant de plonger dans le crime, le surveille de
près, lui et ses hommes — notamment Jie, la victime désignée, qui est tombé
dans la drogue a l’insu de Tietou…



. Au moins, la jaquette avertir consciencieusement le
chaland : il ne faut pas s’attendre à un de ces film familiaux qui sont la
marque de fabrique de Chan. Ce long récit commence comme un mélodrame social
montrant la condition de damnés de la terre promis aux menus travaux dont les
Japonais ne veulent pas (c’est dit explicitement) pour continuer sur le schéma
classique de l’ascension d’un gangster menant à une fin tragique, le tout
développant des thèmes moraux sur l‘amitié trahie qui étaient l’apanage du John
Woo de ses heures de gloire. La mise en scène trouve le ton juste entre un
excès de sordide et le clinquant de l’existence bling-bling des gangsters et
offre quelques beaux moments tout en refusant plusieurs fois de céder aux
démonstrations d’arts martiaux. Ce qui ne va pas sans défauts : le soin de
faire de Tietou un personnage fondamentalement moral forcé par les
circonstances (combien de fois peut-il sauver la vie d’un tiers ?) rend
peu crédible certaines de ses décisions et des personnages secondaires comme
Jie, victime innocente un peu forcée devenant un personnage de manga plus
ridicule qu’effrayant, force le trait. De plus, les explosions de violence où
les membres volent joyeusement sont peut-être un peu poussées. Simples scories
pour un polar très noir, où Chan profite de son physique vieilli (bien qu’il
reste dans une forme impressionnante dans sa soixantaine !) pour incarner
un personnage aux antipodes de ses « Rush Hour ». Quoique, on reste
mitigé sur son changement de carrière, son film suivant étant le remake de
« Karate Kid »…




Sin City



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 5/5


124mn/147mn 2005 Frank Miller & Robert Rodriguez, avec Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessica Alba, Devon Aoki, Rosario Dawson, Benicio Del Toro, Michael Clarke Duncan, Clive Owen , Brittany Murphy, Elijah Wood…



Basin City stagne dans sa corruption… Trois histoires personnelles vont
s’emmêler : un policier intègre malade du cœur tente de sauver une fillette
d’un détraqué, fils du sénateur le plus puissant du pays ; Marv le repris
de justice veut venger une femme de rêve assassinée par un tueur en
série ; et Dwight veut tirer sa nouvelle amie des griffes d’une brute.
Mais à Sin City, les histoires finissent rararement bien…

Un film monstrueux déjà par son casting de rêve, d’autant plus étonnant que cet
énorme succès commercial et artistique n’a pas coûté bien cher ! (40
millions de dollars). On connaît le don qu’à Rodriguez pour jouer avec des
budgets serrés, mais on en reste baba tant le film est un festival visuel loin
des kitscherie qui alourdiront « 300 » ; utilisant des caméras
haute définition (L’un des quatre premiers films employant cette technique), il
donne une texture évoquant à la fois « Pleasantville » et surtout
« Rusty James », le chef d’œuvre trop oublié de Coppola. Mais la
technique s’oublie vite, tant les différentes histoires sont prenantes,
transcendées par des acteurs en apesanteur (il serait vain de tous les citer,
tous sont excellents), à tel point qu’une ou deux scènes impliquant des effets
de BD (des voitures tortillonnées…) font presque sortir du film. Rien n’est
édulcoré, la noirceur et la violence des BD de Miller est intacte, tempérée par
l’humour noir et l’aspect surréaliste du résultat qui ne semble appartenir à
aucune période historique définie (plus ce sang blanc…) Une ou deux scènes
coupées de la version cinéma pour obtenir une interdiction aux moins de 12 ans
seulement sont d’ailleurs restaurées dans la version DVD., plus un director’s
cut. En fait, le seul bémol est bien que les fans de Miller, qui joue le rôle
d’un prêtre, risquent de se trouver en terrain connu : il s’agit d’une
adaptation proclamée des BD de Miller, au point que Rodriguez n’a pas de crédit
scénaristique au générique ! Un bémol mineur, quoique totalement assumé,
pour ce qui ressemble fort à une plongée dans l’inconscient d’un genre en lui-même.
On en redemande !




