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Suspense

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Afterparty



Espagne  
Note : 1/5


2013 Miguel Larraya, avec Luis Fernandez, Alicia Sanz, Rocio Leon, Ana Caldas…



Carlos « El Capi » est la vedette d’une
série TV horrifique, mais va d’ennuis en ennuis : quelqu’un a fuité la fin
de la série sur internet et tout le monde lui en veut de sa rupture avec Maria,
également actrice DE LA SÉRIE. Pour oublier, il se rend à une fête. Mais le
lendemain, ils ne sont qu’une poignée dans la demeure hermétiquement scellée,
et quelqu’un grimé comme le tueur de la série entreprend de les assassiner…

Un slasher ibérique qui prend la voie des huis-clos à
la « The pool ». Les valeurs de production sont là et le point de
départ intrigue, mais le tout se perd vite dans une série de révélations
sacrifiant toute crédibilité. De plus, pour un slasher, le tueur n’est guère
actif et les scènes sanglantes se font attendre. Bof… Distribué en vod avant le
DVD.




Avant d’aller dormir



Etats-Unis d'Amérique   Royaume-Uni   France   Suède  
Note : 0/5


Before I go to sleep TF1 2014 Rowan Joffe, avec Nicole Kidman, Colin Firth, Mark Strong, Anne-Marie Duff…



Tous les matins, Christine se
réveille aux côtés de son mari Ben en ayant tout oublié de son passé :
suite à une agression, elle souffre d’amnésie. Mais il y a ce psychiatre, le Dr
Nasch, qui lui conseille de garder un journal vidéo de ses journées. Elle
découvre peu à peu que Ben lui cache des choses…

Adaptation apparemment très
libre d’un best-seller par le réalisateur de « Brighton Rock », le
début intrigue… mais ne tarde pas à tourner en rond. On se retrouve dans un
énième « thriller hitchcockien » à la réalisation à la fois froide et
emphatique ou une musique grandiloquente souligne chaque non-evénement, avec
des flashes-back aux endroits stratégiques (éternel signe d’impuissance du
scénariste paresseux). La « révélation finale » est facile à
deviner, débouchant sur un finale mélodramatique frôlant le nanar. Bref, un
vulgaire scénar pour téléfilm minimaliste (il n’y a quasiment que trois
personnages, Mark Strong jouant un personnage positif, pour une fois — afin de
duper le spectateur ?) de bas étage, bourré d’invraisemblances, qui, Dieu
sait pourquoi, a bénéficié d’un casting de série A. À moins d’être fan de Firth
ou Kidman, tous deux meilleurs que le matériau ne le demande, ça peut s’éviter…




Crime d’amour



France  
Note : 3/5


UGC 2010 Alain Corneau, avec Ludivine Sagnier, Kristin Scott-Thomas, Patrick Mille, Guillaume Marquet…



. À la tête de la filiale d’une
multinationale d’agro-alimentaire, Christine Rivière exploite sa collaboratrice
Isabelle Guérin, fascinée par cette femme à la maîtrise impressionnante. Une relation trouble qui va basculer le jour où Christine l’humilie publiquement…

. On ne reviendra pas sur le
triste fait qu’Alain Corneau mourut (bien trop tôt) avant la sortie de son
dernier film… Une œuvre qui prend la forme d’une épure avec assez peu de
personnages, retrouvant le ton de « Stupeur et Tremblements » dans sa
description du monde de l’entreprise avant de basculer dans le policier le plus
pur, premier amour du réalisateur. Il s’agit également d’une occasion de
profiter d’une brochette d’acteurs éblouissante, en pleine possession de leurs
moyens. Mais une fois de plus, le diable est dans les détails… on a du mal à
croire qu’Isabelle soit la seconde de la multinationale, tant son comportement
serait plutôt celui d’une simple secrétaire. Ensuite, on se perd un peu sur les
rapports entre les deux femmes : sujétion ou fascination ? De même,
le basculement menant à la seconde partie est peut-être un poil rapide — mais
ouvre une partie purement policière ingénieuse, quoique très classique, juste
dans son retournement final. Reste une mise en scène parfois un peu trop lisse,
ponctuée d’une musique Nipponisante qui étonne, mais colle à cette atmosphère.
Un film intéressant donc qui ne trompe pas le spectateur et offre d’excellentes
prestations d’acteurs, mais reste relativement sage, évoquant le genre tel qu’il
existait dans les années 60/70 (ce qui n’est pas désagréable en soi d’ailleurs).
On eût aimé que l’auteur de « Série Noire » offre un chant du cygne
sous forme d’apothéose…




Dark Places



Etats-Unis d'Amérique   France   Royaume-Uni  
Note : 3/5


113mn TF1 2015 Gilles Paquet-Brenner, avec Charlize Théron, Christina Hendricks, Nicholas Hoult, Tye Sheridan, Chloë Grace Moritz…



Libby Day vit sa famille
assassinée lorsqu’elle avait huit ans, et le seul survivant, son frère Ben,
soupçonné de satanisme, fut inculpé et emprisonné. Depuis, elle survit de la
générosité d’inconnus, mais 28 ans plus tard, le puits se tarit… Elle accepte
l’invitation d’un groupe fasciné par les meurtres réels et les affaires non
élucidées — mais découvre que ses membres sont persuadés de l’innocence de Ben.
Elle découvrira que la réalité n’était peut-être pas ce qu’elle croyait…

Nouvelle adaptation de Gillian
Flynn après le surestimé « Gone Girl », celui-ci n’a pas eu le même
retentissement : peut-être faute d’un réalisateur illusioniste du calibre
d’un Fincher ? En bon exécutant, le Français Paquet-Brenner s’en tire
honorablement, mais c’est surtout l’interprétation — notamment de Charlize
Théron productrice et méconnaissable, décidément une des actrices les plus
versatiles en activité — et la construction qui tiennent en haleine à travers
une histoire passablement sombre qui n’élude pas les aspects les plus
dramatiques du roman. Cela dit, le tout est un peu longuet, élude des idées
intéressante (le club relève du McGuffin tant il est sous-utilisé) et au final,
les flashes-back ponctuant l’action finissent par devenir arbitraires (disons
sans déflorer que certains ne reflètent pas forcément la vérité) jusqu’à une
conclusion pas aussi forte qu’elle n’aurait dû l’être — mais contrairement à
bien des thrillers, on n’a jamais l’impression que le spectateur est pris pour
un imbécile. Si on accepte le rythme lent, le tout se regarde avec intérêt, ce
qui est déjà pas mal de nos jours…




