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Science-fiction

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400 days



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Marco Polo 2015 Matt Osterman, avec Brandon Routh, Dane Cook, Caity Lotz, Ben Feldman…



Quatre astronautes sont mis en isolation afin de tester les effets du voyage
interstellaire sur l’être humain. Or le monde change en leur absence…

Une idée de base plutôt intéressante, mais dès le départ, les problèmes se font
jour : la réalisation est extrêmement plate (à comparer au huis-clos
encore plus extrême de l’excellent « Moon ») et les personnages n’ont
aucun intérêt, d’autant qu’on se demande comment ils ont pu être sélectionnés
pour une telle mission. Redondant, longuet, le tout ressemble à un épisode de
« La quatrième dimension » étiré quimultiplie les mystères dans sa
dernière partie… jusqu’à une conclusion particulièrement malhonnête qui ne
résout rien. Bref, un fier navet dont on se demande qui a bien pu accepter de
le produire…




Alien war



Canada   Royaume-Uni  
Note : 0/5


Stranded Family Films 2013 Roger Christian, avec Christian Slater, Brendan Fehr, Amy Matysio…



Suite à une pluie de météorites, l’équipage d’une base lunaire doit affronter
des spores capables de dupliquer les humains…

Il est tout de même  gonflé de
mettre en gros le « génie créatif derrière « Alien » »
alors que Roger Christian, ici réalisateur, fut juste chef op sur ce film… Mais
il faut bien ça pour attirer le chaland sur un film de couloir qui semble avoir
vingt ans de retard. Toute la première partie montre des personnages en
carton-pâte hurlant des trucs vaguement trechnologiques en essayant d’être convaincant,
la suite est un ennuyeux pompage tant de « Alien » que de « The
Thing » avec une créature guère effrayante jusqu’à une absence de fin
convenue. Pauvre Slater…




Almost human



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Marco Polo 2013 Joe Begos, avec Graham Skipper, Josh Ethier, Vanessa Leigh…



Mark Fishser a disparu dans des circonstances
mystérieuses, probablement enlevé par un ovni sous les yeux de son ami Seth Hampton.
Deux ans plus tard, Mark réapparaît, mais possédé par une intelligence
extraterrestre meurtrière…

On n’a pas envie de démolir un petit film
indépendant, mais là… Ce mix de slasher et de SF dépasse le cadre de l’hommage
pour devenir un plagiat de « Xtro », prenant tel quel certains
développements (on se demande comment les producteurs de ce film ne leur ont
pas collé un procès dans le groin) pour pomper également beaucoup de plans à
Carpenter. De plus, l’ensemble fait amateur, de la réalisation tremblotante (le
réal semble ignorer le mot cadrage, mettant ses personnages carrément hors
champ…), des valeurs de production de film X de bas étage à une interprétation
souvent rudimentaire, tentant de compenser par de nombreuses scènes sanglantes.
Et le tout se conclut après à peine une heure dix de métrage, dont un générique
interminable, sur un énième hommage à « La nuit des morts vivants »,
laissant en plan plusieurs personnages soudain disparus du scénario. Dommage,
car par moments, le film réussit ses clins d’œil (on imagine certaine scène
impliquant une tronçonneuse conçue pour faire applaudir le public des
festivals…), mais le tout est loin d’avoir les moyens, y compris intellectuels,
de ses intentions. On a plus l’impression d’un brouillon que d’un film complet.
Dommage…




American Nightmare 3 : Elections



Etats-Unis d'Amérique   France  
Note : 3/5


The Purge : Election day Universal 2016 James DeMonaco, avec Frank Grillo, Elizabeth Mitchell, Edwin Hodge, Liza Colon-Zayas…



La sénatrice Charlie Roan a voué sa carrière à
l’éradication de la Purge, qui lui a coûté sa famille. Ce qui fait d’elle une
cible lors de la prochaine Purge. Menacée par un commando paramilitaire,
protégée par Leo Barnes devenu son garde du corps, elle devra son salut à l’homme
de la rue…



La franchise est un cas d’école : chaque
épisode est dû au même réalisateur et chacun rapporta plus que le précédent.
Extrapolant sur la fin du 2, le tout s’offre même un petit côté
social/politique, au choix, avec quelques extrapolations satiriques (les
étrangers venant participer à la Purge, crééant un tourisme du meurtre…) et un
côté poil à gratter léger, mais assumé. Certes, on peut regretter qu’on
s’éloigne du pur survival du film originel pour un hybride d’anticipation, de
critique sociale, de thriller et d’action, mais DeMonaco, qui semble mûrir
comme réalisateur, y apporte son argument massue : de vrais personnages
auxquels on croit et s’attache, même s’ils sont imparfaits (Grillo est parfois
agaçant) ou un brin cliché (Hodge semble sorti d’un Spike Lee), de la bande
d’ados psychopathes à Colon-Zayas en tueuse impitoyable. Quoique toujours
visiblement influencé par Carpenter, DeMonaco se rapproche davantage de Cameron
et son don d’humaniser ses personnages par petites touches subtiles. DeMarco a
exprimé son souhait d’abandonner la franchise alors qu’un 4 se profile : comme
les actionners hollywoodiens actuels font tout pour faire croire que le genre
n’a pas évolué depuis trente ans, et vu sa maîtrise des scènes d’action,
peut-être pourrait-il créer la surprise sur ce créneau ? L’avenir seul le
dira…




American nightmare : Anarchie



Etats-Unis d'Amérique   France  
Note : 2/5


The purge : Anarchy Universal 2014 James DeMonaco, avec Frank Grillo, Carmen Ejogo, Zach Gifford…



Lors de la nuit de la « grande purge… Un couple coincé dehors suite à une
panne se réfugie dans la voiture d’un inconnu. Celui-ci vient de sauver deux
femmes des bas quartiers attaquées par des hommes en armes qui semblent les
avoir prises pour cible. La nuit sera longue…

Réalisé à la va-vite après le succès inattendu du premier opus, celui-ci suite
à la règle la loi des suites : plus de victimes potentielles, plus de
développement de la situation, plus de bourreaux et… pas plus de sang : si
le premier était un survival très basique et à la morale consensuelle (au
final, il valait mieux avoir toujours un bon vieux flingue à portée de main
pour tout arranger), celui-ci donne plutôt dans la guérilla urbaine à la « NY
1997 » ou « Les guerriers de la nuit ». On en sait davantage sur
l’organisation de cette nuit, notamment la façon dont les élites exploitent les
pauvres (payant même pour tuer, soit chez eux, soit dans un environnement censé
être contrôlé), mais il y a presque trop d’information mises en place sans être
approfondies, notamment avec un mouvement de résistance à peine esquissé sans
doute mis en place en attendant le troisième opus. Mais en essayant de ne
choquer personne (parmi les spectateurs, on peut se demander combien aimeraient
voir le système de la « purge » devenir réalité ?), le tout s’avère
assez lisse faute d’une véritable vision de réalisateur — ou tout simplement
d’une production hâtive ? Reste un film de guérilla urbaine sans éclats,
qui en donne pour son argent, mais pas davantage, et a plus sa place en DVD
qu’en salles. Mais comme il a une fois de plus rapporté un max de brouzouffes
pour un budget mesuré, il faut s’attendre à une nouvelle série à rallonge façon
« Saw », peut-être sans les dérives de plus en plus puantes de
celle-ci…




Andron



Italie   Royaume-Uni   Malte   Canada  
Note : 0/5


Andron, the dark labyrinth Universal 2015 Francesco Cinquermani, avec Leo Howard, Gale Harold, Michelle Ryan, Skin, Alec Baldwin, Roger Glover…



Des inconnus se réveillent dans une usine
désaffectée sans le moindre souvenir de leur identité. Ils ignorent qu’ils sont
filmés au nom d’un jeu diffusé partout dans un monde post-cataclysmique…



Si vous avez détesté « Le labyrinthe ,
il ferait figure de chef d’œuvre à côté de cette excroissance, paraît-il tirée
d’une mission télévisée italienne. La situation est posée dès le départ
histoire de tuer tout suspense et la suite relève d’un film de couloir ponctué
de scènes de baston aléatoires. Pire, la métahistoire devient peu à peu
incompréhensible, débitée à force d’exposition indigeste, introduisant des personnages
dont on ne sait rien, et pire que tout, enfonçant le clou lors d’un dernier
quart d’heure incompréhensible qui, en plus, espère déboucher sur une suite.
Baldwin et Glover apparaissent à peine et ont dû tourner leurs scènes en une
demi journée. Skin est bien l’ex-chanteuse des pêchus Skunk Anansie, désormais
solo. Pour son premier rôle au cinéma elle aurait pu mieux choisir son
scénario… pire, ce direct-vidéo même pas de luxe est sorti en salles dans
certains pays !




Avengers : l’ère d’Ultron



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


141mn Avengers : Age of Ultron Marvel 2015 Joss Whedon, avec Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Chris Evans, Scarlett Johannson, Jeremy Renner, Don Cheadle, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olden, Samuel L. Jackson…



Les Avengers attaquent un avant-poste d’Hydra
commandé par le Baron Von Strucker qui a expérimenté sur des humains — et donné
des super-pouvoirs à deux orphelins de guerre, l’un devenu ultrarapide, l’autre
capable de télépathie et télékinésie — et récupèrent le sceptre de Loki. Ils
comptent se servir de sa puissance pour activer Ultron, une intelligence
artificielle commandant un programme de défense globale conçu par Stark et
Banner. Or Ultron devient conscient et décide que pour mener à bien son
programme, il faut détruire l’humanité…

Il s’agit moins d’un film que d’un Béhémoth
surfriqué se traînant d’un pas lourd jusqu’aux cinémas, tirant derrière lui
tout le poids de l’univers Marvel et des espérances commerciales à peine
possible, produits dérivés compris, prêt à attirer immanquablement un
public-zombie captif titubant pavlovesquement vers tout ce qui ne ressemble pas
à un produit original. Le tout est à la fois bourrin et complexe, hermétique à
qui ne connaît pas l’univers Marvel, avec des transitions météoriques pour
aller d’une scène à l’autre et d’un personnage à l’autre sans trop se soucier
de cohérence. Des éléments intéressants sont ainsi balancés au passage (les
orphelins soulignant que les bombes qui les écrasaient étaient signées Stark
Industries, une romance naissante qui ne débouche sur rien) comme s’il
s’agissait d’en finir le plus vite possible pour passer aux scènes d’action
(lisibles, on n’est pas chez Michael Bay) jusqu’au grand finale qui, en ses
temps de surenchère dans la destruction, finit par ne plus tant impressionner.
Et pourtant, loin des « produits » cyniques (qui a dit
« Jurassic World » ?), on sent que Whedon tente de donner à son « produit »
une petite valeur ajoutée : d’abord par de brefs moments de camaraderie
évoquant « Buffy » (et un passage où on découvre qu’un super-héros
peut avoir une vie de famille, étonnamment touchant, qui suggère une certaine
atomisation des personnages incapable de fonctionner hors de leur monde codifié,
ce qui n’est malheureusement pas suivi), par des touches d’humour aussi légères
que bien vues, et aussi par l’insistance sur la mission des Avengers, moins de
détruire le méchant que de sauver des vies innocentes, naïve mais
rafraîchissante alors que les blockbusters se soucient peu des dommages
collatéraux. Et après une dissociation du groupe que seuls les Marvelolâtres
comprendront, on a droit au Xième appel à une suite. Qui cartonnera également,
on peut le prévoir…




Captain America : Civil war



Etats-Unis d'Amérique   Allemagne  
Note : 3/5


147mn Warner 2016 Joe & Anthony Russo, avec Chris Evans, Scarlett Johannsen, Anthony Mackie, Sebastian San, Robert Downey Jr, Jeremy Renner, Chadwick Boseman, Paul Rudd, Elisabeth Olsen, Daniel Brühl, Tom Holland…