Stripped Naked



Canada  
Note : 3/5


Emylia 2009 Lee Demarbre, avec Sarah Allen, Linden Ashby, Cinthia Burke…



. Après une énième dispute avec son ami, la strip-teaseuse
Cassie se retrouve témoin d’un meurtre. Elle s’enfuit avec la voiture de la victime
et y découvre la fortune dont elle rêve pour s’enfuir à Paris. Mais il faut se
débarrasser de la voiture, alors que le caïd local voudrait bien retrouver son
homme de main…

. Le réalisateur de « Summer’s Blood » et
« Smash Cut » s’attaque au noir, toujours avec un budget ridicule, si
bien qu’il faut s’adapter au côté brut de l’image en caméra HD. Mais là, le
réalisateur et les scénaristes reviennent aux racines même du genre, avec ses
tueurs impitoyables, ses rebondissements et ses femmes fatales. Il n’y a là
rien qu’on n’ait vu dans une série noire des années 40, mais le scénario tient
la route, offrant de jolies surprises et des personnages un peu plus travaillés
qu’à l’ordinaire — même si on serait bien en mal d’en trouver un sympathique, à
commencer par l’héroïne ! C’est surtout l’interprétation qui tire le film
vers le haut, bien plus juste que dans la plupart des micro-budgets. Rien
d’exceptionnel, juste un petit film qui vaut bien des gros fromages plus
prétentieux… Par contre, malgré le titre, l’érotisme est assez limité.




Suspicions



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Exposed/Daughter of God Seven7 2016 « Declan Lane » (Gee Malik Linton), avec Keanu Reeves, Ana de Armas, Mira Sorvino, Gabe Vargas, Christopher MacDonald…



Le lieutenant Galban mener
l’enquête sur la mort de son coéquipier Joey Cullen, trouvé poignardé dans le
métro. Alors qu’il apprend que la victime n’était pas si innocente, il
soupçonne Manuel « Rocky » De La Cruz. Or sa belle sœur Isabel, dont
le mari est soldat en Irak, commence à souffrir d’étranges visions…



On se perd en conjectures sur la
politique de Lionsgate : achetant un film indépendant où Reeves ne jouait
qu’un rôle secondaire, les producteurs, espérant sans doute rééditer le succès
de « John Wick »,  l’ont
remonté pour en faire un polar générique mettant Reeves en avant, au point que
le réalisateur retira son nom du générique, ooptant pour un pseudo… et le
résultat fut sorti à la sauvette sans aucune promo et en direct-DVD dans le
monde ! Il faut dire que ce qu’il en reste… Le drame policier et
l’histoire de cette jeune femme et sa famille semblent disjointes, il y a plus
de trous de scénario que dans un gruyère et pléthore de scènes ne servent à
rien là où des articulations importantes sont à peine esquissées… Et pire
encore, on nous inflige une de ces « révélations » finale (dûment
martelée pour être sûr que le crétin de spectateur ait bien compris) qui a au
moins quinze ans de retard et tire le film vers le bas, puisqu’avec le recul,
son symbolisme bondieusard lourdingue s’avère puéril au possible. Il existe un
« director’s cut », mais malgré le talent et la beauté de de Armas
(déjà vue dans le tout aussi pourri « Knock Knock », déjà avec
Reeves), ça ne fait pas vraiment envie…




The Chaser



Corée du Sud  
Note : 4/5


125mn Chugyeojga M6 2009 Na Hong-Jin, avec Kim Yoon-Suk, Ha Jung-woo, Seo Young-Hee…



. Jung-Ho est un ex-policier devenu maquereau, mais ses
« filles » ont tendance à disparaître. Il croit qu’elles ont été
kidnappées pour être revendues, mais découvre qu’elles sont en fait victimes
d’un tueur en série retors ! Il réussit à l’arrêter, mais la police manque
de preuves. Entre-temps, une de ses victimes est encore en vie…