Desierto



France   Mexique  
Note : 1/5


Condor 2015 Jonas Cuaron, avec Gael Garcia Berman, Jeffrey Dean Morgan, Alondra Hidalgo…



Un
groupe de clandestins mexicains est pris en chasse par un chasseur armé d’un
fusil de chasse et son chien bien dressé…



Un
survival de base qui n’a guère que la personnalité des victimes pour
différence. Car le tout sent tout de même le déjà-vu : le décor évoque
« La colline a des yeux » (les plans avec le chien semblent calqués
sur le film de Craven), voire « Wolf Creek ». La réalisation très
années 70 joue à fond du scope, et c’est bon de voir un film qui respire, mais
les plans finissent par se ressembler tous. Le pire est que ce massacre est
traité très froidement tant les victimes ne sont que des silhouettes, la grande
scène de bould’hum de Bernal (un des réguliers d’Almodovar, tout de
même !) étant risible : la mort du chien (ce n’est pas déflorer)
semble vouloir générer plus d’émotions que celle des humains massacrés dans la
scène d’ouverture ! Le suspense finit par jouer, mais on tombe vite dans
les travers du genre, notamment un héros passant à travers des balles qui
auraient dû l’abattre vingt fois. Le tueur est tout aussi stéréotypé redneck,
mais Morgan évite le surjeu et, grâce à quelques petites touches bien vues, lui
donne un poil d’épaisseur inattendue. Bref, du film de genre jouant de sa
différence, mais qui n’a pas grand-chose de nouveau à mettre sur la table.
Dommage…




Die, le châtiment



Canada   Italie  
Note : 1/5


Die Wild Side 2010 Dominic James, avec John Pyper-Ferguson, Emily Hampshire, Caterina Murino, Elias Koteas…



. Six inconnus se réveillent dans
des cages en verre. Ils sont prisonniers d’un nommé Jacob Odessa, et leur vie
entière se décidera sur un coup de dés…

. Drôle d’entreprise, qui se
présente comme un « torture porn »… sans torture, l’ensemble étant
étrangement soft. L’influence évidente reste « Saw », jusqu’à
certains emprunts directs (même le titre !), mais comme l’angle choisi
n’est pas la surenchère sadienne jusqu’à l’écœurement, on s’aperçoit vite
qu’aucun des personnages n’est assez fort pour qu’on s’y attache, et
l’exposition est particulièrement brouillonne. Le psychopathe au physique
anodin, qui apparaît à visage découvert, n’a rien d’effrayant, et ses victimes
semblent subir mollement ce qu’il leur inflige sans même se poser de
questions ! Et on passera sur sa façon de se dédouaner… L’intrigue
policière qui suit est particulièrement molle, et puisqu’il faut un
retournement final, il implique une dimension philosophique… elle-même pompée à
« Saw » jusqu’à une fin ouverte appelant une improbable suite. Comme
réalisateur, James s’en tire honorablement pour son premier film, mais le
scénario fait simple photocopie d’éléments déjà vus ailleurs — souvent en mieux
— avec de nombreux trous dans l’intrigue sans tomber dans le cinéma-bis,
puisque le tout se prend très au sérieux. Du coup, si on a vu bien pire, on se
demande quel public exactement est visé… Puisque c’est un DVD Wild Side, les
bnus sont inhabituels, ici l’interview d’un spécialiste des causalités.




Eden



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Clear Vision 2012 Megan Griffith, avec Jamie Chung, Beau Bridges, Matt O’Leary…



L’histoire d’une jeune
coréenne-américaine enlevée par un réseau criminel de prostitution la surnommant
« Eden »…

« Inspiré d’une histoire
vraie », proclame une affiche racoleuse annonçant un
« torture-porn » de plus… L’ennui, c’est que si on fouille un peu, ce
label censé faire passer les nombreuses invraisemblances du récit, tant dans
l’existence même d’une telle organisation que le comportement de l’héroïne, est
discutable : il n’existe pas la moindre preuve du témoignage de Kim Chong,
la véritable Eden, sinon ses dires (souvent contradictoires ou peu crédibles),
ce qui amène à se poser les questions qui fâchent : pourquoi ne pas
poursuivre ses tourmenteurs et épargner le même sort à d’autres filles ?
Comment une organisation si importante peut-elle opérer alors que tout n’est
manifestement pas si sécurisé que ça (si Eden manque de s’échapper — devant
témoins qui pis est — d’autres peuvent l’avoir fait) ? Et une organisation
tuant à tort et à travers laisserait-elle vivre un témon gênant ? Etc… Du
coup, si on n’est pas dans une arnaque flagrante comme « Phénomènes
paranormaux », sans le chantage à « l’histoire vraie », reste
une histoire de femme en péril très conventionnelle qui aurait plus sa place en
téléfilm du samedi soir prélude à un débat sur un problème malheureusement bien
réel. Seule l’interprétation de qualité sauve l’ensemble dont on se demande ce
qui a justifié une sortie en salles alors que bien des films de genre plus
intéressants sont sacrifiés en DVD. D’où l’impression gênante et tenace de
s’être fait arnaquer…




Elle



France   Allemagne  
Note : 3/5


130mn TF1 2016 Paul Verhoeven, avec Isabelle Huppert, Laurent Laffitte, Anne Consigny, Charles Berling, Judith Magre…



Directrice d’une boîte de jeux vidéo, Michèle Leblanc est une femme d’affaires
implacable marquée par un drame : durant son enfance, son père commit un
massacre et croupit toujours en prison. Aussi, lorsqu’un agresseur masqué la
viole, elle ne prévient pas la police, mais entame un jeu de chat et souris
pervers…