A Lagos, une intervention contre un membre de
Hydra vire à la catastrophe, tuant bon nombrez d’innocents. En résultat, le
général Thaddeus Ross dévoile un document, les accords de Sokovia,  ratifés par 117 pays, selon lesquels
les Avengers doivent être mis sous contrôle de l’ONU sous peine d’être pris
pour de vulgaires justiciers. Ce qui crée des dissensions au sein du groupe,
certains acceptant de signer, d’autres refusant. Mais lorsqu’une bombe explose
au sommet de ratification des traités, une vidéo montre le responsable :
Bucky, le Soldat de l’Hiver, ancien équipier de Captain America. Bucky,
toujours sous l’emprise de son lavage de cerveau…



On le sait, ces productions sont moins des œuvres
cinématographiques que des Béhémoths gonflés au dollar, traînant derrière eux
toute une mythologie que le spectateur est censé connaître, suivant un chemin
balisé par les récits précédents et l’obligation de mettre en place le suivant,
mais là, le procédé commence à virer au sitcom : chaque personnage doit
avoir son moment de bravoure correspondant à sa propre histoire (entérinée ou
non par sa propre production) selon le principe de la saga. Plutôt qu’une
surenchère dans les scènes d’action (ici tournées selon ce parti-pris
hystérique et brouillé qui commence à sérieusement dater) qui commençait à gâcher
la franchise, ce sont les personnages qui comptent, bien que ceux-ci soient si
nombreux qu’il est miraculeux que les réalisateurs s’y retrouvent. Du coup, c’est
l’histoire et les enjeux qui s’y perdent en cours de route tant ils sont juste
esquissés (et les débats sur un problème moral enfin adressé, celui de la
responsabilité de ces justiciers costumés, est à peine survolé dans le seul but
de provoquer une confrontation) . On pourra gloser sans fin sur l’apparition
d’un Spiderman en début de carrière (niant les films précédents, mais il se
profile un énième « reboot »), l’usage d’humour plus ou moins
pertinent ou bien  des points de
détails, notamment fournir l’un des méchants les moins spectaculaires qui
soient, mais le tout reste regardable en débranchant son cerveau. Même si on
peut se demander combien de temps il reste avant que le public se lasse…




Captain America : le soldat de l’hiver



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


136mn Captain America : the winter soldier Marvel 2014 Joe & Anthony Russo, avec Chris Evans, Scarlett Johannsen, Anthony Mackie, Sebastian San, Robert Redford…



Alors que Steve Rogers tente de se faire au monde moderne, le SHIELD l’envoie
libérer un cargo pris par des pirates. Mais sa coéquipière Natacha Romanoff,
alias la Veuve Noire, avait ses propres objectifs… Lorsque Fury est laissé pour
mort suite à un attentat, il apparaît que le chef du SHIELD avait lui-même
commandité le coup de main sur le cargo ! Rogers va devoir affronter Hydra
pour laver le nom de son mentor avec l’aide d’un nouvel ami…

Drôle de choix que de prendre un duo de réalisateur n’ayant à leur actif que
des films méconnus (« Bienvenue à Collinwood ») et des séries
téloches pour ce blockbuster… Le premier opus de cette nouvelle franchise avait
plutôt agréablement surpris en prenant un ton de film d’aventures à la
« Indiana Jones » ; or le capitaine supporte mal son passage à
l’ère moderne qui fait de lui un héros assez banal, entre James Bond et la
série des Mission Impossible… Le producteur voulait faire de cette suite un
thriller politique façon années 70, quitte à mettre le loyal et naïf Steve
Rogers en mauvaise posture, et les allusions jamais lourdingues à la NSA et aux
drones touchent juste, mais du coup, les articulations du récit et les
« révélations » se sentent venir avec d’évidents coups de menton artistiques
vers la série des Batman de Christopher Nolan. Et que dire de scènes d’action
qui, sans être illisibles, emploient des effets dépassés ? Mais le bilan
n’est pas négatif : si Evans met si peu d’émotions dans son personnage
qu’il semble un peu benêt, ses interactions avec Johannsen et Mackie (Le
faucon, équipier du capitaine dans de nombreuses BD) sonnent juste et ces deux
derniers acteurs sont si impliqués dans leurs personnages qu’ils mériteraient
chacun leur propre série parallèle ! De plus, le rythme reste constant,
évitant le péché numéro un d’un film populaire : ennuyer. Même si la
structure de course-poursuite finale est toujours aussi cousue de fil blanc
jusqu’à une grande scène finale à la Michael Bay pas si enthousiasmante qu’elle
ne devrait l’être. Les geeks s’amuseront de la façon relativement subtile dont
divers éléments du Marvelverse sont disséminés dans le récit. Pas vraiment
mauvais, mais jamais tout à fait convaincant, tant l’ensemble, coincé entre ses
amlbitions et son souci de rester dans le canon du divertissement, ne réussit
pleinement ni l’un ni l’autre…




Cargo



Suisse  
Note : 3/5


Seven7 2009 Ivan Engler, avec Anna Katharina Schwabroh, Martin Rapold, Pierre Semmler…



.
2268. Alors que la Terre s’est effondrée, Laura Portmann rêve de rejoindre sa
sœur sur l’idyllique colonie de Rhéa… Elle accepte de servir de docteur pour
une mission de plusieurs années sur un vaisseau-cargo, le Kassandra, en
partance vers la station 42. Or des activités suspectes donnent à penser que le
Kassandra cache un lourd secret. Est-ce une activité des terroristes menaçant l’ordre
établi ou pire encore ?

.
L’accroche donnant à penser à un énième décalque d’ « Alien »
mêlant SF et angoisse est assez trompeuse, puisque ce film s’ingénie à
dissimuler ses véritables enjeux. Dès les premiers plans éblouissants, il est
évident que ce petit budget dispose de ce qui manque à la majorité des grosses
productions : une véritable direction artistique. Les images de synthèse
indécelables imposent un côté émerveillant qui puise aux sources même du genre
et le contraste avec un intérieur délabré et organique est saisissant, imposant
une véritable tension dans une première demi-heure athmosphérique
enthousiasmante. Difficile de critiquer ce qui est visiblement un enfant d’une
passion partagée, comme le montrent les suppléments, et à la genèse pénible,
mais après un début laissant croire à une réussite genre « Moon »,
l’intérêt diminue au fur et à mesure qu’on a droit à des morceaux de bravoure
parfois un peu, hem, trop, une révélation qui ne surprendra guère le
connaisseur et un peu trop de « trous » scénaristiques pour
convaincre pleinement, plus une musique emphatique soulignant chaque rebond. Du
coup, les emprunts — à « Alien », « Matrix »,
« Outland », plus un clin d’œil aux jeux vidéos un brin gratuit — en
deviennent d’autant plus flagrants. N’empêche, l’ensemble est attachant en
diable, en offrant autrement plus qu’un « Pandorum » sur un point de
départ pas si éloigné (et pour le vingtième du budget…), et fait une excellente
carte de visite pour son auteur. On attendra la suite avec impatience !




Chappie



Etats-Unis d'Amérique   Mexique  
Note : 2/5


120mn Sony 2015 Neil Blomkamp, avec Sharlto Copley, Dev Patel, Ninja, Yo-Landi Visser, Jose Pablo Cantillo, Hugh Jackman, Sigourney Weaver…



Dans un futur proche, Johannesbourg est sous la protection de robots policier
fabriqués par la firme Teletravaal. C’est alors que l’ingénieur de la compagnie Deon Wilson
découvre la clé de l’intelligence artificielle, mais face au désintérêt de sa
directrice, il décide de faire sa propre expérience sur un robot promis à la
casse. C’est alors qu’il est enlevé par des gangsters bras cassés cherchant un
moyen de désactiver les flics artificiels… Le robot parvient à la conscience,
mais l’éducation de son créateur diffère de celle des gangsters…

Le moins qu’on puisse dire est que ce nouveau Blomkamp, qui n’a pas eu le
succès attendu, a partagé les foules… En effet, ce « Robocop » mâtiné
de « Pinocchio » revu à la sauce « District 9 » ne semble
pas trop savoir ce qu’il est : l’histoire de Chappie et sa découverte du
monde est classique mais parsemée de petits détails savoureux. Le tout aurait
pu faire un dessin animé correct où l’on aurait pu admettre que des truands se
prennent d’affection pour le robot (et lui apprennent le style gangsta sans
oublier un seul cliché…) et où le méchant d’opérette joué par Jackman serait
mieux passé, mais le style de décomposition urbaine typique du réalisateur créé
un décalage qui ressort encore plus lors de scènes extrêmement violentes. Le
dernier tiers, lui, semble fait pour mettre un max de scènes d’action
(lisibles, on n’est pas chez Michael Bay) jusqu’à un dénouement mélo carrément
disneyen. Y aurait-il eu encore des tripatouillages en production ? De plus,
les innombrables références à De Antwoort, groupe d’électro-rap provocateur au
goût vestimentaire discutable, dont les deux membres interprètent deux
gangsters portant le même nom (allant jusqu’à porter leurs propres tee-shirts à
leur effigie) est le genre d’idée qui semble drôle sur le coup, mais fait
sortir du film. N’empêche, le résultat reste agréable (jusqu’à la fin) malgré
ses défauts. On est curieux de voir à quoi ressemblera le « Alien 5 »
de Blomkamp en espérant que les studios ne nous fassent pas le coup de
« Prometheus »…




Clones



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Surrogates Buena Vista 2009 Jonathan Mostow, avec Bruce Willis, Rhada Mitchell, Maggie Greer, Rosamund Pike, James Cromwell, Vhing Rhames…



.
Dans un monde futuriste où tout le monde vit par le biais d’avatars sous forme
de robots contrôlés virtuellement… Le policier Thomas Greeer et sa coéquipière
Jennifer Peters sont chargés d’enquêter sur un meurtre à la sortie d’une boîte.
Or la victime n’est autre que le fils de Lionel Canter, le créateur des
« clones » ! Apparemment, l’assassin a trouvé une arme capable
d’accomplir l’impossible : tuer un humain à travers son avatar…

.
Rien de plus classe qu’un film dont le titre lui-même est trompeur, puisqu’il
ne s’agit pas de clones, mais de robots… Cette nouvelle adaptation d’une bande
dessinée (après le raté « WhiteOut ») ne risque surtout pas de
briller par son originalité : en ce monde d’internet, le thème des avatars
a été traité de bien des façons, ne serait-ce que dans « Ultimate
Game » qui allait plus loin dans le principe. Ici, on se contente d’un mix
de schémas connus (et surtout « I, robot ») à travers une esthétique
clinquante particulièrement ratée et une narration disjointe laissant supposer
des « ajustements » en cours de production. L’amateur de SF éclairé
est en droit de se poser bien des questions sur la logique du monde décrit (en
quoi cette technologie peut-elle « éradiquer le crime » ? Et
quid de la reproduction ? Ou de l’amour physique , etc…), mais ce gros
fromage de 80 millions de dollars préfère retomber dans un schéma de
course-poursuite, certes bien fichue, mais aux morceaux de bravoure un rien
fatigués plutôt que traiter son sujet. Et une fois de plus, comme dans
« Matrix », la conclusion est ambiguë, la technologie étant
considérée comme « mauvaise » parce qu’on le dit, point barre, sans
qu’il y ait débat. On aimerait qu’un cinéaste de la classe d’un Spike Joonze ou
Michel Gondry s’empare de ce sujet d’actualité (On imagine que si « Eternal
Sunshine of the Spotless Mind » était passé à la moulinette
Hollywoodienne, Carrey et Winslet auraient passé leur temps à échapper à des homologues
de M. Smith entre deux explosions et fusillades…) au lieu de se contenter de
drouille consensuelle et prévisible. Le pire, c’est que par moments, on sent un
bon film qui tente désespérément d’émerger, dès que Mostow montre le décalage
entre ces clones façon Barbie et Ken à la réalité humaine, ce que Willis, dans
son personnage de flic vieillissant et décalé, fait très bien passer à travers
ses rapports avec son épouse : le classique
« traumatisme-déchirant-un-couple » prend ici une résonance
poignante. Mais pour faire plaisir aux producteurs, il faut moins
d’intelligence et plus d’effets spéciaux. Pas au public, puisque le bouzin s’est
planté. Ce qui n’empêchera pas Hollywood de ressortir la même recette la
prochaine fois…




Cold Harvest : le virus



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Cold Harvest Opening 1999 Isaac Florentine, avec Gary Daniels, Barbara Crampton, Bryan Genesse…