. Noir, c’est noir dans ce film inspiré d’un fait divers qui
évoque le néanmoins supérieur « Memories of Murder » et s’est vu
couronné d’une kyrielle de prix. Au moins, contrairement aux Hollywooderies, le
récit se base sur les personnages : pas de carambolage de voiture, pas de
montage hystérique, pas de méga-scène finale spectaculaire (comme dans
« Memories… », d’ailleurs), mais énormément d’atmosphère de ruelles
sordides, plus de sang que dans un de ces films d’horreur pour ados actuels,
beaucoup d’évolution des personnage et une ou deux scène de suspense à couper
au couteau. Un résultat qui n’est pas sans défaut : les policiers
incompétents sont un brin caricaturaux, il reste bien des invraisemblances (la
scène de l’épicerie ) et, surtout à 125mn, l’ensemble peine à maintenir le
rythme jusqu’au bout. Néanmoins, pour une première réalisation, Na Hong-Jin
réussit à montrer que le genre peut se passer de bruit et de fureur. On tremble
à l’idée du remake US prévu pour bientôt (et qui fera certainement plus d’entrées…)




The Town



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


124mn Warner 2010 Ben Affleck, avec Ben Affleck, Jeremy Renner, Rebecca Hall, Jon Hamm, Blake Lively, Pete Postlethwaite…



. Charlestown, non loin de Boston,
est la ville qui compte le plus de criminels au monde… Doug MacRay est plus ou
moins contraint de suivre la tradition familiale et de travailler pour un caïd,
Fergie. Or lors d’un braquage de banque réussi, son collègue au sang chaud Jem
prend en otage une employée de banque, Claire… Ils la libèrent, mais découvrent
qu’elle habite tout près de chez eux et peut les identifier ! Doug se
rapproche de Claire, mais ce qu’il découvre lui donne envie d’abandonner cette
vie. Et pourtant, Claire a vu le tatouage de Jem et peut donc les faire tomber…
Et le FBI est sur leurs traces…

. Après « Gone baby gone »,
ce second film et seconde adaptation d’un roman montre qu’Affleck est peut-être
meilleur réalisateur qu’acteur… Certes, le tout est d’un clacissisme
inébranlable et rappellera mille autres films de braquage (mais pas tellement
« Heat »), et pourtant, la définition des personnages centraux et le
réalisme du décor urbain, composante essentiel du genre noir, fait qu’on
s’attache à leur sort. Plus que Doug/Affleck, c’est Jem/Jeremy Renner qui
impressionne en sociopathe dont les réactions sont imprévisibles jusqu’au bout,
et par un curieux glissement, le film dévie pour devenir son portrait autant
que celui des Roméo et Juliette de banlieue. Il est dommage que l’ensemble
retombe vite dans des poursuites et fusillades, certes bien faites, mais qui
banalisent le propos pour revenir à l’ « actioner » mécanique
que l’ensemble réussissait à éviter. Mais le spectacle, quoique très classique
dans le fond comme la forme, reste distrayant jusqu’au bout. Et que demander de
plus à une série B, qui d’ailleurs a cartonné ? la version longue présente
30 minutes ( !) supplémentaires qui, si elles ralentissent l’action, mais
approfondissent les personnages.




Triple 9



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


115mn TF1 2016 John Hillcoat, avec Casey Affleck, Chiwatel Ejiofor, Anthony Mackie, Woody Harrelson, Aaron Paul, Kate Winslet, Gal Gadot, Norman Reedus…



Un gang composé tant de
policiers corrompus que de vétérans d’Irak commet un braquage audacieux commandité
par Irina Vaslov, dont le mari emprisonné mène toujours ses affaires. Or
celle-ci veut leur imposer un nouveau coup et ne recule devant rien pour les y
forcer. Pour cela, les policiers décident de faire une diversion avec un
« 999 », le code pour l’assassinat d’un policier censé mobiliser
toutes les forces disponibles. La victime expiatoire sera Chris Allen, jeune
flic enquêtant sur l’affaire. Mais les choses vont vite déraper…



Un point de départ pas d’une
grande originalité (« On pense à « Training day », qui n’est pas
tout jeune), et qui ne s’arrange pas par la suite. Une scène du début donne le
ton : le personnage de Winslet est interrompu en plein pouponnage pour
voir un couple ligoté dans le coffre d’une voiture. Qui sont-ils ? On ne
le saura jamis et la scène, dépourvue de toute implication émotionnelle, ne
sera plus jamais mentionnée. Il est bien difficile de voir comment on en arrive
du point A au point B dans ce scénario particulièrement décousu. Du coup, le
casting bien trop nombreux pour que les personnages soient à peine esquissés
(si bien qu’on a parfois du mal à les différencier) semble en roue libre, avec
en tête Casey Affleck dans le rôle d’une vache ruminant constamment son
chewing-gum (sans qu’on nous épargne le moindre bruit de mastication
suramplifié…) Le pire est encore la conclusion ou tout le monde s’entretue sans
rime ni raison. Hillcoat réussit toujours les ambiances urbaines sombres et la
scène prenante ou des policiers investissent un appartement, tournée façon documentaire,
donne une idée de ce que le film aurait dû être si le scénario… Résultat,
malgré un budget contenu (20 millions de dollars), le film a tout de même
réussi à se planter.