Verhoeven en France ! (Il apprit le Français pour l’occasion, ce qui donne
une idée de son implication, et semble satisfait de l’expérience.) Il faut dire
que cette adaptation de Djian devait se tourner aux USA, mais les actrices pressenties
refusèrent toutes le rôle ! On voit mal qui d’autre que Huppert pourrait
jouer cette femme de pierre avec une telle retenue qui évoque « La
pianiste », portée par une réalisation quasiment chabrolienne. On nage
entre suspense et drame, tant on explore également son entourage et les
relations ambigues qu’elle entretient avec eux — autant dire que si on
retranche quelques scènes pas forcément utile ou quelques résolutions faciles,
chaque mot, chaque regard compte dans ce jeu de massacre. C’est là que le
scénario devient peut-être un peu trop mécanique, chaque personnage ayant un
trait particulier qui le distingue (Sa mère s’offrant un gigolo, son fils
coincé dans une liaison abusive, etc). N’empêche, pour peu qu’on attende pas un
film d’action, ces 130mn ne paraissent jamais longues pour peu qu’on accepte un
rythme lent, et au final, le personnage de Michèle Leblanc garde tout son
mystère, notamment sur son rôle dans la folie meurtrière de son père.
Mystère : voilà bien le mot-clé du film. En tout cas, Verhoeven montre là
une nouvelle facette de son art. Dommage que « Steekspel », son film
précédent tourné dans sa Hollande natale, reste inédit chez nous.




Final girl, la dernière proie



Etats-Unis d'Amérique   Canada  
Note : 2/5


Final Girl Marco Polo Productions 2015 Tyler Shields, avec Abigail Breslin, Wes Bentley, Alexander Ludwig, Cameron Bright…



Suite au meurtre de ses deux
parents, la jeune Veronica est recueillie par un mystérieux homme d’une agence
qui la soumet à un entraînement rigoureux. A dix-huit ans, elle est envoyée en
mission aurprès de quatre jeunes gens de bonne famille amateurs de chasse — à
l’homme, ou plutôt aux jeunes filles…



Ce premier film du réalisateur ne brille pas
par son point de départ original — on pense à l’héroïne de
« Kick-Ass » pour les détails de l’entraînement ou à
« Nikita », mais le décor, situé en un point indéterminé de
l’histoire (les années 60 ?) permet un poil de dépaysement. De là, c’est
tout le métrage qui prend une forme onirique très Lynchienne de par le choix
des couleurs et des effets pas forcément heureux (ces projecteurs en pleine
forêt…) L’ennui, c’est que l’histoire est d’une simplicité biblique, et sans
cette recherche stylistique et une interprétation solide (avec le peu qu’offre
le matériau de base), certaines scènes seraient simplement du remplissage… de
même, la traque reste assez sage, sans excès visuels ou sanglants, jusqu’à une
conclusion sans l’obligatoire twist réchauffé, mais qui laisse un peu sur sa
faim Et au final, on n’en saura pas plus sur cette mystériuse organisation, ni
comment le maître anonyme sait tout sur ces cibles. Mais peut-être est-ce prévu
pour une éventuelle suite ? En tout cas, pour un direct-DVD, c’est plutôt pas mal.




Gone Girl



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


149mn Fox 2014 David Fincher, avec Ben Affleck, Rosamund Pike, Tyler Perry, Carrie Coon, Neil Patrick Harris…



Le jour de leur anniversaire
de mariage Nick Dunne constate que son épouse Amy a disparu, laissant derrière
elle des traces de lutte. Or les enquêteurs découvrent que leur couple
connaissait une crise profonde et qu’Amy cachait bien des choses. Nick se
retrouve soupçonné de l’avoir tuée, mais sans cadavre, pas d’inculpation. A
moins que…

Un point de départ bien
classique pour ce suspense résolument adulte, pour une fois, tiré d’un
best-seller (« Les apparences » chez nous), jouant à fond des…
apparences et d’un récit vu par deux voix discordantes (deux premières personne
dans le roman, ce qui n’est pas facile à rendre en scénario) et la réalisation
de Fincher semble vouloir en faire un « Zodiac » bis… Ceci jusqu’à un
retournement inattendu à mi-chemin ! A partir de là, le récit ne cesse de
surprendre jusqu’à une conclusion qui ne l’est pas moins. La réalisation du manipulateur
en maître qu’est Fincher et l’interprétation de première bourre (jusqu’au léger
cabotinage de Pike, justifié par le fait qu’elle jour le rôle de quelqu’un
jouant un rôle ! Et un Tyler Perry meilleur qu’il ne l’a jamais été) fait
passer la pilule… avec une bonne dose de suspension de crédibilité tout de
même : au final, tout de même beaucoup d’éléments sont bien
capillotractés, à commencer par le rôle de Neil Patrick Harris et d’autres
réactions des personnages qui, sommes toutes, semblent surtout justifiées par
les nécessités de la mécanique scénaristique. De même, la critique du rôle des
média, quoique pertinente, n’est pas forcément très subtile. Ce qui donne un
film qui se laisse voir et pose même quelques questions qui fâchent sur la
mécanique d’un couple, mais plus difficilement revoir une fois que la surprise
est éventée. C’est toujours cent coudées au-dessus de la drouille de studio
actuelle…




Insoupçonnable



France   Suisse  
Note : 3/5


StudioCanal 2010 Gabriel Le Bomin, avec Marc-André Grondin, Laura Smet, Charles Berling, Grégori Dérangère, Dominique Reymond, Francis Perrin…



. A Genêve, Sam et Lise sont
amants, mais fauchés… Un jour, dans le bar où elle sert d’escorte, Lise
rencontre le riche Henri Schaeffer et fait passer Sam pour son frère. Lorsque
Henri demande Lise en mariage, Sam et elle échafaude un plan pour se sortir de
la mouise. Mais il y a Clément, le frère 
« bâtard » et associé d’Henri… Et que veut vraiment
Lise ?