.
Une météorite a percuté la Terre, tuant une bonne partie de l’humanité et
entraînant une nuit éternelle… De plus, une épidémie de peste poursuit
l’éradication de l’espèce humaine. Des scientifiques ont néanmoins trouvé une
lueur d’espoir : six individus naturellement immunisés contre le virus.
Mais le convoi qui les achemine est attaqué par la bande de Little Ray qui
croit tomber sur un trésor. Le chasseur de primes Roland, frère d’un des
gardiens abattus par le gang, veut le venger, mais il doit protéger une
survivante : sa belle-sœur, qui fait partie des immunisés…

.
Difficile de classer ce film : si le postulat est indéniablement SF
(rappelant aussi bien « 2019 après la Chute de New York » que
« Cyborg » ou même « Johnny Mnemonic »), l’ensemble mêle
bastons d’arts martiaux et, surtout, Western. Spécialiste du
direct-vidéo-coups-de-tatane après avoir réalisé soixante-dix ( !)
épisodes des calamiteux « Power Rangers », Florentine, qui proclame
avoir découvert le cinéma avec « Le bon, la brute et le truand »,
s’est fait plaisir : six-coups, saloons, méchants pittoresques et duel
final, tout y est, emmené par Gary Daniels, Stakhanoviste du genre toujours
aussi inexpressif entre deux cabrioles, et Barbara Crampton (oui, celle de
« Reanimator » et égérie de Stuart Gordon !). Vu le peu qu’on
est en droit d’attendre d’un tel produit, le contrat est rempli : il est
difficile de s’ennuyer entre deux bagarres et fusillades assez pêchues malgré
un usage immodéré du ralenti. Mais on reste dans une production Nu Image à
petit budget : les décors font carton-pâte et se limitent à
l’environnement naturel du post-cataclysmique et on retrouve ses tons
bleutés/rouges sur fonds de fumée typique du style « Hollywood
night ». N’empêche, si l’ensemble sent la routine, il y a là un peu plus
de passion que dans la drouille à vidéo-club de base. Télévisé sous le titre bateau de
« Chasse à l’homme ».




Daybreakers



Australie   Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


Metropolitan 2009 Michael & Peter Spierig, avec Ethan Hawke, Willem Dafoe, Isabel Lucas, Sam Neill…



. 2019.
Les vampires contrôlent le monde, mais la réserve d’humains diminue, faisant
craindre une pénurie de sang. Or privés du précieux liquides, les vampires
connaissent une dégénérescence rapide, créant un vrai problème. Edward Dalton
est un scientifique employé par la Bromley Corporation et travaille en vain sur
une recette de sang synthétique. Sa rencontre avec un groupe d’humains lui
apprend qu’il existe un autre remède…

. Bien
que parlant de vampires, la structure de ce film des réalisateurs de l’étrange « Undead »
est bien science-fictionnelle… et en ce sens, rappelle de nombreux films
présentant un futur dystopique, de « Matrix » (avec Isabel Lucas en
Carrie-Ann Moss du pauvre) à « Children of Men » en passant par « Equilibrium ».
Au moins, les frères ont pris le temps de soigner leur univers : celui-ci
est à peu près cohérent et rempli de détails, jusqu’à une recherche d’une architecture
froide convenant à des êtres morts-vivants ; les premières minutes du film
offrent des visions réellement mémorables à l’esthétique impressionnante. La
métaphore n’est pas oubliée, Sam Neill représentant à sa façon le vampire
ultime capable de tirer profit des vampires eux-mêmes. Il est dommage que l’intrigue
soit d’un clacissisme éprouvé jusqu’au grand final de rigueur et passe d’une
idée originale à un cliché 22 bis et quelques invraisemblances, sacrifiant un
brin les personnages en passant. Mais cela reste largement au-dessus du tout
venant. Les frères refusent toujours d’aller faire des films à Hollywood,
tenant à garder le lien avec leur Australie natale (comme un certain Jackson
avec la Nouvelle Zélande !)




Divergente



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


139mn Divergent M6 2014 Neil Burger, avec Shailene Woodley, Theo James, Ashley Judd, Kate Winslet, Jai Courtney…



Après une guerre atomique, la ville de Chicago s’est retranchée derrière un mur
et ses habitants sont divisés en cinq catégories. Tris voudrait rejoindre les
Audacieux, les gardiens de la ville, mais ses examens démontrent qu’elle est
une Divergente, des parias qui ne font partie d’aucune catégorie. Il lui faudra
donc tricher tout au long de son entraînement…

Enième adaptation d’un best-seller pour ados, cet effort relève plutôt du
cinéma-bis friqué, tant il se contente de singer servilement ses modèles
(« Hunger games » principalement et, pour les archéologues,
l’esthétique évoquera « Equilibrium » et tous les autres films
dystopiques). On veut bien admettre le postulat de base, mais ces « audacieux »
censés défendre la ville (de quoi ? Mystère) ne semblent pas avoir
grand-chose à faire sinon courir dans les rues et faire du parkour… Sinon, que
dire d’une société (dont, bien sûr, on a éliminé les gros, les moches et tout
ce qui n’est pas compatible à MTV), où il convient d’éliminer les autres pour
survivre (pas une pensée n’est accordée aux éliminés, ni à la société des
Divergents, SDF à peine entraperçus) et où seule la force permet de triompher
sans remettre en question l’ordre établi ? Le tout est si lisse que lorsqu’on
en vient à quelques enjeux, ils sont à peine compréhensibles, ce qui rend le
métrage à la fois trop long et manquant d’exposition. Shailene Woodley n’est
jamais vraiment convaincante, Theo James n’a qu’à avoir l’air
« cool » et seule Kate Winslet insuffle un peu de vie à son rôle trop
bref. Et le tout se conclut sur un affrontement comme on en a vu des milliers.
Apparemment, à force que les séries TV habituent les gens à se goinfrer de la
même soupe sous emballage différent, obligés par la pression conformiste de
trouver ça top-giga-cool-lol, cela suffit, puisque le film a cartonné…




Eliminators



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Crash and Burn ESI 1990 Charles Band, avec Paul Ganus, Megan Ward, Ralph Waite, Bill Moseley…



.
Dans un monde futuriste dominé par les multinationales… l’une d’entre elles,
Unicom, emploie des cyborgs à qui elle peut donner à tout moment l’ordre de
tuer. Tyson Keen, un livreur motorisé, découvre une station TV pirate où
s’organise la rébellion. Mais Unicom a envoyé un cyborg tuer son leader. Alors
que les résistants et Keen sont immobilisés sous terre par une tempête
thermique, il apparaît vite que l’androïde est l’un des leurs…

.
Encore une fois, le visuel et le titre du gouleyant « Eliminators »
de Peter Manoogian sert à vendre un titre qui n’a rien à voir, en fait une
vague suite au « RoboJox » de Stuart Gordon. Au moins, le résumé de
quatrième n’est pas mensonger… Si la situation futuriste, où un effondrement
des marchés dû à un krach informatique généralisé à permis la dictature des
multinationales, est pertinent aujourd’hui, l’ensemble vire vite au
« Terminator » du pauvre en huis clos avec tous les travers du film
de couloir. On repompe même directement une scène de « The
Thing » ! Quand au robot promis, il arrive deux minutes vers la fin,
apparemment parce que le scénariste (J.S. Cardone, réalisateur des
« Vampires du désert ») l’avait sur son cahier des charges. Bof… Tout
premier rôle de Megan Ward, qui poursuivra une carrière télévisuelle abondante.
Le vrai « Eliminators » semble s’être perdu dans une faille
spatio-temporelle.




Europa Report



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Metropolitan 2013 Sebastiàn Cordero, avec Daniel Wu, Sharlto Copley, Christian Camargo…



Une mission est envoyée explorer une des lunes de Jupiter à la recherche de
vie. Lorsqu’elle ne revient pas, un documentaire détaille leur expédition —
pimentée lorsqu’ils croient repérer une lumière…

Un
point de départ très « 2010 » pour ce film d’un réalisateur
équatorien qui prend à nouveaui la forme du documenteur, comprenant les
sempiternels commentaires de journaliste… Une forme qui, cependant, permet
d’insuffler un poil de réalisme pas loin de la hard science qui devrait séduire
les fans : ce n’est pas le genre de film où des vaisseaux spatiaux
génériques traversent l’univers sans un raté. Une fois que le mystère est posé,
malheureusement assez tardivement, le suspense s’installe et la dernière image,
saisissante malgré des effets spéciaux fauchés (mais là n’est pas le propos)
donne un nouvel éclairage au film en montrant que son sujet n’était pas juste
un film de monstre extraterrestre. Il est juste dommage que les personnages
soient si peu développés qu’on reste relativement indifférents à leur sort, ce
qui eut pu aider à supporter cette forme de documenteur (Pour ses amateurs,
« Le projet Blair Witch » fonctionnait justement parce qu’on
s’attachait aux personnages). N’empêche, voilà enfin une proposition différente
qui ne prend pas le spectateur pour un crétin. C’est déjà beaucoup…




Green Lantern



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


114/123mn 2011 Martin Campbell, avec Ryan Reynolds, Blake Lively, Peter Sarsgaard, Mark Strong, Tim Robbins, Angela Bassett…



Le corps des Green Lantern a toujours protégé les mondes habités de l’univers,
mais le Corps est menacé par Parallax, un être maléfique se nourrissant de la
peur. Abin Sur, blessé, s’écrase sur Terre. Son anneau, siège de son pouvoir,
doit se trouver un autre maître : ce sera Hal Jordan, un pilote d’essai…

Comme la franchise Harry Potter touche à sa fin, l’hydre Warner a fouillé les
poubelles du catalogue DC afin de trouver un nouveau héros de seconde zone a
décliner en autant de produits dérivés… Et c’est raté, même une promotion
agressive n’a pu sauver cet effort laborieux. On pourrait passer sur le fait
que le film utilise tous les clichés du genre, du brave type possédé (qui a dit
le premier « Spiderman » ?) au méchant générique en passant par
la demoiselle à sauver, plus une histoire d’apprentissage bateau. Mais d’abord,
on nous impose pour héros un personnge accumulant lui-même les clichés, mais
qui, au fond, n’est qu’un crétin dépourvu de toute qualité particulière, sinon
celle d’être rendu surpuissant par un élément extérieur (si les producteurs
pensaient rendre plus facile l’identification, cela en dit long sur leur
opinion des spectateurs…) C’est sans composer avec une direction artistique à
la ramasse noyant l’image dans des déluges bariolés rendant difficile à voir ce
qui se passe exactement ! Et tout ceci dure, dure, sans la moindre tension,
sans rien qui justifie que l’on continue de regarder ce nanar friqué où même
les acteurs ont l’air mal à l’aise. Résultat : le pire film de super-héros
depuis « Batman et Robin ». C’est dire…




I origins



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


M6 2014 Mike Cahill, avec Michael Pitt, Steven Yeun, Astrid Bergès-Frisbey, Brit Marling…



Au moment où le savant Ian fait LA découverte du
siècle, il perd sa fiancée Sofi dans un accident. Des années plus tard, marié à
son assistante Karen, il est à la tête d’une technologie permettant de scanner
les yeux de toute personne vivante. Mais à la naissance de son fils, il
découvre que celui-ci a l’empreinte rétinale d’un autre homme…



C’est bon de tomber enfin sur un film de SF qui ne
soit pas prétexte à des courses-poursuites et des explosions. Et celui-ci qui
commence plutôt bien par une de ces romances invraisemblables entre deux
personnes opposées (même si le réalisateur a du se passer « Eternal
sunshine of the spotless mind » en boucle) : Astrid Bergès-Frisbey
touche juste et donne ce qu’il faut d’excentricité à son personnage qu’on
croirait sorti d’un Woody Allen. C’est lorsqu’elle disparaît de l’équation que
tout se gâte… Brit Marling, révélation de « Another earth », est ici
totalement transparente, balançant sans sourciller des phrases telles que « les
yeux sont vraiment les miroirs de l’âme ! ». Car le film se veut
soudain une thèse, qu’il assène à grand coups de coïncidences, de
pseudo-science risible et d’effets faciles. Et après avoir passé tout le temps
à asséner sa vérité, sans déflorer, le tout se clôt sur une des plus belles
queues de poisson qu’on ait vu depuis longtemps. C’est là que la malhonnêteté
de l’entreprise finit par pointer son nez… Comme tous les drames arty, celui-ci
aura ses défenseurs et ses détracteurs, alors à chacun de se faire une idée, mais
en sachant dans quoi on s’engage…