Verso



Suisse   Belgique   Luxembourg  
Note : 1/5


Opening 2009 Xavier Ruiz, avec Laurent Lucas, Carlos Real, Chloe Coulloud…



. Alex appartient à une unité d’élite de la police Génévoise ;
il est séparé de sa femme et à une fille qui trempe sans qu’il le sache dans la
drogue. Mais son ancien coéquipier, Victor Preiswerk, sort de prison — alors qu’Alex
a témoigné contre lui ! Victor se met alors au service d’un chef mafieux
ciblé par la police… mais tout n’est pas tel qu’il paraît…

. Sa location est bien la seule originalité de ce polar noir
manifestement inspiré par Michael Mann… L’ennui est qu’il commence par une de
ces scènes d’action chaotique tellement ratée qu’elle fait craindre le pire.
Par la suite, le rythme lent donne l’impression que l’histoire ne progresse
guère, tiraillée d’un cliché à l’autre, tentant de mêler la vie quotidienne d’un
personnage de flic et l’intrigue policière, et seules quelques
scènes correctes retiennent l’attention… jusqu’à quelques étranges changements
de ton à mi-chemin qui nous inflige quelques scènes cauchemardesque de bon
aloi. L’ennui, c’est qu’il aurait fallu commencer par là, et au final, malgré
des intentions louables, l’ensemble s’enlise dans la banalité. Le principal
intérêt est certainement la vision d’une Genêve monstrueuse dégagée des
clichés… mais le carton introductif grille l’effet de surprise !
Décidément…




Welcome to the punch



Royaume-Uni   Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Seven7 2013 Eran Creevy, avec James McAvoy, Mark Strong, Andrea Riseborough, Johnny Harris, Natasha Little, Jason Flemyng…



Lorsque son fils blessé appelle
Jason Sternwood, un criminel de légende rangé des voitures, celui-ci doit
quitter sa retraite d’Islande pour voler au secours de sa progéniture qui
semblait avoir de mauvaises fréquentations. Il se heurte alors à l’inspecteur
tenace Max Lewinski, blessé lors du dernier casse de Sternwood trois ans plus
tôt, suite à quoi il resta estropié. Or il faut d’abord savoir qui a blessé
mortellement Sternwood fils et abattu son associé…

Une tentative de faire un polar de
Hong Kong qui s’effondre à force d’émuler les défauts de ses modèles sans en
avoir les qualités. Dès le départ, une image très léchée de série TV de luxe
nous montre des personnages dont on ne sait rien, pris dans des enjeux bien
nébuleux. Et jusqu’à la fin, on restera bien en peine de trouver une quelconque
dynamique entre les nombreux personnages, ce qui rend l’intrigue (qui en vaut
une autre) confuse jusqu’à un « retournement final » d’une banalité à
pleurer. Et tout un développement du scénario intervient à dix minutes de la
fin ! Alors on se douter que, comme dans un John Woo, le chasseur et sa
proie vont devoir s’allier, mais comme les deux ne sont que des silhouettes
monolithiques, on s’en moque un peu, et leur entourage de « gueules »
façon polar britannique brouille encore plus les lignes… Quant aux fusillades,
elles n’ont rien de bien spécial ; et que dire des dialogues qui tombent
souvent à plat ! McAvoy réussit même à ne pas être très convaincant, forcé
d’en rajouter dans un rôle qui aurait davantage convaincu à Jason Statham, et
même sa « blessure » censée l’handicaper ne l’empêche pas de cavaler
lorsque le scénario l’exige. Résultat, des scènes potentiellement excellentes
(la rencontre chez la grand-mère) tombent à plat, des personnages entrent et
sortent sans laisser de traces et les enjeux sont dilués. Reste un livre
d’images sans trop de variété (tout est uniformément noyé dans les films
bleutés), sans rien qui accroche au gré d’une intrigue vaporeuse et sans
véritable raison d’être. Dommage…