. Variation sur le triangle
amoureux, cette Série Noire ne brille pas par son originalité et aurait pu être
tourné à d’autres époques… Et pourtant, l’intérêt reste éveillé grâce à ce qui
manque à tant de films : un vrai travail sur les personnages, aidé par une
interprétation solide, d’un Grondin donnant un corps suprenant à son Roméo
Genêvois jusqu’aux seconds rôles (Dominique Reymond est particulièrement excellente
dans l’ambiguité). Résultat, on finit par s’attacher à ce qui devient vite une
classique intrigue familiale, avec ses rancœurs, ses secrets et ses non-dits,
ou tout est feutré et de bon ton, jusqu’aux trahisons. Au passage, on notera de
très belles valeurs de production avec une photographie somptueuse. Dommage
qu’une fois de plus, le final donne dans une cascade de révélations un rien
capillotractées et que la musique Hermannienne soit parfois un rien mélodramatique.
Passé inaperçu à sa sortie, ce film promis à être rattrapé par le DVD mérite largement
une vision, à défaut d’un achat !




Knock Knock



Etats-Unis d'Amérique   Chili  
Note : 0/5


TFI 2015 Eli Roth, avec Keanu Reeves, Lorenza Izzo, Ana de Armas, Aaron Burns…



Architecte, seul pour la fête
des pères, Evan Reaves n’aurait jamais dû laisser entrer chez lui deux jeunes
femmes perdues sous la pluie…

Remake d’un médiocre film
d’exploitation des années 70, ce film aurait pu être meilleur… mais finit comme
un plat mélange entre « Hard candy » et « Funny games ». Le
début est particulièrement ennuyeux, et par la suite, selon la tendance d’Eli
Roth, le récit ne cesse de changer de braquet sans rime ni raison, sans
véritable point de vue, jusqu’à une conclusion particulièrement frustrante. La
« culpabilité » du personnage de Reaves (qui semble vouloir émuler
Nicolas Cage) est plus que douteuse — légalement parlant, il fut victime d’un
viol, si on part du principe que « non c’est non » — et si ce film
avait quelque chose à dire, il aurait pu traiter de la façon dont la fiction
moderne nous a habitué à considérer que toute transgression et particulièrement
l’adultère est censée justifier tous les sévices possibles et imaginables (il
faut attendre la fin alternative pour avoir un début de point de vue). Les
valeurs de production, dignes d’un téléfilm, enlèvent tout potentiel trash à
l’histoire qui s’avère excessivement sage. Et bien sûr, ce machin est sorti en
salles alors que plus intéressant est balancé directement en DVD…




La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (2015)



France   Belgique  
Note : 1/5


WildSide 2015 Joann Sfarr, avec Freya Mavor, Benjamin Biolay, Stacy Martin, Elio Germano…



Simple secrétaire, Dany
Dorémus voulait voir la mère… Aussi , devant accompagner sion patron à l’aéroport,
sur un coup de tête, elle garde la voiture qu’il lui a confiée et part vers le
Sud. Mais pourquoi tous ceux qu’elle croisent disent l’avoir déjà vu le soir
d’avant ?

On attendait beaucoup du
réalisateur du magnifique « Gainsbourg (Vie héroïque) », ici pour son
premier polar tiré d’un classique maintes fois adapté de Sébastien Japrisot. Et
au départ, la reconstitution des années 70, tant dans l’esthétique que la
réalisation avec ses maniérismes (on a parfois l’impression d’être tombé sur
une œuvre d’Hélène Cattet et Bruno Forzani !) force l’attention. Puis le
film se perd petit à petit : le personnage n’a aucune consistance, sa
métamorphose de secrétaire effacée en bombe est subite et la narration
disjointe tente de cacher des choix aberrants (pourquoi cède-t-elle à un
dragueur de bas étage ?) ou stupides. Quant au finale, certes hérité du
roman, il rajoute une couche d’invraisemblances au tout. Du coup, ce bel écrin reste
au niveau de l’ambition, sans trouver l’équilibre entre fantaisie et réalisme
qui faisait la force de « Gainsbourg ». Peut-être le sujet (le roman
date tout de même de 1965 et sa première adaptation d’Anatole Litvak, avec
Samantha Eggar, de 1970 !) était-il un brin éventé ? Dommage…




La prochaine fois je viserai le cœur



France  
Note : 3/5


111mn TF1 2014 Cédric Anger, avec Guillaume Canet, Ana Girardot Jean-Yves Berteloot, Patrick Azam…



L’histoire du tueur en série
Alain Lamare, qui terrorisa l’Oise à la fin des années 70…

Pour mémoire puisqu’il s’agit
de l’adaptation d’un livre-document à succès relatant un fait divers. En
choisissant d’illustrer l’univers mental d’un tueur avec ses zones d’ombre —
qui, selon l’histoire, ignorait lui-même ses vraies motivations — pouvait
tomber dans le sensationnalisme, mais Auger choisit plutôt la forme d’un
réalisme exacerbé, avec des décors de grisaille évoquant plutôt Sautet ou le
Corneau de « Série Noire », mêlé d’un ton parfois surréaliste, voire
onirique (la scène de traque au petit matin, sublime, ou celle du vieil homme,
assez marquante) Canet prouve qu’il convainc qui sait l’utiliser (et peut-être
le diriger), son économie de moyens servant parfaitement le personnage,
trahissant son tourment par de subtiles inflexions, même si au final, il garde
son mystère… comme dans la réalité ! Certes, tout ceci implique une
certaine austérité, même si on ne tombe jamais dans le misérabilisme : un
pari gagnant, puisque malgré des critiques très partagées, le film a plutôt
bien marché pour une œuvre aussi dépourvue de concessions, ce qui est
rassurant. L’entretien, pour une fois captivant, montre un réalisateur sachant
parfaitement ce qu’il fait et donne des éclaircissements sur le film. Pas du goût
de tout le monde, comme tous les films offrant une vraie vision de cinéma
intransigeante, loin des sirènes commerciales, mais à découvrir.