Infectés



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


Carriers Metropolitan 2009 Alex & David Pastor, avec Lou Taylor Pucci, Chris Pine, Piper Perabo, Emily VanCamp…



.
Un virus a décimé une partie de l’humanité. Deux frères tentent de survivre en
mettant au point un certain nombre de « règles »…

.
Drôle de projet, maintes fois retardé et arrivé tardivement chez nous après
avoir fait un bide un peu partout, présenté comme un film d’horreur
apocalyptique, mais qui s’avère plutôt proche thématiquement d’un « La
Route »… avec une construction évoquant le « Zombie » de
Romero (la scène du terrain de golf…). Inutile de s’attendre à un film d’action
trépidant, le rythme est volontairement lent et l’essentiel est mis sur les
questions morales qui se posent. Jusqu’où peut-on aller pour assurer sa propre
survie ? Une question assez pointue tant ces masques (décorés de dessins
ironiques !) rappelleront des souvenirs à qui a vécu les « crises
sanitaires » de ces dernières années… En même temps, on peut arguer que
les frères Pastor, d'origine espagnole, n’apportent rien de vraiment neuf — mais le thème n’est-il pas
universel ? — et que le choix d’acteurs du type « beautiful
people » dessert un rien le propos. On peut aussi regretter une fin en
demi-teinte certes logique, mais qui ne résout rien. En tout cas, c’est à
découvrir, mais en gardant en mémoire qu’il ne s’agit ni d’un film d’horreur,
ni d’un film d’action !




Infini



Australie  
Note : 0/5


Seven7 2015 Shane Abbess, avec Daniel McPherson, Grace Huang, Luke Hemsworth, Bren Foster…



Un commando est envoyé sur la colonie minière Infini pour récupérer Whit
Carmichael, seul survivant d’une épidémie. Mais à leur arrivée, ils découvrent
que les colons se sont entretués…

Il faudra quand même admettre un jour que les années 80 ne reviendront pas… Ce
film se veut un hommage aux classiques de la SF, mais se prend les pieds dans
le tapis dès le départ avec une exposition confuse au possible qui noie vite le
spectateur. Par la suite, il est évident qu’on a affaire à un énième film de
couloirs très inspiré par « The thing » ou l’action reste tout aussi
confuse (sans doute pour masquer une série d’agressions très répétitives) et
les personnages génériques au possible dans le genre commando. Quelques bonnes
idées mal exploitées plus tard, on retient surtout la longueur excessive du
tout, jusqu’à une fin plus ou moins ouverte — mais également étirée. Le réal de
« Gabriel » ne s’est qu’à peine amélioré… résultat, le film n’est
même pas sorti en salles dans son Australie natale !




Iron Man 2



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


119mn Paramount 2010 Jon Favreau, avec Robert Downey Jr, Mickey Rourke, Sam Rockwell, Don Cheadle, Gwyneth Paltrow, Scarlette Johansson, Samuel L. Jackson, Jon Favreau…



.
Après s’être révélé sous son alias d’Iron Man, Tony Stark est sous
pression : Il a beau promettre d’assurer la paix dans le monde, son vieil
adversaire Justin Hammer tente de bâtir d’autres armures tandis que le
gouvernement voudrait bien mettre la main sur Iron Man, ou du moins sa tenue.
L’apparente mégalomanie de Stark cache un secret plus douloureux : il se
meurt, son cœur artificiel l’empoisonnant à petit feu ! Alors que sa
conduite devient de plus en plus erratique, un scientifique Russe pensant que
Stark a volé les secrets de son père prépare sa vengeance… Et Nick Fury compte
toujours l’incorporer dans sa future équipe…

.
Une suite qui a déçu certains… Il est vrai que, plutôt qu’Iron Man, le film
aurait pu sappeler Tony Stark, tant ses problèmes prennent le dessus, façon
soap opera, donnant un ton résolument adulte à l’ensemble. Heureusement, Robert
Downey Jr manie l’excentricité comme personne actuellement et donne son cachet
au résultat (alors que pourtant, le film de super-héros n’est pas vraiment fait
pour les grands acteurs). Et que dire de Sam Rockwell manœuvrant avec aise dans
un personnage qui aurait pu donner dans le cliché (à comparer avec son rôle
dans « Moon » pour voir l’étendue de son talent) et un Rourke en
méchant de premier ordre (même s’il ne semble pas avoir de véritables
motivations !) Par contre, d’autres personnages sont secondaires :
Paltrow et Johannsen sont aussi incolores que leurs personnages réduits à une
fonction, Cheadle n’est intéressant que lorsqu’il met son costume (et son
revirement est vite expédié…) et, dans la tradition Hollywoodienne, certains
moments du scénario sont bien inutiles. Le principal reproche fait au film est
d’avoir relativement peu de grandes scènes d’action, mais celles qui sont
présentées sont réellement impressionnantes, notamment la première et
extraordinaire apparition de Rourke/Vanko. Rien à dire, c’est du divertissement
honnête qui, pour peu qu’on accepte son côté adulte, ne vole pas le spectateur
et assume parfaitement son côté épisode d’une saga plus que simple suite. C’est
déjà pas mal de nos jours… Episode 3 prévu… pour 2013, après « Les
Vengeurs ».




Jurassic World



Etats-Unis d'Amérique   Chine  
Note : 1/5


124mn Universal 2015 Colin Trevorrow, avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Ty Simpkins, Nick Robinson, Irrfan Khan, Vincent D’Onofrio, Omar Sy, BD Wong…



Jurassic World est né des cendres de Jurassic Park
et a effectivement ouvert ses portes. Mais la nécessité d’en offrir toujours
plus a poussé les créateurs a usiner génétiquement un nouveau dinosaure de leur
invention, plus effrayant, plus intelligent… Plus dangereux !

L’idée de continuer la série n’était pas mauvaise en
soi, le thème étant bien assez riche et les évolutions de la technologie
permettant d’offrir toujours plus de réalisme. Mais là, on a juste droit à un
faux remake du premier avec qui pis est un courant de cynisme
désagréable : la critique du besoin d’en offrir toujours plus au public
quoi qu’il arrive, marketing compris, dans un film entièrement basé sur
l’esbroufe et le placement de produit ressemble à une façon de se dédouaner à
peu de frais, et les clins d’œil peu subtils à Spielberg, ici producteur
exécutif, et au premier film finissent à ressembler à du fayotage éhonté…
Inutile de dire que le scénario basé sur des personnages limité à des
archétypes (Le n’héros 100% pur porc, l’executive-woman, les deux frères —
heureusement que les acteurs en tirent ce qu’ils peuvent), les invraisemblances
à la pelle (quel crétin hyrdocéphale peut avoir conçu un parc animalier avec
une sécurité aussi nulle ? Des Jeeps immobilisées depuis vingt ans
redémarrent avec juste un coup de jus ? Etc…) et des enjeus traités par-dessus
la jambe (D’Onofrio et son « plan » à peine esquissé pour offrir un
méchant à peine entrevu) De plus, on a l’impression qu’à force, même les
dinosaures ne sont plus si intéressant, et on serait en peine de retrouver la
force de la première apparition du T-Rex dans le film originel. Et le tout
continue à la va-comme-je-te-pousse, mêlant scènes susceptibles d’arracher un
sourire — pas forcément pour la bonne raison — à d’autres carrément
nanaresques, dont le baiser cinématographique le plus forcé qu’on ait vu depuis
longtemps et un finale emphatique mais décevant. Tout ceci formaté et prêt à
être livré en pâture à un public préférant crever plutôt que donner sa chance à
ce qui n’est pas suite, remake ou reboot, public qui en fit le succès de
l’année et le troisième film le plus profitable de tous les temps, avec une
suite prévue. En effet, pourquoi se fatiguer ?




La 5e vague



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


112mn The 5th wave Columbia 2016 J. Blakeson, avec Grace Chloë Moritz, Nick Robinson, Liev Schreiber, Maria Bello…



Une série de vagues d’assauts extraterrestres
déclenchant tsunamis et catastrophe ont décimé l’humanité. Alors que Cassie
Sullivan tente de gagner la base militaire où a été envoyé son petit frère, les
soldats entrainent des ados en préparation de la 5e vague dont on
ignore la nature…



La bande-annonce était pourtant prometteuse… Or le
début montre des catastrophes génériques soulignant surtout le manque de
moyens. Pire, face à une possible extermination de l’humanité, les personnages
de carton-pâte ne semblent pas témoigner plus d’émotion qu’un jour de
grève ! L’autre défaut du film apparaît vite : le rythme d’une
lenteur soporifique donnant l’impression d’un épisode de feuilleton de 50mn
étiré par de nombreuses scènes-Ikéa, le tout bourré d’invraisemblances
(apparemment, on peut transformer des ados en soldats en quelques jours…). Et
au milieu de l’apocalypse, tout le monde est impeccablement coiffé, propre et
maquillé… On croit toucher le fonds lorsque le tout vire soudain au
« Twilight » romantico-cucul, mais on nous inflige ensuite des
retournements de situation d’un crétinisme absolu, sans oublier de malmener le
peu de logique qui reste. Certes, ils étaient dans le roman, mais vu les
libertés qu’on prend avec certaines adaptations… Le tout se conclut sur une fin
ouverte annonçant l’inévitable suite et la leçon de morale habituelle à ce
genre de productions (« C’est l’espoir qui nous rend humains ».
quelle découverte ! Quelle profondeur !) Ça peut s'éviter…




La planète des singes : l’affrontement



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


130mn Dawn of the planet of the apes Fox 2014 Matt Reeves, avec Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman, Keri Russell…



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2026. La grippe aviaire a décimé l’humanité. Les singes, eux, se sont adaptés à
la grande forêt et croient les hommes éteints. Jusqu’au jour où un petit groupe
venu d’un campement à San Francisco entre en contact… Bien que sommés de ne
plus s’aventurer dans la forêt, les humains n’ont pas le choix : ils
doivent remettre en marche un barrage hydroélectrique sous peine de tomber en
panne d’électricité — et de renoncer à leurs espoirs de contacter d’autres survivants.
Caesar accepte, mais la trêve et fragile et, dans les deux camps, certains
rêvent d’en découdre. Jusqu’à ce que Koba le rebelle, aveuglé par la haine et
la soif de pouvoir, commette l’impensable…



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Un élément de plus à apporter au dossier « une suite peut-être mieux que
l’original (fût-il un remake… ou une préquelle… on s’y perd !) Loin du
côté lourdement démonstratif du « origines » ou chaque émotion était
télégraphiée, la première partie est plus fine, montrant la difficile cohabitation
entre deux parties : la tension est omniprésente, toujours prête à
exploser sans forcément sommer le spectateur de choisir un camp. Du coup,
lorsque l’action éclate bel et bien, elle n’en est que plus absurde, au point
que la compétence de la bataille qui s’ensuit, pleine de bruit et de fureur,
met presque en porte-à-faux. La seconde partie est plus classique, présentant
toujours le problème des loyautés, mais jouant plus sur les grosses ficelles
émotionnelles jusqu’à l’obligatoire grande scène finale. N’empêche,
contrairement au premier, ce film formellement magnifique — et posant une fois
de plus la question des limites de l’impossible à l’écran — n’a pas oublié
l’élément humain et ne prend pas le spectateur pour un demeuré, ce qui est déjà
beaucoup. Et quand a-t-on vu un blockbuster à 170 millions de dollars le bout
(mâtin !) ouvertement humaniste et postulant aussi ouvertement que
possible que les armes à feu sont le problème et non la solution ? Le fait
que Serkis, notre Gollum à tous, ait reçu plusieurs prix ou nominations du meilleur
second rôle alors qu’il est un support de capteurs pose quelques questions sur
l’avenir du cinéma que personne ne semble se poser ouvertement. Comme le promet
la fin ouverte, un 3 est prévu pour 2016.