L’autre monde



France   Belgique  
Note : 1/5


France Télévisions 2010 Gilles Marchand, avec Grégoire Leprince-Ringuer, Louise Bourgoin, Melvil Poupaud, Pauline Etienne…



. Au long d’un été du Sud, un
téléphone portable trouvé par hasard met Gaspard et Audrey sur une piste… qui
se termine lorsqu’ils sauvent une jeune femme suicidaire. Gaspard va alors
s’intéresser à la personnalité de 
cette Marion et à ce qui se trame sur un jeu virtuel. Mais derrière la
jeune suicidaire, il y a l’ombre de son frère, l’inquiétant Vincent…

. On peut difficilement
reprocher à Marchand de s’être fait rattraper par la réalité, puisque le
soufflé Second Life et autres univers virtuel est retombé comme un soufflé en
un rien de temps… Peut-être est-ce là l’explication d’un scénario qui, après un
départ laborieux, semble fait de bric et de broc avec des éléments épars qui ne
s’assemblent jamais ? Les nombreux emprunts limites du plagiat à David
Lynch, inspiration avouée du réalisateur, relèvent parfois du copier-coller (au
point de donner l’impression d’un premier film où on apas encore commis le
meurtre du père !). Si l’ambiance de déliquescence estivale est bien
rendue, ce n’est pas non plus un film sur les troubles adolescents, ni
d’ailleurs sur le thème du suicide collectif. L’élément suspense intervient
bien trop tard et instaure une certain côté clichéeux. Des pistes, comme la
déliquescence d’une bande d’amis à l’orée de l’âge adulte, ne sont pas
explorées (du coup, toute la séquence-cliché des jeux dangereux auxquels ils
s’adonnent tombe à plat.) Quant au th ème du virtuel, pas de condamnation
façon « Chat Room » sur le thème « Internet, c’est mal »,
il n’est montré que comme un reflet de la vraie vie et des faux-semblants (une
scène que je ne gâcherai pas est éloquente), mais cela le rélègue au rang de
gadget. Et au final, on reste avec plus d’interrogation que de réponses,
notamment sur les véritables rapports entre ce frère et cette sœur. Il est bien
de ne pas forcément tout mettre à plat en répétant tout cinq fois pour être sûr
que le spectateur a tout compris, mais là, les zones d’ombre relèvent ici plus
de la paresse scénaristique. Un écueil que Marchand avait justement évité dans
le lent et envoûtant « Qui a tué Bambi ? » Là, même si ni
Marchand réalisateur, ni les acteurs n’ont démérité, l’écrin n’est pas à la
hauteur… Résultat, une diffusion confidentielle malgré l’aura de Cannes et un
bide annoncé…




L’emprise du mal



Espagne  
Note : 0/5


La Senda Wild side 2012 Miguel Angel Toledo, avec Gustavo Salmeron, Ricardo Trenor, Irene Visedo, Ariel Castro…



Le joueur d’échec Raul invite
sa femme et son fils à passer Noël dans un chalet isolé. Mais l’apparition d’un
étrange menuisier va faire ressortir ses pires démons…

On se demande ce que venait
faire ce film qui se voudrait un « Shining » espagnol à Gérardmer,
puisqu’il n’a pas grand-chose de fantastique, si ce n’est une image finale
tentant de conclure tant bien que mal le tout. Les qualités techniques et
l’interprétation ne sont pas en jeu, plutôt un scénario qui semble n’aller
nulle part en multipliant les visions, la parano, les scènes de rêve et
d’autres plus intimistes sans jamais parvenir à un tout cohérent. Résultat, à
force de sous-entendre bien des choses sans jamais rien expliciter, le film
tourne, tourne en rond et l’ennui s’instaure… Le  pire est encore une fin à la fois affreusement convenue,
mais qui mêle les effets à deux balles pour noyer le poisson.




L’énigme



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Riddle M6 2013 John O. Hartmann & Nicholas Mross, avec Elisabeth Harnois, Val Kilmer, Diora Baird, Ryan Malgarini, William Sadler…



Nathan, le frère de Holly
Teller, a disparu depuis plusieurs mois lorsqu’elle croit le voir à l’arrière
d’une camionnette… Ses recherches la mènent à la petite ville de Riddle, ou
elle doit affronter le peu de coopération des autorités…

Un film qui dès le départ,
commence assez mal, en présentant deux brutes de lycée qui, soudain, deviennent
les meilleurs amis de celui qu’ils tracassaient… L’arrivée à Riddle avec ses
personnages étranges évoquerait une plongée à Silent Hill, mais l’action
s’arrête aussitôt avec un second tiers où il ne se passe rien pour prendre un
virage vers le slasher lors du troisième tiers. Le pire est encore que tout ce
qui entretenait le suspense (le shérif peu communicatif, l’hostilité d’un autre
personnage et de la ville entière) n’est pas expliqué de façon convaincante —
pas même le kidnapping ! Ce qui fait ressortir une mise en scène
lymphatique et une interprtétation pour téléfilm de seconde zone. Résultat, on
en ressort avec l’impression énervante de s’être fait arnaquer…




Nine Dead



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 3/5


BAC 2010 Chris Shadley, avec Melissa Joan Hart, William Lee Scott, John Terry…



. Neuf personnes enlevées par un
inconnu masqué se retrouvent menottées dans une salle. Elles doivent deviner
pourquoi elles se retrouvent là, après quoi le tueur les libérera. Mais toute
les dix minutes, l’un d’entre eux mourra…

. Difficile de ne pas voir dans
ce film un sous-« Saw » à la « House of Nine », mais là, la
jaquette pousse le mimétisme très loin… quitte à n’avoir qu’un rapport lointain
avec le film lui-même ! Heureusement, ce suspense nous épargne les scènes
de torture à deux balles… Si les personnages ne sont guère plaisants, on finit
par se prendre au jeu du mystère qu’ils doivent percer grâce à une
interprétation plus que correcte pour un petit budget. Comme toujours, la
conclusion implique quelques suspensions d’incrédulité, mais propose au moins
une explication qui se tient jusqu’à un twist ironique. Dommage que la dernière
image soit frustrante, le film donnant l’impression de s’arrêter de façon
arbitraire. Presque une bonne surprise donc dans le monde du direct-vidéo, pour
peu qu’on oublie une finiation encombrante…




Non-stop



Royaume-Uni   France   Etats-Unis d'Amérique   Canada  
Note : 2/5


StudioCanal 2014 Jaume Collet-Serra, avec Liam Neeson, Julianne Moore, Scoot McNairy, Michelle Dockery…



Le policier Bill Marks est sur
un vol transatlantique lorsqu’il reçoit un appel crypté : toutes les 20
minutes, un passager mourra à moins que la compagnie aérienne ne verse une
rançon sur un compte… qui s’avère être le sien ! Face à la suspicion de
ses supérieurs, Marks doit découvrir le coupable. Une seule certitude :
celui-ci est dans l’avion…

Curieux revers de carrière
pour Liam Neeson, devenu héros de polars d’action la cinquantaine passée… Pas
de doute, cet énième suspense aéronautique (après « Flight Plan » et
autres « Red Eye ») ne cherche pas l’originalité ni la
vraisemblance : le « plan » du méchant fonctionne sur tant d’impondérables
qu’il est quasiment impossible à mettre en action et les rebondissements
arrivent de façon purement mécaniques. Certes, mais jamais l’ensemble ne commet
le péché capital d’un film populaire : ennuyer. L’ensemble, aidé par un
bon rythme, serait même assez prenant si on passe son côté mécanique et une
révélation finale assez décevante. Ça peut se voir… Et s’oublier juste après le
générique !




Nuits noires



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Beneath the Darkness Seven7 2011 Martin Guigui, avec Dennis Quaid, Aimee Teegarden, Tony Oller, Stephen Lunsford…



Trois ados décident d’aller
surveiller la maison d’Ely, le croque-mort local, réputée être hantée. Mais Ely
est un tueur sans scrupules qui assassine l’un d’entre eux et déguise le
meurtre en accident. Or personne ne veut les croire…

Un hou-fait-moi-peur qui n’a
quasiment pas été distribué en salles, sinon à la sauvette… Ce qui se
comprend : malgré les efforts du réalisateur pour maintenir un bon rythme,
l’ensemble s’enlise avec un scénario prévisible et de moins en moins crédible,
véritable monstre de Frankenstein usiné de morceaux d’autres films
(« Psychose », « Souviens-toi l’été dernier » et même
« Le tueur diu vendredi » pour un finale grotesque qui enfonce le
dernier clou de cercueil). Quaid n’arrive pas vraiment à rendre son personnage
menaçant et il n’y a pas de véritable explication à son comportement, sinon la
folie — quant à l’aveuglement de la police, il relève plutôt de la facilité de
scénario. Reste un machin qui, de par son dynamisme, n’arrive pas être
ennuyeux, mais qu’on peut difficilement recommander…




Pathology



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 0/5


Seven7 2008 Marc Schölermann, avec Milo Ventimiglia, Alyssa Milano, Michael Weston, Lauren Lee Smith…



. Le docteur Ted Grey rejoint
une équipe de jeunes médecins légistes tous plus arrogants les uns que les
autres… Mais lorsqu’il réussit à se faire accepter, il découvre que ceux-ci
s’adonnent au meurtre de personnes jugées « indignes ». Il va plonger dans
leur univers macabre…

. A priori, une idée séduisante,
mais qui tourne vite au mélange entre « Anatomie » et
« L’expérience interdite ». Ce qui pourrait donner un résultat
regardable si l’intrigue n’était pas si bateau : on peut passer sur le
fait que pas un seul des personnages n’est sympathique, mais personne n’a pensé
à les fouiller un peu, si bien que Ted joint leur petit club de psychopathes un
peu trop facilement (sans que rien dans le peu d’historique qu’on nous donne ne
le justifie) et semble bien prompt à plonger dans le vice. A partir de là,
l’intrigue patine et semble aller d’un meurtre à l’autre, oubliant ses
personnages secondaires réduits à leur présence, avec une complaisance dans la
déchéance à base de drogue, d’alcool et de quasi-nécrophilie (on peut
s’interroger sur le but des nombreuses scènes ou un couple s’envoie joyeusement
en l’air à côté de cadavres découpés…) confinant au moralisme de bas étage,
sans progression des personnages ni réflexion sur leurs actes, sans la moindre
tension dramatique, à travers un montage à la truelle qui se contente d’accumuler
les scènes sans rime ni raison avec des ellipses surprenantes. Le retournement
final, aussi peu crédible que le reste, enfonce définitivement le tout dans un
cynisme déplaisant. On en viendrait à s’interroger sur la finalité de
« Haute Tension », des mêmes scénaristes, qui faisait suivre les
exactions d’un personnage également peu recommandable, mais censé être « cool »…
Drôle d’époque.




Shutter Island



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 4/5


132mn Paramount 2010 Martin Scorcese, avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Max Von Sydow, Ted Levine, Elias Koteas…



. 1954. L’agent du FBI Teddy
Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés dans la prison/asile de
Shutter Island pour enquêter sur la disparition d’une prisonnière — sortie
d’une cellule bouclée./ Mais l’île cache plus d’un secret, reflet du passé de
Teddy lui-même…

. Un film qui a fait couler pas
mal d’encre, certains reprochant même à Scorcese de se prendre pour Wes
Craven ! Pourtant, s’il s’agit de toute évidence d’un film
« commercial » , il réussit à passionner même ceux qui, comme
votre serviteur, avaient déjà lu le roman un brin surestimé de Dennis Lehane
dont il est adapté. Et, oserais-je, le twist final est mieux amené jusqu’à un
coda doux-amer qui laisse planer une ambiguité absente du roman. Scorcese tisse
là une véritable tapisserie visuelle à partir d’une accumulation de détails qui
justifieront plusieurs visions (même ce qui peut passer pour des erreurs de
continuité ont leur importance !), rendues fort agréables par des qualités
de production éblouissantes et une interprétation aux standards. Il ne faut pas
attendre une œuvre personnelle, mais pour peu qu’on accepte de jouer le jeu (l’ensemble
frôlant parfois le, hem, « trop » sans jamais y tomber) cette
Hollywooderie à l’ancienne faite avec un soin rare mérite une ou plusieurs
visions…




Slice



Thaïlande  
Note : 3/5


Cheun Wild Side 2010 Kongkiat Khomsiri, avec Arak Amornsupasiri, Sonthaya Chitmanee, Silkarin Poyong, Artthapan Poolsawad…