La route



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


111mn The Road Metropolitan 2009 John Hillcoat, avec Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Robert Duvall, Charlize Theron…



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Un homme et son fils tentent de survivre dans un paysage post-cataclysmique…

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Le moins qu’on puisse dire est que le roman originel n’était pas des plus
faciles à adapter, puisqu’il s’agit d’une sorte de long poème en prose, une
élégie de fin du monde expérimentale où la simple répétition des gestes
essentiels et la désespérance de jours sans possibilité de renouveau avec un
usage bien particulier de la ponctuation (ou plutôt son absence)… parti-pris
qui permet aussi de le trouver tout aussi répétitif et ennuyeux. Le réalisateur
du trop oublié « Ghosts of the Civil Dead » et « The
Proposition » semblait le choix idéal : le livre fonctionnait sur une
atmosphère, ce dont Hillcoat était capable : que dire d’un film ou pas un
seul personnage n’a de nom ! Au moins, personne n’a cédé à la tentation
d’en faire un autre « Mad Max », même si on n’échappe pas à une scène
de film d’horreur rajoutée : ce paysage post-cataclysmique est
parfaitement rendu, avec des scènes composites d’une beauté troublante. Du
coup, malgré un semblant de happy-end gardant l’ambiguité morale du roman (le
père a-t-il raison ou tort de refuser de rejoindre les survivants ?), ce
film risque d’enthousiasmer… ou de provoquer une bonne sieste, pour peu qu’on
ne soit pas dans le bon état d’esprit. Tout sauf un film commercial donc, ce
qui est sa principale qualité et son principal défaut…




Le livre d’Eli



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


118mn The Book of Eli Metropolitan 2010 Albert & Allen Hugues, avec Denzel Washington, Gary Oldman, Mila Kunis, Ray Stevenson, Jennifer Beals, Michael McDowell, Tom Waits…



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Trente ans après la catastrophe… Eli continue de marcher vers l’ouest. Or il
est le détenteur d’un livre précieux… un livre que Carnegie, le caïd d’une
petite ville, convoite également. Mais une puissance supérieure protège Eli…

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Décidément, en ces temps troublés, on redécouvre le genre post-cataclysmique
façon années 80… et ce film, le premier des frères Hugues depuis le sous-estimé
« From Hell », n’y apporte pas grand-chose. C’est le genre de
pelloche où des bandes de punks (tous bâtis sur le même moule) détroussent et
tuent, ou l’eau est rare (mais pas l’essence, semble-t-il) et où des méchants
suaves dirigent des villes-frontières à l’aide de leur gang (dont on se demande
bien comment il peut asseoir son autorité) ; et même dans un paysage
apocalyptique, on parvient à caser une pub pour iPod… Cela dit, la réalisation
a beau utiliser des filtres solarisés à outrance comme le Tony Scott moyen pour
donner une patine à l’image, on évite le montage frénétique, conformément au
ton plutôt contemplatif de ce qui est avant tout un western au rythme assez
lent faussement vendu comme un récit d’action. Denzel Washington change de
registre et habite son personnage, jusqu’aux incroyables prouesses qu’il
accomplit pour de bon après un entraînement aux arts martiaux (à presque 60
ans, la performance force l’admiration !), même si ledit personnage semble
un peu trop indestructible ; et Gary Oldman vieilli s’inspire de son rôle de
« Léon » et reste excellent. 
Le livre au centre du récit est plutôt un McGuffin (on ne tente pas
vraiment de cacher ce qu’il est : dans une fiction Hollywoodienne, cela ne
risque pas d’être un Coran !) qui engendre lui-même bien des
illogismes : la bible est censée recréer la civilisation à elle toute
seule, ressortant le cliché qui veut que les Chrétiens détiennent le monopole
de la moralité face aux hordes païennes, mais Carnegie l’a lu, connaît son pouvoir
et n’est pas devenu un gentil civilisé… Après un twist ironique, le final Saint
Sulpicien en diable achève de ranger le tout dans de la simple propagande chrétienne
pas vraiment subtile. Dommage…




Les gardiens de la galaxie



Etats-Unis d'Amérique   Royaume-Uni  
Note : 4/5


121mn Guardians of the Galaxy Marvel 2014 James Gunn, avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Lee Pace, Michael Rooker, Djimon Hounsou, John C. Reilly, Glenn Close…



Tout jeune, Peter Quill fut enlevé par un vaisseau spatial et grandit au milieu
de mercenaires… Aujourd’hui, il met la main sur une mystérieuse orbe très
convoitée, mais la remise tourne mal lorsque des chasseurs de prime s’invitent
à la fête et il se retrouve en prison. Or un extraterrestre destructeur nommé
Ronan, au service du seigneur Thanos, entend bien mettre la main sur l’orbe qui
détient un pouvoir terrifiant…

Un film vanté comme ouvrant une nouvelle ère du Marvelverse en tant que premier
situé dans l’espace, permettant d’utiliser une nouvelle espèce de héros, bla
bla bla… Tout ceci pour nous donner un bon vieux space-opéra des familles où
Gunn & co semblent avoir pris un plaisir à revisiter tous les clichés du
genre et à jouer avec comme de sales gosses manipulant leurs jouets en
plastique, poussant l’iconoclastie jusqu’à désacralier le fameux ralenti des
personnages à la « L’étoffe des héros » ! Et si le tout a un
fort parfum de « Guerre des étoiles », les aficionados préciseront
que les « Gardiens de la galaxie »  originaux apparurent en 1969, bien avant le premier
« Star wars », et que les codes du space-op littéraire remonte aux
années 30 et E.E. Doc Smith… Contrairement à bien des gros studios, Marvel a
compris qu’il ne suffit pas de balancer des effets spéciaux dans tous les sens,
il faut des personnages, et le groupe, tout aussi disparate soit-il dans ce qui
forme une histoire d’origines, dépasse son statut de cliché ambulant (Groot
rappelle certain Wookie, jusqu’à sa parole limitée, mais comprise par son
acolyte) pour devenir attachants, tant la générosité transpire à chaque plan.
Un artefact destructeur, un méchant générique mais visuellement impressionnant,
que demander de plus ? Un cœur, un cerveau et des idées, et ces dernières
fourmillent, de l’arme inédite de Michael Rooker jusqu’à mille petites
trouvailles offrant autant d’effets de réel et, sans déflorer, le retour d’un
personnage introduit dans le second « Thor ». On croit à cette
aventure échevelée menée à cent à l’heure, on retrouve avec plaisir ses quinze
ans, et la bataille finale, qui souffre juste d’une certaine proximité avec
celle, moins réussie, de « Captain America : le soldat de
l’hiver », prend de réelles proportions épiques malgré de toutes petits
fautes de goût (le retour de môman, bien dispensable). Au fond, c’est la scène
rajoutée de générique qui symbolise bien le film : une idée toute bête,
toute simple, qui eût été grotesque en d’autres mains, mais fonctionne et clôt
le film sur une touche guillerette. On en sort à bout de souffle en se disant
que James Gunn, jusque là cantonné à la série B jubilatoire
(« Horribilis », « Super ») pourrait bien devenir le
successeur de Guillermo Del Toro. Et puis, maintenant que le cinéma ne cesse de
repousser les limites de l’impossible visuellement au point d’offrir des mondes
étrangers sublimes et de nous faire croire dans des personnages aussi
improbables qu’un raton-laveur dur à cuire et un Ent monté en graine, on se
demande avec trépidation jusqu’où peuvent aller les réalisateurs. Mais pour ça,
reste encore faire fonctionner ce qui coûte le moins cher, ce machin qui
clapote dans des boîtes crânienne… Puisse le carton de ce film, pas le meilleur
de 2014 mais certainement un des plus jouissifs, fasse réfléchir les crâbnes
d’œuf d’Hollywood enquillant les bides… La bo de la compilation fictive de Star
Lord, composée de vieux tubes bien choisis (Marvin Gaye, The Runaways…)
s’afficha en première place des ventes aux USA, une première pour un CD sans un
seul morceau original. Y’a pas à dire, c’était mieux avant. Ou pas…




Midnight special



Etats-Unis d'Amérique   Grèce  
Note : 2/5


112mn Warner 2016 Jeff Nichols, avec Michael Shannon, Joel Edgerton, Kirsten Dunst, Adam Driver, Jaeden Lieberher, Sam Shepard…



Toutes les polices sont à la recherche du jeune
Alton, enlevé par deux hommes, Roy et Lucas, en cavale à travers le pays pour gagner
un mystérieux point de rendez-vous. Mais on en apprend davantage sur le Ranch,
la secte religieuse où habitait Alton, communauté qui le tenait pour son gourou
et le gardait dans une isolation totale. Ces deux hommes ont-ils enlevé le
garçon… ou voulaient-ils le libérer ?



Un film qui a eu droit à un battage médiatique
conséquent. Et c’est normal : cette histoire estampillée Sundance montrant
des hommes plus laconiques que des personnages de Melville traversant les USA
entre deux chambres de motel a de quoi entretenir l’imaginaire américanoïaque
du salonnard parisien. Ce ton behaviouriste hérité des années 70 plonge
directement dans l’action et permet de découvrir la vérité par petites touches.
Un substrat de crédibilité qui retombe quelque peu lorsqu’interviennent des
effets spéciaux pour série Z… Et au final, au fur et à mesure que le mystère se
dissipe, la thématique est sommes toutes extrêmement simple, déjà traité par de
nombreuses séries B post-E.T./Rencontre du troisième type (ce dernier est une
influence évidente, le personnage de Servier étant décalqué de celui joué par
François Truffaut dans le classique inégalé de Spielberg) ; et si le
finale évite le cliché de la grosse soucoupe, il laisse bien des points en
suspens (notamment le Ranch qui disparaît purement et simplement de
l’intrigue). Un comble pour un film qui à force de se prendre très au sérieux,
semble un peu long à 112mn… Mais il est sûr qu’il y aura autant
d’interprétations, toutes valides, que de spectateurs. Ce qui rappelle que le
cinéma peut et doit rester un art…




Moon



Royaume-Uni  
Note : 4/5


Swift 2009 Duncan Jones, avec Sam Rockwell, Kevin Spacey…



.
L’astronaute Sam Bell a signé un contrat de trois ans pour s’occuper d’une base
lunaire récoltant de l’hélium sélénite. Il vit seul avec un robot nommé Gerty.
Mais alors que son contrat touche à la fin, il a un accident et se découvre un
mystérieux double. Est-il victime d’hallucinations ? Lorsque le double
s’avère bien réel, une autre question se pose : qui… ou que
sont-ils ?

.
Une idée toute simple basée sur une gageure : réaliser un huis-clos
spatial convaincant. Pour son premier long métrage, le réalisateur cite ses
sources : on pense à « Silent Running » (surtout) autant qu’à
« 2001 », voire à « Nothing »… mais il s’agit avant tout
d’une étude de personnage crédible qui dévoile ses retournements avec un sens
évident de la narration (et dont, bien sûr, il vaut mieux ne rien dévoiler).
Sam Rockwell est le choix idéal dans un double rôle qui le fait porter le film
sur ses épaules, donnant une puissance d’émotion inattendue à un film qui joue
énormément sur les non-dits, plus la voix de Kevin Spacey dont on peut dire qu’il
interprète réellement son rôle de robot. Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à
de grandes scènes spectaculaires, mais les quelques passages sur le sol lunaire
sont d’une grande beauté poétique. Seul le quasi-happy end semble être une
concession filmique. Voilà donc un OVNI, un film de SF intimiste, humaniste qui
réussit à transcender ses propres limites malgré quelques influences un peu
trop voyantes (au point que certains ont postulé que l’histoire se situait dans
le même continuum que « 2001 » !). Duncan Jones a beau être le
fils de David Bowie, il a d’ores et déjà réussi à se faire un prénom… On peut
regretter que malgré la caution de Gérardmer, il ne soit pas sorti en salles.