. Un tueur revêtu d’un ciré
rouge massacre des gens de la bonne société de Bangkok, laissant leurs corps
démembrés et émasculés dans des valises rouges… Le policier Papa Chin est sous
pression, mais piétine… Lorsqu’une psychologue lui révèle qu’un ex-flic
incarcéré, Tai, souffre de rêves récurrents évoquant la façon d’opérer du
tueur. Libéré, Tai a quinze jours pour le retrouver, Chin détenant son amie
comme monnaie d’échange. Tai est peu à peu persuadé qu’il s’agit de la
vengeance d’un ami d’enfance, Nut, victime idéale devenue bourreau…

. A priori, il serait facile de
voir en ce film un énième avatar de « Seven » mâtiné de giallo (Le
tueur faisant très Argento), évoquant au passage le Coréen « La 6e
Victime »… Avec une complaisance un rien désagréable qui ne nous épargne
ni les jets de sang, ni les chairs putréfiées. Mais il y a en fait deux films
en un : cette histoire de tueur en série dérivative puis, lorsque Tai
retourne sur les lieux de son enfance, un récit parallèle digne d’Almodovar sur
l’enfance et ses cruautés à travers un gamin dit homosexuel, rudoyé par tous y
compris son père, dont l’histoire livrera la clé du mystère — et permet au
réalisateur de dénoncer les pratiques pédophiles empoisonnant la société
Thaïlandaise. C’est alors là que le film se justifie par un retournement
choquant qui serait capillotracté… Si tout ce qui l’avait précédé n’en trouvait
pas une nouvelle justification ! Le tout jusqu’à une ultime scène
démentielle et une conclusion douce-amère. Résultat, une seconde vision est
pleinement justifiée, ne serait-ce que pour étudier le comportement et les
vraies motivations de chaque personnage à l’aune de cette révélation. Du coup,
le film fait l’inverse de la majorité des thrillers actuels, partant d’une
proposition dérivative peu engageante pour décoller peu à peu jusqu’à une
conclusion bouleversante. Il est dommage que les quelques excellentes idées de
mise en scène soient gâchées par de trop nombreux effets de montage
« flash » de série TV déjà démodés qui gâchent parfois la lisibilité.
Et aussi qu’on n’ait pas jugé bon de présenter le film en salles alors que bien
des navetons ont l’honneur du grand écran… Ce sera sans doute pour l’inévitable
remake US !




T.V. Show



Japon  
Note : 0/5


Inshite Miru : 7-kakan no desu gemu Wild Side 2010 Hideo Nakata, avec Kinya Kitaoji, Tatsuya Fujiwira, Nagisa Katahira…



Dix personnes sont embauchées
par une mystérieuse compagnie pour une expérience : ils doivent rester
enfermés une semaine dans un bunker en échange d’une forte somme. Ils
découvrent trop tard qu’ils sont censés s’entretuer…

Un titre français mensonger
pour le nouveau film de Nakata après l’assez pitoyable
« Chatroom » : le fait que l’action soit filmée et diffusée (via
internet, source de tous les maux) est totalement périphérique et il s’agit
plus d’un suspense que le film d’horreur promis. Lorsqu’un de vos protagonistes
s’exclame « C’est comme dans « Les dix petit nègres » ! »
pour être sûr qu’on ait compris, c’est dire le peu d’estime qu’on porte au
spectateur… Et comme les péripéties sont rares, le rythme d’une lenteur extrême
(la majorité des scènes semblent étirées au possible) et les personnages peu
attachants, ce qui est rhédibitoire pour un huis-clos, même le jeu du
« qui va mourir » finit par ennuyer jusqu’à une fin à la fois
moralisatrice (l’individualisme, c’est MAL) et consensuelle en diable. L’idée
d’ajouter un robot surveillant pimentait un brin le tout, mais il n’est qu’un
énième CGI… Ce n’est pas une catastrophe genre « Breathing Room »,
mais on s’ennuie ferme tout de même




The Experiment



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Seven7 2010 Paul Scheuring, avec Adrien Brody, Forest Whitaker, Cam Gigandet, Ethan Cohn…



. Pour une expérience, des
hommes venant de divers horizons doivent simuler un environnement
carcéral : certains deviennent gardiens, d’autres prisonniers… Entre
Travis, qui se pose en leader des « prisonniers », et Barrie, chef
des « gardiens », l’affrontement devient vite personnel

. On est souvent mal barré
lorsqu’un film conçu pour les salles finit directement en DVD… ce remake du
fameux « Das Experiment », basé sur l’expérience réelle de Stanfort,
commence correctement en donnant un background a son personnage et un certain
corps aux cobayes… et c’est là que tout bascule : dès le départ, les
positions sont campées quitte à sacrifier l’élément psychologique et la
crédibilité (les sujets semblent oublier en un tournemain la raison de leur
présence, à savoir les 14000 dollars promis, pour saboter l’expérience, et les
observateurs invisibles ne sont guère actifs), l’ensemble vire au duel entre deux
hommes (alors que l’ensemble était censé être une expérience de groupe…),
l’accent est mis sur l’action et les humiliations diverses, et le tout se perd
dans des effets lourdingues pour hou-fais-moi-peur à deux balles. La fin
précipitée tente d’instaurer une vague morale consensuelle histoire de ne pas
trop bousculer le spectateur dans son petit confort intellectuel. Ce qui prouve
que, faute d’assumer ce qui justifie son existence, le film est de plus
malhonnête. Reste un huis-clos extrêmement prévisible ou seuls quelques acteurs
à « gueule » tirent leur épingle du jeu, par un réal qui ne semble
être là que pour profiter du nom de « Prison Break ». C’est léger…




The Ghost Writer



Allemagne   Royaume-Uni   France  
Note : 3/5


125mn 2010 Roman Polanski, avec Ewan McGregor, Kim Cattrall, Pierce Brosnan, Olivia Williams, James Belushi, Timothy Hutton…



. Un « nègre »
littéraire anonyme est embauché par un éditeur pour réviser la biographie d’un
ex-premier ministre Britannique Adam Lang. Au même moment, Lang est mis sur la
sellette pour son rôle dans la déportation de terroristes soupçonnés. Et son
précédent nègre est mort de façon suspecte…

. On comprend mal le délire
critique qui a accueilli ce nouveau Polanski alors qu’il s’agit juste d’un
thriller politique comme on en faisait dans les années 70… Techniquement
parlant, le film est magnifique, avec une photographie somptueuse et des
cadrages magnifiquement atmosphériques, et l’interprétation reste de premier
ordre. On ne sait ce qui reste du livre de Robert Harris
(« Fatherland »), mais le scénario apparaît un brin roublard, tant il
est évident que Lang est modelé sur Tony Blair, et le tout directement inspiré
des unes des journaux ; quant à la « révélation » finale, elle
semble bien peu fracassante pour justifier tant de secrets. Un thriller
classique donc avec les facilités du genre (le personnage anonyme de McGregor tombe
toujours sur les bonnes personnes, et quand tout échoue, Google est votre ami…),
mais qui intéresse pliutôt par le travail sur les personnages et leurs rapports
ambigus. Un bon film psychologique donc, d’une grande beauté formelle, mais
rien d’extrordinaire non plus…




The Holding



Royaume-Uni  
Note : 2/5


Seven7 2011 Susan Jacobson, avec Kierston Wareing, Vincent Regan, Skye Lourie, David Bradley…



Cassie Naylor tente de garder
sa ferme en l’absence de son mari… qu’elle a tué avec l’aide de son homme de
main Cooper, cachant la vérité à ses deux filles ! Puis un jour arrive
l’étrange Aden, soi-disant ancien ami de Dean, qu’elle prend à son service a
contrecœur…

Curieux film, qui commence
comme un mélodrame criminel rural, avec des paysans désireux de s’emparer de la
ferme, une mère courage, etc, etc… Mais qui s’enlise peu à peu dans les
invraisemblances. Il est dommage que l’élément surnaturel ait été zappé sans
réviser le script, car pour peu qu’on réfléchisse un peu, les motivations
d’Aden (oui, un anagramme, ce qui ne sert à rien) sont bien vagues, personne ne
semble voir ses victimes et on ne sait même pas le pourquoi du meurtre
originel ! (Enfin, dans un film qui semble postuler que tout serait
parfait si les hommes — forcément brutaux, sadiques, etc — crevaient tous, ce
n’est guère étonnant) Et le tout vire peu à peu slasher de base inspiré de « Beau-père ».
Preuve supplémentaire qu’un bon réalisateur peut sauver un film : pour son
premier long métrage, Susan Jacobson réussit à maintenir la tension en
profitant de décors superbes magnifiés par une photographie acérée, évoquant le
« Les chiens de paille » originel, et l’interprétation est de premier
ordre. Dommage que le scénario ait été revu à la machette… Mérite néanmoins un
coup d’œil. Et sans oublier le court métrage en bonus !




The visit



Etats-Unis d'Amérique  
Note : 1/5


Universal 2015 M. Night Shyamalan, avec Olivia DeJonge, Ed Oxenbould, Deanna Dunagan, Peter McRobbie, Kathryn Hahn…



Pendant que leur mère part en
croisière, Becca — cinéaste en herbe — et son frère Tyler sont envoyés rendre
visite à leurs grands parents éloignés. Mais la conduite des parents devient de
plus en plus erratique, au point qu’on leur interdit de sortir la nuit, lorsque
leur grand-mère est atteinte d’une forme particulière de démence. Est-ce les
vissicitudes de l’âge ou quelque chose de plus grave ?

Pour son plus petit budget
dont Shyamalan ait jamais bénéficié, celui-ci a opté pour la voie guère
roborative du documenteur, cette excroissance parasitaire donnant rarement lieu
à des réussites, mais promettant de ramasser un bon retour sur un investissement
minimal. Le réal voulait-il se refaire une virginité après des échecs
commerciaux et artistique (« Le dernier maître de l’air ») ou
des œuvres de commande qui lui ont échappé (« After earth ») ?
Or pour une visite devant durer une semaine, il est évident dès le départ que
les « grands-parents » ont une case en moins, et bien des indices
surnaturels — aidés par une interprétation solide — parlant tant
d’extraterrestres que de loup-garous laissent à prévoir un des habituels retournements
chers à l’auteur… qui arrive bien, même s’il ne se situe pas forcément là où on
l’attend (à moins d’avoir été attentif…) — et dire de quel genre il relève
serait déflorer.  Mais il ouvre un
troisième acte décevant loin de tenir les promesses du début. Du coup, rançon
du documenteur, certaines scènes font bien arbitraires et d’autres réhaussant
articiellement le suspense tout en contenant bon nombre d’invraisemblances
(Becca ne regarde donc jamais ce qu’elle filme et, donc, ne voit pas les scènes
inquiétantes tournées à son insu ?). Bof donc, mais au moins, le film a
cartonné malgré les attaques habituelles contre le réalisateur outre-atlantique
(où on ne lui pardonne toujours pas d’être né en Inde…) Les deux autres
montages effectués par Shyamalan, l’un tirant vers la comédie, seront-ils visibles
un jour ?




Trauma (2013)



Royaume-Uni   Etats-Unis d'Amérique  
Note : 2/5


Event 15/Trauma Pathé 2013 Matthew Thompson, avec Jennifer Morrison, James Frain, Josh Stewart, Stephen Rider…



Trois soldats soignés pour
stress post-traumatique se retrouvent coincés dans un ascenseur suite à un
attentat terroriste…

Un film en huis-clos de
plus ? L’ascenseur comme décor a été beaucoup usité ces derniers temps.
Bien sûr, c’est le genre de film dont il vaut mieux ne pas dévoiler les
détours, notamment le retournement à mi-chemin, d’autant que c’est la dernière
minute qui révèle qu’il s’agit d’un film à message basé sur une réalité (le
mauvais traitement des vétérans des guerres de l’Oncle Sam à leur retour). Si
le film n’insiste pas lourdement, il faut tout de même composer avec des
personnages sans grande personnalité, certains dialogues lourdingues ou
maladroits (le lien arbitraire entre l’un des soldats et la militaire,
parfaitment inutile), plus un (relatif) happy-end un peu facile qui semble
détoner avec ce que veux dire le film. A moitié réussi ou à moitié raté donc,
selon l’humeur…