Phénomènes Paranormaux



Etats-Unis d'Amérique   Royaume-Uni  
Note : 0/5


The Fourth Kind Metropolitan 2009 Olatunde Onsunsanmi, avec Milla Jovovich, Will Patton, Hakeem Kae-Kazim, Elias Koteas…



. En Alaska, la petite ville de Nome est l’objet d’un nombre incalculable de
disparitions mystérieuses. La psy Abbey Tyler est peu à peu persuadée qu’une
présence extraterrestre est à l’œuvre, mais en paiera le prix lorsque sa propre
fille sera enlevée…

.
Les soi-disants enlèvements extraterrestres sont toujours pain béni pour un bon
vieux suspense, mais s’avèrent rarement traités. Dans ce cas, si on oublie une
parenté lourdinque avec l’arnaque « Paranormal Activity », on pouvait
s’attendre à un thriller genre « La prophétie des ombres »… L’os,
c’est que le bouzin, à force de vouloir être une « recréation »,
ressemble à un monstre de Frankenstein fait de bouts de « X-Files »
et d’un des pseudos-docus parapsychologiques du sci-fi channel. A tel point que
les « acteurs » se présentent au générique, expliquant qu’ils
interprètent des personnages, et un carton ne cesse de nous le rappeler aux
moment inopportuns histoire d’éviter qu’on soit trop pris par l’histoire. Et
quel intérêt de montrer EN PARALLELE les vidéos « authentiques » et
leurs recréations ? Le tout en utilisant d’effets sonores tonitruants et
de flashes visuels clipés pour gonfler artificiellement un suspense inexistant
jusqu’à une fin abrupte et faux-cul expliquant « à vous de croire »
(ou sinon ?) alors qu’on a tout fait pour présenter l’ensemble comme la
Vérité Vraie, jusqu’au « témoignages » sur fond de générique.
Lorsqu’on sait au prix d’une brève recherche internet que le docteur
« authentique » Abigail Tyler et sa fifille disparue n’ont jamais
existé, sinon dans des « documents » mis en place par l’équipe peu
avant la sortie du film, que l’ensemble est tourné non en Alaska, mais en
Bulgarie et que les « disparitions » de Nome ont toutes été
expliquées par des accidents ordinaires, on se dit que les spectateurs
devraient avoir le droit de coller un procès dans le groin des exploiteurs qui
se payent leur fiole avec tant de cynisme pour raquer quelques sous… Tirons la
chasse.




Predators



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Fox 2010 Nimrod Antal, avec Adrian Brody, Topher Grace, Alice Braga, Oleg Taktarov, Louis Ozawa Changchien, Danny Trejo, Lawrence Fishburne…



.
Plusieurs personnages, tous des combattants émérites plus un docteur, se
retrouvent parachutés dans une jungle sans savoir comment ils en sont arrivés
là. Ils découvrent vite qu’ils se retrouvent sur un immense terrain de chasse,
mais vont devoir également affronter leurs semblables…

.
On voulait croire à ce projet, un temps donné comme une réalisation de
Rodriguez lui-même, et au final, grosse déception : l’ensemble ressemble
plutôt à une fan-fiction de luxe trouvée sur le web, tant l’ensemble accumule
les clins d’œil gratuits et peu subtils à l’œuvre originelle. Le point de
départ, en effet, semble être juste une idée tirée de l‘assez plate série de
romans « Predator » (la notion de deux espèces de Predators
antagonistes semble en venir tout droit), mais peu à peu, on s’aperçoit qu’on
est bien loin de la tension dramatique du premier, ni du développement certes
schématique, mais réel du film de MacTiernan, puisque les personnages soit
s’enguirlandent, soit lancent des répliques consternantes de banalité avec la
mine « dur à cuire » de rigueur. Et, pour corser l’aspect fan-fiction
de l’ensemble, on multiplie les clins d’œil à « Aliens »… Faute de
tension donc, les invraisemblances sont encore plus flagrantes : les
personnages mitraillent le vide pendant des heures (on penserait que des
soldats entraînés économiseraient leurs munitions…), la planète semble
terraformée au point d’avoir une faune terrestre mais dispose de plusieurs
lunes (intéressant pour la gravité…)… Et pour un film nommé
« Predators », ceux-ci sont passablement rares ! Enfin, si une
ou deux bonnes scènes réveillent le spectateur (le combat au sabre de Hanza
contre un Predator) lorsqu’on en vient à l’obligatoire grand final, on a plutôt
l’impression d’avoir été projeté dans un « creature feature » du SyFy
Channel… Résultat, une grosse déception, même si on n’attendait qu’une série B
sévèrement burnée : trop mou, pas assez bourrin, trop référentiel,
l’ensemble vise plutôt le public des « Alien vs Predator », même si
l’équipe s’en défendait. C’est dire s’il est à réserver aux spectateurs peu
exigeants…




Prédestination



Australie  
Note : 3/5


Predestination Sony 2014 Michael & Peter Spierig, avec Ethan Hawkes, Sarah Snook, Christopher Kirby…



L’agent anonyme d’une organisation d’élite de voyageurs temporels ne cesse de
pourchasser le Feu-follet, un terroriste responsable de milliers de morts, et
qui l’a laissé défiguré. Pour avoir une nouvelle chance, il lui faut commencer
par écouter l’histoire d’un inconnu dans un bar…

Nouveau film des frères réalisateurs de « Daybreakers », cette
adaptation d’une nouvelle d’Henlein finirait par confirmer l’adage que les
meilleurs films (ici filmé pour les salles obscures) n’ont droit qu’à une
sortie en DVD… Il faut dire qu’après un prologue trépidant, le spectateur doit
accepter de passer par l’étonnante histoire de la vie d’un personnage tout
aussi anonyme que le narrateur — mais qui, pourtant, est essentielle au récit.
S’ensuivent les habituels paradoxes temporels, mais pour un drame à deux
personnages principaux, il est essentiel que ceux-ci tiennent la route, ce qui
justifie que grâce à une interprétation de grande qualité, on a eu tout le
temps de s’y attacher : la première partie trouve donc tout son sens. Sans
déflorer, certaines surprisesq du finale sont prévisibles, mais à peu près
logique, évoquant plus l’Espagnol « TimeCrimes » que « Edge of
Tomorrow ». Le tout jusqu’à une révélation finale qui, classiquement,
remet en question tout ce qui s’est passé précédemment et incite à reconstruire
le puzzle, assez vertigineux et qui reste en mémoire longtemps après le mot fin.
Certes, de par ses choix audacieux, le résultat ne peut plaire à tout le monde,
mais pour une fois qu’on a affaire à une S.F. adulte qui n’a pas peur d’évoquer
de vraies questions, on ne va pas bouder son plaisir…




Prometheus



Etats-Unis d'Amérique   Royaume-Uni  
Note : 2/5


124mn Fox 2012 Ridley Scott, avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Guy Pearce…



La découverte de peintures rupestres désignant une configuration d’étoiles
amène la Weyland Company à envoyer une équipe d’explorateurs sur la planète
désignée, où ils espèrent trouver les Ingénieurs ayant créé l’humanité. Ils y
trouveront bien une base secrète, mais pas les Ingénieurs. Quelque chose
d’autre a pris leur place…

On le sait, de nos jours, si on veut réussir son coup, il faut forcément
regarder vers le passé. Scott entreprend donc de faire comme si rien n’avait
évolué durant les plus de trente ans qui séparent du premier
« Alien », offrant les mêmes plans froids, les mêmes séquences-clé, donnant
même à Theron la dégaine de Kristana Loken dans « Terminator 3 » et
s’inspirant ouvertement des suites, et surtout « Aliens » ! Et
comme toute Hollywooderie, le scénario (par les rédacteurs respectifs de
« Cowboys contre Aliens » et « The Darkest Hour », ce qui
devait mettre la puce à l’oreille) se contente de balancer séquence après
séquence sans se soucier de cohérence en espérant que les effets spéciaux
friqués feront la différence. Bien sûr, le début accroche, mais avec des ficelles
qui ne peuvent que marcher… C’est le genre de film où les explorateurs
disposent d’espèces de gadgets capables de cartographier l’intérieur de la
pyramide, mais se perdent en chemin l’instant suivant, l’idée des Ingénieurs se
doit d’être contrebalancée par un côté religieux de bazar (et on passe sur une
unité médicale incapable d’effectuer un avortement et censée être
« uniquement pour hommes » bien qu’appartenant à une femme histoire
de ne pas gêner les intégristes), les enjeux changent en cours de route (un personnage
se sacrifie presque pour sauver un artefact qui est oublié deux minutes après),
les larves extraterrestres ont des comportements et des effets différents selon
les moments (mais ils vous transforment en proto-zombies parce que les zombies
son « in »), et on ne sait d’où sort la créature finale. Il est bien
de garder un certain mystère, mais la finalité des Ingénieurs est des plus
absconces et la scène finale incompréhensible : on ne donne pas plus de
raisons aux Ingénieurs de vouloir détruire l’humanité qu’ils n’en ont de
l’avoir créée. Bref, une grosse mécanique consensuelle, où le suspense initial
finit par s’émousser, promettant beaucoup pour n’en tenir pas énormément, sans
scène fortes (celles de l’avortement est loin d’avoir la puissance de celle du
dîner qui est au cœur du premier « Alien ») et jouant sur la
nostalgie et des débauches de CGI pour rafler la mise. Ce n’est pas ennuyeux,
mais la fin ouverte décevante donne un peu l’impression d’avoir vu le début
d’un tour de magie qui n’arrive pas à sa conclusion. Tout ça pour !ça… Et
bien sûr, ça a cartonné, et bien sûr, il y aura une suite… Donc, pourquoi se
fatiguer à laisser un jeune réalisateur bourré d’idées créer un film aussi
novateur que l’était « Alien » en son temps ?



 




Robocop (2014)



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Studio-Canal 2014 José Padilha, avec Joel Kinnaman, Abbie Cornish, Gary Oldman, Michael Keaton, Jackie Earle Haley, Samuel Jackson…



Il y a longtemps que les machines font la guerre (en Iran), et la compagnie
Omnicorp cherche un moyen de le faire accepter sur le sol américain. C’est Alex
Murphy, un policier blessé, qui aura la tâche de devenir Robocop. Mais sa part
d’humanité est-elle une faiblesse ou un atout ?

On le sait, les remakes méritent d’avoir leur chance, même si l’on est souvent
déçu. Le « Robocop » originel était à la fois un actioner
(trop ?) bourrin et une satire ravageuse… Or tout ce qu’il présentait — la
faillite de Detroit, la privatisation rampante, la propagande dominant
l’information (le personnage de Jackson semble bien modéré par rapport à
certains excités bien réels), les membres artificiels — étant devenu réalité,
en avoir une version modernisée et correctement faite était tentante… Sauf que
José Padilha, réalisateur du controversé « Troupe d’élite », connut
le sort des réalisateurs étrangers exilés à Hollywood, les crânes d’œuf faisant
tout pour rogner sa vision créatrice (ce dont il se plaignit lors d’une
conversation privée devenue publique par Dieu sait quel détour) tout en faisant
gonfler le budget avec une post-production bâclée. Et là, on a affaire à un
blockbuster qui s’essoufle à force de n’assumer ni son rôle de spectacle
bourrin, puisqu’il fallait éviter le classement « interdit au moins de 18
ans », et ou la réflexion sur l’humanité du personnage finit par relever
de poncifs sur la chtite famille d’un héros qui n’a même pas l’occasion de
prouver son humanité avant de la perdre. Ce n’est pas la faute de l’acteur,
mais d’une écriture qui privilégie le constat à la satire et la froideur à la
rage sourde animant l’œuvre originelle. Lorsque la meilleure scène d’un film
(une invasion « libérez l’Iran »…) est la première, il y a comme qui
dirait un os… Il est net qu’à travers les personnages de Keaton et Oldman, les
crânes d’œuf d’Hollywood lorgnait du côté de « Batman », mais le
résultat semble dénué d’enjeux ou de véritable point de vue, tentant une amorce
de réflexion avant de replonger dans des scènes à faire de jeu vidéo en CGI. Ce
n’est pas la catastrophe annoncée, juste du cinoche pop-corn jamais ennuyeux
mais jamais passionnant — à part sa scène d’ouverture — qui, à force d’hésiter
entre le cerveau et l’estomac, ne rassasie ni l’un ni l’autre. De plus, sa
distribution fut volontairement sabotée, comme si personne n’y croyait plus.
Dommage…




Splice



Canada   France  
Note : 3/5


Gaumont 2009 Vincenzo Natali, avec Adrian Brody, Sarah Polley, Delphine Channéac…



.
Employés d’un grand consortium pharmaceutique, Clive Nicoli et Elsa Kast
œuvrent à créer des animaux hybrides… Des recherches fascinantes mais pas assez
rentables ! Or une de leurs créations s’avère particulièrement coriace,
donnant un étrange animal… Ils décident de continuer l’expérience en secret,
mais celle-ci ira plus loin que prévu lorsque la créature, baptisée Dren, s’humanise…

.
Gros délire critique pour ce film qui, pourtant, n’est qu’une variation assez
prévisible sur le mythe de Frankenstein où l’aspect scientifique pourra faire
grincer quelques dents. Là où « La mouche » était une métaphore sur
la dégradation par la maladie, celui-ci semble plutôt s’attacher à la
désagrégation d’un couple et, comme le dit Natali, le fait de maltraiter son
« monstre » — plus par ignorance ou incompétence que méchanceté — sert
à décortiquer une famille dysfonctionelle. L’ennui, c’est que la créature, une
fois passé le stade de « mignon », devient vite une simple chose
qu’il faut garder enfermer et dont le comportement devient de plus en plus
erratique, tantôt émouvant, tantôt terrifiante sans véritables transitions.
L’ennui, c’est qu’à aucun moment on ne s’intéresse vraiment à cette nouvelle
forme de vie, à ce qu’elle pense, ce qu’elle peut désirer et à sa réaction face
aux mauvais traitements infligés pour les bonnes ou les mauvaises
raisons : métaphore sur l’égoïsme parental  ou simple facilité du scénario ? Vu les métamorphoses
progressives de Dren, aux pouvoirs de transformation digne d’un X-Man, et la
rapidité avec laquelle les personnages changent de perception (la façon dont
Elsa se transforme en mère indigne et mutilatrice traitant Dren comme un simple
cobaye semble s’opérer en un éclair) donnent à pencher tantôt d’un côté, tantôt
de l’autre. Le finale déçoit, lorsque le tout se transforme subitement en
« La Mutante 5 » avec une de ces courses-poursuites typiquement
Hollywoodiennes dont nul film ne saurait se passer ; et vu la tendance
politiquement correcte actuelle, sans spoiiler, la conclusion est passablement
courue… Reste donc une bonne série B avec d’excellentes valeurs de production
et une sincérité évidente,  ce qui
est déjà pas mal en ces temps cyniques, mais pas non plus le film de SF marquant
et transgressif qu’on nous a promis…




Steel justice



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Universal 1992 Christopher Crowe, avec Robert Taylor, J.A. Preston, Roy Brocksmith, Season Hubley, Joan Chen…



Le policier David Nash a perdu toute joie de vivre lorsque son fils fut
assassiné. Mais il lui apparaît dans ses rêves ainsi que son jouet préféré, le
Robosaurus. Or le petit jouet semble prendre vie… et un patriarche noir hantant
les rêves de Nash apparaît en réalité ! C’est un Veilleur immortel qui l’aidera
à matérialiser le Robosaurus pour venger son fils…

Un thème très capillotracté pour ce téléfilm souvent ennuyeux et grotesque qui
amortit une créature mécanique servant d’attraction aux spectacles de
« Monster trucks » (Oui, cet engin démentiel existe bel et
bien !). L’ensemble est fauché et kitsch, de sa vision d’un futur très
Blade Runner à ses effets faciles, sans oublier des trous évidents (ce futur
est censé être chaud à cause de la destruction de la couche d’ozone, mais tout
le monde porte des vêtements épais…). Seule la vision finale du Robosaurus
piétinant trois caisses tel un Godzilla pour noces et banquets pourra réveiller
l’amateur de ringardise. Sinon : le néant. Et dire que quelqu’un espérait en
faire une série TV… pas de DVD en vue.




Tekken



Etats-Unis d'Amérique   Japon  
Note : 1/5


Eone 2010 Dwight Little, avec John Foo, Ian Anthony Dale, Cary-Hiroyuki Tagawa, Luke Goss, Gary Daniels…



.
Dans l’avenir, les grandes corporations dominent le monde… La plus puissante,
Tekken, organise anuellement l’Iron Fist, un championnat d’arts martiaux
populaire. Après la mort de sa mère, tuée par les nervis de Tekken, Jin Kazama
décide d’entrer dans le tournoi pour accéder à son patron, Mishima. Mais son
fils Kazuya complote pour mettre la main sur la firme…

.
Un projet conçu majoritairement pour les marchés Asiatiques qui semble avoir
vingt ans de retard, à l’époque ou les films tirés de jeux vidéo tentaient de
conquérir des parts de marchés (et, pour la plupart, finissaient dans les bacs
à soldeurs…) La présence de Dwight Little au générique donnait de vagues
espoirs, puisqu’il a réalisé de bons petits films d’action nerveux avant de
passer à la moulinette télévisuelle (quoique, son dernier film étant
« Anacondas 4… Hum.) Et il doit être révélateur qu’il soit le seul à ne
pas apparaître dans les interviews, qui donnent la parole jusqu’au chef
opérateur… Le pire, c’est qu’il y a des moyens (35 millions de dollars de
budget, tout de même), et le début, quoique classique dans le genre
post-catacysmique (on nous montre un réseau de résistance face à Tekken… qui
est aussitôt oublié), dominé par le cascadeur John Foo qui semble prendre son
rôle plus au sérieux qu’il ne le mérite, laisse à espérer un film de SF-baston
au moins fréquentable… Et on déchante dès la seconde moitié. On a droit à la
classique série de personnages aux styles différents, mais le montage trop
saccadé, bien loin des plans fixes du cinéma asiatique, ne laisse pas profiter
des combats. De plus, le tout semble ne pas assumer le fait de n’être qu’un
film de cage de plus et balance une partie dramatique inutile (les conflits
internes à Tekken), plus une vague révolte des combattants qui s’arrête
immédiatement. Et que dire des flashes-back très « Kung Fu » de
l’entraînement du héros ? Et des héroïnes-cliché qui trouvent malin
d’aller en boîte entre deux combats ? Et en prime, on nous balance une
scène supplémentaire post-crédits passablement inutile (mais ça a marché dans
« Iron Man »). Bref, un avatar médiocre, non seulement inutile, mais
qui en plus, ne s’assume pas en tant que simple film de SF-baston. Dommage…




Terminator Genisys



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


126mn Paramount 2015 Alan Taylor, avec Arnold Schwarzenneger, Jai Courtney, Emilia Clarke, Jason Clarke, J.K. Simmons…



Au
moment où John Connor renvoie Kyle Reese dans le passé, il est agressé par un
Terminator. Or il a créé à son insu une nouvelle faille temporelle et  Reese découvre que Sarah Connor l’attend
de pied ferme avec l’aide d’un Terminator reprogrammé…
Les anciennes franchises ne sont pas des icônes
intouchables, des Mona Lisa fragiles qu’il faudrait préserver à l’infini, mais
là… Il est net que ce machin, premier d’une nouvelle trilogie, a avant tout
étré créé pour insérer de force un Schwarzou vieilli et que tout a été bâti
autour, avec en prime une réalisation de téléfilm bâclée multipliant les
erreurs techniques. Les autres personnages sont bâclés : Courtney fait le
même numéro de gros bras générique que dans l’immonde « Die Hard 5 »
(quitte à faire réévaluer l’interprétation viscérale de Michael Biehn) et
Emilia Clarke n’a rien d’une combattante aguerrie — mais apporte
l’indispensable caution série téloche. Le scénario se permet de refilmer des
scènes icôniques sans les comprendre et, à part le changement d’acteur, le T-1000
reste le même, comme si rien n’avait évolué depuis « Terminator 2 ».
Pire, le tout suit servilement le schéma de base mêlant scènes d’action déjà
vues, répliques lamentables et musique tonitruante ; quant à l’idée  dont les scénaristes semblent très
fiers comme quoi, dans un monde connecté à mort, les humains laisseront faire
Skynet, elle est évidente pour quiconque a traîné sur Internet. Pire, lorsqu’on
sort des sentiers battus, c’est pour imposer des idées foireuses (John Connor
devenant un séide de Skynet ?????), une exposition interminable et un
finale nunuche. Bref, certainement le pire de la série… Mais qui a rapporté un
max face à un public captif préférant crever que donner sa chance à quoi que ce
soit d’original. Alors pourquoi se fatiguer ?




The Amazing Spiderman



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


136mn Sony 2012 Marc Webb, avec Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans, Sally Fields, Martin Sheen, Dennis Leary…



Découvrant une mystérieuse mallette ayant appartenu à feu son père, Peter
Parker est mis sur la piste du Dr Curt Connors, de la firme de génétique
Oscorp. C’est là qu’il est mordu par une araignée…

On n’épiloguera pas sur le fait qu’Hollywood cannibalise ses propres franchises
sans même attendre… Faut-il donner sa chance à cette excroissance qui n’a
d’autre finalité que d’engranger du dollar ? L’ensemble fait de son mieux
pour ne pas donner dans la redite, au point d’évacuer Mary Jane Watson pour
Gwen stacy (au mépris des fans, bien sûr) et le début évoque un vague drame
adolescent avec quelques clins d’œil aux geeks comme au public des
« Twilight ». La transition est assez maladroite et le film,
constamment en changements de tons, n’arrive pas à impliquer et se permet des
libertés confondantes (Parker ne cessant de révéler son identité à droite et à
gauche) jusqu’à une scène finale exacerbant le sentimentalisme post-11
septembre qui gâchait un peu la trilogie originale. On a pioché dans les
méchants traditionnels non encore utilisé pour dégoter le Lézard, mais il est
loin d’avoir le panache des Dr Octopus et les CGI font parfois téléfilm. Bref,
un travail de yes-man, une excroissance inutile qui, même prise indépendamment,
ne se hisse pas à la cheville de la première trilogie (malgré les défauts de
celle-ci) Ce n’est même pas mauvais, juste médiocre et emballé comme un produit
surgelé. Et bien sûr, malgré ses 230 millions de dollars de budget
(mâtin !), le tout a cartonné auprès d’un public moutonnier avide de se
faire resservir la même soupe…




The Avengers



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


143mn Paramount 2012 Joss Whedon, avec Robert Downey Junior, Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johannson, Jeremy Renner, Samuel L. Jackson, Tom Hiddleston…



Loki prend le contrôle du Tesseract, un artefact surpuissant arraché à Asgard,
et entend s’en servir pour conquérir le monde à l’aide des Chitauri, ses alliés
extraterrestres. Nick Fury assemble alors une équipe de héros, ce qui ne va pas
sans mal…

Voilà enfin LE film définitif tant attendu, dont tous les autres épisodes
depuis « Iron Man » n’étaient qu’un prélude menant à l’apogée qu’on
nous promettait. Alors ? Un résultat pas tout à fait à la hauteur, qui
s’obstine aveuglément à suivre des chemins balisés. Fini l’humour potache de
« Thor » ou le côté Indiana Jones de « Captain America »,
l’ensemble est prévisible du début à la fin. Curueusement, le début en pleine
action n’est guère palpitant et la présentation des personnages (notamment la
Veuve Noire — qui n’est pas un super-héros à proprement parler — en une
séquence qui ravira les moins de douze ans et moins les autres) très
convenue ; quand aux crêpages de chignon entre héros, ils ne les
réhaussent pas vraiment… Loki lui-même n’est pas vraiment un méchant
charismatique ni flamboyant, mais heureusement, les extraterrestres teigneux
compensent. C’est lorsque vient le finale que le film se réveille, offrant les
habituelles scènes de destruction, mais lisibles — on n’est pas chez Michael
Bay — et offrant même un poil d’imagination, avec ce vaisseau mi-mécanique
mi-organique ondulant au milieu des immeubles. À l’heure ou les blockbusters
surfriqués prennent des allures de nanar de luxe (qui a dit
« Battleship » ?), le tout est loin d’être mauvais, mais vu
l’attente, on est tenté de se dire « tout ça pour ça »… L’ensemble a
fait un prévisible carton, justifiant d’autres produits et suite estampillés
Marvel.




The Colony



Canada  
Note : 2/5


WildSide 2013 Jeff Renfroe, avec Kevin Zegers, Lawrence Fishburne, Charlotte Sullivan, Bill Paxton…



Lorsque la Terre s’est vue prise dans un éternel hiver, un groupe de survivants
s’est réfugiée dans la Colonie 7 pour survivre sous le sol. Mais les graines et
les protéines viennent à manquer… C’est alors qu’ils reçoivent un appel à
l’aide d’une colonie voisine. Ils découvriront que celle-ci a été investie par
des cannibales dégénérés…

.
Un film qui parvient à mêler deux clichés du film post-cataclysmique, la lutte
contre une horde de zombies/cannibales/infectés et l’apprenti-dictateur en
profitant pour s’aroger tous les pouvoirs, même si ce passage vite expédié
sembler plutôt là en tant que figure imposée (On imagine le réalisateur rayant
« L’apprenti dictateur » de sa liste en disant « bon, ça, c’est
fait »…). Cela dit, si le tout est riche en clichés (le leader — enfin, on
imagine, ou alors un plus photogénique que les autres — des dégénérés, paré
pour la baston finale) et pas toujours des plus vraisemblables, on injecte
assez d’énergie dans ces situations archétypales pour éviter l’ennui et le tout
ne se prend pas pour plus qu’il n’est, contrairement à certains
apprentis-« La route ». S’il semble plus à sa place en DVD, l’ensemble
est un film de cinéma au budget correct (16 millions), et si certains décors
font factice, on est loin des direct-vidéos laids et tremblotants. La
réalisation est efficace à défaut d’être inspirée, la situation de départ
évoquant curieusement « Le transperceneige » relativement crédible et
le passage au film d’action, s’il ne révolutionne rien, instaure un certain
rythme. Et si on a souvent une impression de déjà-vu, déjà lu et déjà bu,
l’ensemble n’ennuie jamais vraiment. Et n’est-ce pas le péché capital d’un divertissement ?
Rien d’indispensable, juste de la série B aux chromes un peu rouillés, mais les
amateurs du genre peuvent y jeter un œil.




The Darkest Hour



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Fox 2011 Chris Gorak, avec Emile Hirsch, Olivia Thirlby, Max Minghella, Rachael Taylor…



Sean et Ben sont à Moscou pour affaires lorsqu’une invasion meurtrière
d’extraterrestres ravage la ville. Adjoints à deux vacancières, ils vont tenter
de survivre…

Misère ! Même des œuvres ratées comme « Skyline » avaient du potentiel
gâché, mais là, c’est éléctroencéphalogramme plat. D’abord, on se retrouve
coincé avec la bande de post-ados débiles qui peuplent ce genre de films,
lequel tourne vite en rond, plagiant « Cloverfield », « L’empire
des ombres », « 28 jours plus tard » et tous les autres films
d’invasion. C’est le genre de pelloche ou un comparse peut tirer à la
mitraillette sur un extraterrestre immatériel alors que ses amis sont à
quelques mètres derrière lui
sans les
toucher, où un quidam (un électricien vivant dans une cage de
Faraday !!!!) a conçu en quelques jours avec des bouts de ficelle une arme
capable de défaire les envahisseurs (c’est beau, la science infuse…), où on
tire d’un chapeau des contraintes pour les oublier aussitôt et où les
personnages se téléportent sans rime ni raison ; et on passe sur la morale
guerrière finale. Les extraterrestres à peine aperçus (y’a pas de petites
économies…) sont des CGI pour téléfilm du syfy channel, comme les rares scènes
se voulant spectaculaires, et le tout est nimbé d’une musique martiale
tonitruante. Pire encore, la réalisation multiplie les cadrages étriqués
cache-misère pour téléfilm bas de gamme. Inutile de dire qu’on s’ennuie ferme
face à ce sous-produit qui n’offre même pas le minimum syndical… Pire, cette
daube est sortie en salles un peu partout alors que bien des films plus
intéressants (qui a dit « The Divide » ?) sortent directement en
DVD !




The Scribbler



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Pathé 2014 John Suits, avec Katie Cassidy, Garret Dilahunt, Michelle Trachtenberg, Gina Gershon, Eliza Dushku…



Souffrant
de multiples personnalités, la jeune Suki suit le traitement un traitement
d’électrochocs supprimant ses alter ego indésirables. Elle est considérée assez
saine pour être internée en liberté dans une tour peuplée de patients
récupérables. Mais alors qu’elle continue son traitement, une de ses
personnalités, The scribbler, lui laisse des messages cryptiques. Et laquelle
de ces poersonnalités est vraiment elle ? De plus, ses camarades de tour
commencent à faire la grand saut les unes après les autres…

Drôle de film, adapté d’un BD anglaise par son auteur, Dans Schaffer, par le
réalisateur de l’immonde « Breathing Room ». Encore un
film-Frankenstein qui ne sait ce qu’il veut être : un thriller à la
« Identity » avec une esthétique craspec post-« Fight
Club » ? Une métaphore à la « Sucker Punch » ? Une
œuvre de SF métaphysique centré sur cette « machine » bien basique
détruisant des personnalités par électrochoc (avec un décompte indiquant
combien il en reste !!!) mais au final bien plus que ça ? Une
histoire de folie Burroughsienne où on ne s’étonne plus qu’un chien ou même un
ascenseur parle à l’héroïne entre deux citations de Miller ou Bukowski ?
Lorsqu’on en vient à un duel final sous la pluie à la « Matrix » (aux
doublures évidentes…), le spectateur ne sait plus où il en est jusqu’à une
conclusion incompréhensible saupoudrée de philosophie de bazar. Il s’agit donc
d’un vrai gloubi-boulga d’éléments disparates, mais un gloubi-boulga qui
s’avère étrangement distrayant pour peu qu’on accepte son côté n’importe quoi.
Tout le monde semble avoir pris le tout très au sérieux, szans se croire plus
intelligent que ce matériau de base foireux, et même bien s’amuser (Gershon ou
Trachenberg, qui a bien changé depuis « Buffy », en tête) Résultat,
ce machin touché par l’ange du bizarre pourrait bien franchir le stade du
nanar, voir du plaisir coupable. A vous de voir…




Transformers 4 : L’âge de l’extinction



Etats-Unis d'Amérique   Chine  
Note : 1/5


185mn Transformers : Age of extinction Dreamworks 2014 Michael Bay, avec Mark Wahlberg, Stanley Tucci, Nivcola Peltz, Jack Reynor, Kelsey Grammer…



Après la destruction de Chicago, la Terre a déclaré les Autobots indésirables,
quitte à recevoir l’aide de Lockdown, un Transformer envoyé par leurs
créateurs, pour assister l’agence secrète chargée de les chasser. Cade Yaeger,
un inventeur raté, achète un vieux camion qui, en fait, cache Optimus Prime.
Celui-ci intéresse forte la société KSI et son directeur Joshua Joyce : a
l’aide des pièces des Transformers abattus et d’une technologie découverte au
pôle, il entend bien dupliquer les robots géants en version améliorée. Or la
Graine qui doit lui permettre d’obtenir une quantité de Transformium, une sorte
de métal métamorphe, contient en elle la destruction de la Terre, comme les
mêmes extraterrestres exterminèrent jadis les dinosaures…

La nullité crasse des grosses machines hollywoodiennes rendrait-elle indulgent
?  Cet épisode est meilleur que les
2 et 3 — ce qui est un bien faible compliment, vu leur nullité crasse et
déplaisante… Car si le début, où Shia LaBeouf est remplacé par Wahlberg en
inventeur raté (pourquoi prendre des acteurs connus pour leur donner des rôles
génériques en diable, ça…) ET père célibataire™ histoire de ne pas louper un
cliché, est du Transformers de base mèlant personnages à peine présentés,
enjeux nébuleux et méchants très méchants qu’on doit reconnaître tout de suite  (et oui, toujours les plans de 4x4 noirs
lâchés dans la nature), par la suite, on a droit à une amorce de scénario entre
deux explosions. Mêler à l’intrigue les créateurs des robots est une jolie idée
et Bay soigne certains plans, de l’intérieur de ce vaisseau extraterrestre
bourré de pièges plus quelques jolies visions. Mais on retombe vite dans
l’humour foireux à base de chamailleries entre Wahlberg (dont le personnage est
souvent un crétin déplaisant), sa fille ado générique (mais en short, c’est
tout ce qu’on lui demande) et son copain, dont la caractéristique principale
est celle de tout mec dans une histoire pour ado, à savoir d’être un accessoire
de sa bagnole. (Le fait que Bay est excellement maîtrisé l’humour dans son
étonnemment jouissif « Pain & Gain », dont il obtint le
financement sur la promesse de revenir réaliser ce film, prouve qu’il s’agit
sans doute du mépris du spectateur typique des crânes d’œufs d’Hollywood
pensant que le public se compose de kikoos décérébrés à qui il faut laisser le
temps de tripoter leur beau top-smartphone tout neuf entre deux explosions) Le
finale à Hong Kong témoigne surtout de la co-production avec la Chine et son
immense public qui, ces derniers temps, rattrapa quelques blockbusters
foireux : mais il faut reconnaître que Bay gère plutôt bien le décor
local, offrant un poil d’exotisme à qui n’est pas habitué aux productions hong
kongaises. On a droit à la quantité habituelles de scènes de destruction (Mon
Dieu avec quel mépris des dommages collatéraux…) et aux invraisemblances
habituelle (pour chasser les robots indésirables, on emploie un autre robot ?
On imagine les négociations et les termes du contrat…), mais à force de vouloir
en offrir toujours plus — et il est vrai que la notion d’impossible au cinéma
est repoussée très loin — on frôle l’overdose… Le 5 est déjà prévu, sans
Bay. On se demande qui relèvera le défi…




X-men : Apocalypse



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


144mn Warner 2016 Bryan Singer, avec James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Ben Hardy, Tye Sheridan, Nicolas Hoult, Sophie Turner…



Dix ans après le sommet de Paris qui révéla
l’existence des mutants… Les pouvoirs de Scott Summers commencent à se
manifester, et son frère l’emmène voir le professeur Xavier qui a déjà créé son
école. Mais une archéologue découvre en Egypte le tombeau de En Sabah Nur, le
tout premier mutant qu’un rituel a rendu immortel. Sa résurrection provoque une
onde de choc ressentie de le monde entier, et qui oblige Magnéto, devenu simple
ouvrier en Pologne, à se démasquer. En Sabah Nur va enrôler quatre mutants en
remplacement de ses anciens lieutenants. Son but : purger ce monde qu’il
juge décadent…



Continuation du récit d’origine commencé avec
« Days of future past », ce film s’avère moins brouillon, s’il suit
une formule qui commence à être connue. Cette fois, on met moins l’accent sur
des scènes spectaculaires qui le sont de moins en moins pour des spectateurs
blasés et plus sur l’histoire, quitte à sacrifier les personnages (seul Magnéto
est vaguement développé et a droit aux meilleures scènes, bien que le pont avec
Auschwitz frôle le sentimentalisme) )et il est étonnant que le récit reste
limpide malgré l’obligation de brasser nombre de personnages et d’événements
issus d’un univers de plus en plus complexe. Par contre, certains effets
spéciaux semblent inaboutis et on bute sur l’éternel problème : avec un
méchant à la fois générique (il semble vouloir détruire le monde parce que c’est
ce que fait tout super-vilain digne de ce nom) et omnipotent, le finale ne peut
qu’être au mieux décevant, au pire une escroquerie. Si la surprise n’est plus
là (mais on le sait, ce n’est pas ce que cherche le spectateur de franchises)
et qu’on se contente de gérer le capital, quitte à frôler le putassier (l’apparition
de Wolverine, strictement inutile), on est loin du mépris du spectateur de
films comme « Batman vs Superman » — qui, pourtant, a bien plus
rapporté malgré la lassitude progressive du public pour les super-héros (4
films en 3 mois en cette année 2016, tout de même).  On en retire ce qu’on vient y chercher ; pas plus, mais
pas moins non plus.